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Publié : 16 mars 2014

Edugéo pour tablette, la touche pédagogique ?

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édugéo - La touche pédagogique version 1.0

L’Institut Géographique National propose depuis peu une application pour support nomade tactile qui est une déclinaison du service édugéo, disponible de manière plus traditionnelle via le portail éduthèque. L’application est disponible pour l’heure uniquement sur les supports équipés du système Android mais devrait être sous peu accessible aux utilisateurs d’autres plateformes.
Issue d’un partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale, cette application entend répondre à la généralisation des tablettes dans l’enseignement et se veut innovante comme en témoigne le communiqué de presse diffusé dans la revue en ligne DécryptaGéo.
L’application reprend les fonctionnalités qui font le succès d’édugéo depuis 2009, notamment l’outil de croquis, et s’appuie sur une très riche base de données.

Des innovations ?

Les innovations sont cependant limitées. L’application n’exploite notamment pas suffisamment les nouveaux usages de l’internet ou les possibilités offertes par la mobilité des outils tactiles. Ainsi, aucun outil de partage en ligne du travail réalisé, par exemple, par un groupe d’élèves lors d’une sortie n’est intégré à l’application et limite de ce fait tout travail collaboratif. Il faudra donc recourir à une application tierce pour partager une copie d’écran d’un travail. De même, les fonctionnalités liées au GPS sont particulièrement restreintes. Il est possible de localiser sur la carte sa position et de tracer un parcours. Cependant, ce dernier ne peut être ni exporté ni même intégré comme objet à la légende. L’application intègre par ailleurs un outil de vidéo accessible depuis le menu dédié au GPS. Le lieu de la prise de vue peut être géolocalisé mais la vidéo est stockée hors de l’application et ne peut en aucun cas être associée au point d’intérêt éventuellement créé comme cela peut être le cas, par exemple, dans Google Earth ou dans un système d’information géographique tel que QGIS. Il est donc difficilement envisageable de réaliser avec cette application des projets cartographiques enrichis de ressources multimédias. Or, cette perspective est particulièrement utile, notamment dans le cadre des sorties-terrains telles qu’elles sont parfois pratiquées. [1]

Des limites

Déclinaison du service précédemment disponible, l’application présente les limitations inhérentes au choix initiaux de l’IGN, notamment la fermeture du corpus de données mis a disposition de l’utilisateur. La connexion à des bases de données externes ou l’importation de ses propres jeux de données sont donc impossibles.
Les données disponibles sont, en outre, essentiellement des données de type raster. Elles offrent peu d’informations de nature quantitative et ne permettent pas la mise en œuvre de procédure de requêtes. Le croisement de données est donc de fait limité à une confrontation visuelle de deux couches à l’aide d’un effet de transparence.
Comme son modèle, l’application mobile demeure donc un lecteur de données, au corpus verrouillé par l’IGN, agrémenté d’un outil efficace de croquis.
En outre, la mise en œuvre par des élèves de certains jeux de données n’est pas particulièrement aisée. Certaines ne sont pas datées. D’autres ne sont pas légendées. De ce fait, la lecture des ZNIEFF [2] ou des données d’occupation des sols du programme européen Corine est-elle très malaisée sans source d’information extérieure.

Bilan et perspectives

Décliné pour les supports nomades tactiles, édugéo reste un outil efficace de réalisation de croquis. La richesse des données mises à disposition des élèves et des enseignants est un atout dans l’étude des territoires abordée en classe ou lors de sorties à terrains. Les fonctionnalités offertes sont donc suffisamment intéressantes pour préconiser un usage aussi large que possible en classe de cet outil.
Cependant, l’application n’offre pas les fonctionnalités réellement adaptées aux nouveaux usages de l’internet et au caractère mobile de son support. Par ailleurs, le maintien d’un système aussi clos que possible limite les perspectives de travail tant des élèves que des professeurs. C’est d’autant plus paradoxal que le même institut offre l’accès à un éventail beaucoup plus large de données grâce à la licence Éducation et Recherche. Or, certaines applications telles que gvSIG Mini Maps offre déjà la possibilité d’importer ses propres données. Il sera donc peut-être possible sous peu d’exploiter les ressources de l’IGN sur des supports nomades tactiles dans des systèmes d’information géographique aux fonctionnalités plus riches. Sans doute l’application édugéo offrira-t-elle alors de nouvelles options. Nous ne pouvons que l’espérer.

Notes

[1Nous citerons par exemple le travail de cartographie des sonorités de la ville de Limoges mené par des classes de J. Staub.

[2Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique