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Publié : 28 février 2011

Un regard sur l’Afrique

Musée Dapper (Paris, 16ème) : Angola, les figures du pouvoir

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Entrée en matière avec l’oeuvre contemporaine d’Antonio Oxe

Situé au 35, rue Valéry dans le 16ème arrondissement de Paris, le musée Dapper est le premier musée privé d’art africain à Paris.
Il porte le nom d’un passionné néerlandais qui a vécu au XVIIème siècle. Dapper a ainsi collecté plus de 4000 objets, dans une optique d’abord descriptive de l’art africain.

Si le musée du quai Branly bénéficie aujourd’hui d’une couverture médiatique plus importante, il embrasse des thématiques et des espaces plus larges.

L’intérêt du musée Dapper est d’être avant tout axé sur les empires africains. Il offre un condensé assez synthétique et varié de l’histoire africaine. L’art africain présenté y est fortement emprunt de symbolisme. La couleur rouge est souvent associée à la force, à la vie. Le blanc, obtenue à base de kaolin, signale la référence aux ancêtres. Le noir est traditionnellement liée à l’idée de force.
Les genoux pliés de nombreuses statues marquent la liaison avec le monde des esprits.

La référence à l’animal est aussi une grande constante. Pour éviter le mauvais sort et profiter d’une chasse prolifique, la carcasse de l’animal est souvent déposée près des lieux de culte. D’autre part, de nombreuses œuvres recourent à la symbolique des grands fauves pour illustrer la force : larges narines, mains massives, pieds surdimensionnés.

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Angola, figures du pouvoir

Se tient actuellement au musée une exposition intitulée : Angola, les figures du pouvoir avec 150 objets de provenance variée.
80% des œuvres exposées viennent de musées portugais. La présence lusitanienne en Angola date en effet de la fin du XVème siècle. Vers 1482, l’explorateur portugais Diogo Cão atteint le Cap du Loup à l’embouchure du fleuve Congo. Cette présence d’abord cantonnée à un simple comptoir s’est progressivement épaissie : la colonisation portugaise a engendré la découverte d’un des plus vastes royaumes africains, le royaume du Congo.
D’autres œuvres sont issus du musée africain de Luanda, mais aussi de Belgique, ancienne puissance coloniale dans le cadre du Congo belge.

Fondé au XIIIème siècle , le royaume d’Angola s’étendait sur une surface de 300000 km2. Il s’organise de façon très hiérarchique, autour de 13 provinces.
La conception du pouvoir est à base magico-religieuse. Le détenteur du pouvoir spirituel doit s’efforcer de le transmettre au peuple.

Exception faite du Sierra Leone où les femmes pouvaient porter des masques, le port de cet objet est masculin ailleurs (masques chokwe, masques pwo).
Un masque peut intégrer des coquillages, utilisés comme monnaie. La présence de perles vénitiennes signale également la preuve d’échanges précoces avec l’Europe et l’Asie.

Les rites d’apprentissage se constituent autour de pratiques multiples. La scarification est notamment un élément d’identification au groupe.

Le prestige social se marque par le port de coiffes et de peignes. Comme en Europe, c’est longtemps un privilège aristocratique...
La présence de dents limées et pointues chez les Chihongo est un signe de beauté.

Le grand nombre de petits objets témoigne avant tout du nomadisme des groupes sociaux. Il fallait pouvoir transporter facilement ces biens...

La conversion au christianisme devient rapide à partir du XVème siècle. On compte plus de 600 écoles de missionnaires au XVIe...
En embrassant la religion catholique, des membres de l’aristocratie africaine tirent des contreparties. Ils obtiennent ainsi des concessions de mines, des tissus ...
La fragilisation de cet empire s’accélère à partir du XVIIe. La traite des esclaves saigne tout particulièrement l’Angola. On estime à environ 12,5 millions d’esclaves partis des côtes africaines.
Des œuvres témoignent de ce syncrétisme religieux : la représentation de christ en croix se mêle ainsi à des références cosmologiques basées sur le rôle du soleil et de la lune.

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Syncrétisme religieux