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Courrier à la suite des attentats du 13 novembre (15 novembre 2015)

Mesdames, messieurs,

Chers collègues,

Notre pays a été touché par la violence terroriste. Les actions qui viennent de se dérouler à Paris et à Saint-Denis ont été des actes aveugles, destinés à tuer et à semer l’effroi et la confusion dans la population. Il s’agit d’une attaque contre notre pays, ses valeurs et son unité, et qui met à l’épreuve sa cohésion sociale.

Des mesures de sécurité ont été prises par le Président de la République : elles constituent une première série de réponses aux attentats commis.

Dans le périmètre qui est le nôtre, celui de l’enseignement et de la pédagogie, nous avons un rôle à jouer pour aider les élèves à comprendre et pour guider leur réflexion dans un contexte marqué par l’émotion, une émotion légitime, mais qui n’aide pas toujours à penser.

Que fait-on dans la classe ? Comment présente-t-on ces événements dramatiques aux élèves ?

Les professeurs d’histoire-géographie ont un rôle crucial qui doit inclure l’ensemble de la communauté éducative.

Nous vous proposons plusieurs pistes d’actions :

  • Avant tout, cette approche doit permettre de parler des victimes, des femmes et des hommes qui ont été tués dans ces attentats. Veillons à replacer l’humain au cœur d’un discours sur le terrorisme : cela permet d’identifier le projet des auteurs, celui de tuer et de semer la peur et le chaos. Il s’agit de proposer une explication de ce qu’est le terrorisme et sa violence. Les victimes avaient le droit de vivre. Ce respect dû à la dignité humaine et à la valeur de l’humain caractérise nos sociétés démocratiques et nous distingue clairement des auteurs de cette violence et de ceux qui l’exaltent. Il convient dans cette optique d’éclairer le sens de ce que signifient un deuil national et une minute de silence.
  • Dans un second temps, il est possible de travailler avec les élèves sur les procédures judiciaires prévues dans un État de droit, les réponses qu’un État démocratique doit apporter. L’institution judiciaire est en charge de ce dossier, le parquet a été saisi du dossier afin de déterminer les auteurs et les complicités. L’évocation d’autres actes terroristes dans l’histoire et un travail sur les réponses judiciaires sont envisageables. Ce travail doit permettre d’expliquer aux élèves ce que signifie l’état d’urgence pour en expliquer les raisons et les objectifs. Une démocratie doit pouvoir prendre des mesures d’exception, elles sont prévues par nos lois.
  • Enfin, une mise en perspective sur le plan géopolitique est indispensable, travail qui peut se faire à partir de cartes. C’est ce point de vue qui doit être privilégié pour la contextualisation. En s’appuyant sur les « unes » des journaux qui sont sortis samedi matin, titrant sur la « guerre », la démarche des enseignants doit permettre de penser les mots utilisés par les quotidiens et les journaux télévisés. Pourquoi dit-on que la France est en guerre ? De quel type de guerre s’agit-il ? Contre qui ? Quels sont les autres pays qui sont touchés par cette violence ?

Ce travail doit être mené à partir de documents référencés afin d’aider à prendre du recul tant par rapport aux faits qui viennent de se dérouler que par rapport à la couverture médiatique dont ils sont l’objet. Les échanges avec la classe peuvent être construits à partir de cette approche dans une optique rationnelle et scientifique et éviter l’emprunt aux commentaires qui se multiplient sur les réseaux sociaux et ailleurs dans les médias.

Pour vous aider, des ressources ont été mises en ligne sur le site académique d’histoire-géographie.

Par ailleurs, nous vous rappelons qu’il existe une cellule d’urgence qui peut intervenir à la demande des chefs d’établissement. En cas de difficulté, n’hésitez pas à informer les principaux et les proviseurs des difficultés que vous rencontrez.

Plus que jamais le travail en équipe est indispensable pour penser les actions à venir. L’École doit être un lieu essentiel de cohésion et de mobilisation pour la défense de nos valeurs. Dans ces moments difficiles, soyez assurés de notre confiance et de notre soutien. N’hésitez pas à nous informer des difficultés que vous pourriez rencontrer. Nous restons, bien évidemment, totalement disponibles et à votre écoute.

Catherine Astol
Thierry Puigventos
Stéphane Vautier