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Publié : 23 janvier 2012

Un grand pari(s) osé ou réalisable ?

Les raisons du choix de ce thème

Un intérêt scientifique : apporter un regard critique sur une question urbaine en débat

Un enjeu didactique : utiliser l’étude de cas afin de sensibiliser les élèves à une problématique renouvelée.

Un appui pédagogique : approfondir la méthode de lecture de l’image

Socle commun de compétences :
Compétence III-14 : Environnement et développement durable
Compétence V-10 : Lire et employer le langage de l’image : Présentation / Description / Analyse

Problématique de l’étude de cas :
Un grand pari(s) osé ou réalisable ?

Niveaux de classe retenus :

en 6ème - Thème 1 - MON ESPACE PROCHE : PAYSAGES ET TERRITOIRE (pour les Havrais notamment...)
Localiser son espace proche dans sa région et en France, se situer dans l’espace à différentes échelles en utilisant les points cardinaux et les grands repères géographiques
Décrire le paysage local et ses différentes composantes
Réaliser un croquis simple pour représenter les paysages proches

en 5ème - Thème 1 – LES ENJEUX DU DEVELOPPEMENT DURABLE
une étude de cas au choix : un enjeu d’aménagement dans un territoire (transports et déplacements...)
L’étude de cas débouche sur une approche de la notion de développement durable
identifier les principaux enjeux du développement durable dans le territoire étudié

en 3ème (nouveau programme)
I - HABITER LA FRANCE Thème 1 - DE LA VILLE À L’ESPACE RURAL, UN TERRITOIRE SOUS INFLUENCE URBAINE.
Une étude de cas : une grande question d’aménagement urbain.
Localiser et situer les dix premières aires urbaines sur une carte du territoire national.
Décrire et expliquer :
- le processus d’étalement urbain, en lien avec les mobilités.

Contextualisation :
Le Grand Paris est un projet d’aménagement du territoire très ambitieux qui entend faire du Havre le port de la capitale et de se positionner comme métropole maritime.
Ce projet, s’il est relancé depuis quelques années, n’en est pas moins rêvé depuis longtemps : Napoléon Bonaparte, qui honora deux fois les havrais de sa visite, évoquait déjà à l’occasion de sa première entrée au Havre, en novembre 1802 « Paris-Rouen-Le Havre, une seule ville dont la Seine est la grande rue ».

Au-delà de la concrétisation plus ou moins lointaine et possible de se projet, les documents étudiés permettent de s’interroger sur la façon dont une région urbaine promeut son image, en mettant en valeur ses atouts...
Le Havre, métropole de province, mais permettant de "connecter l’Europe", cherche à s’adapter à ces évolutions. Le projet de Port 2000 constitue ainsi un choix d’aménagement original, dont les quais à conteneurs sont visibles sur l’image. Elle peut accueillir "les géants des mers", avec un horizon de porte-conteneurs, de chariots télécommandés et des portiques immenses. Poséidon, que les élèves doivent théoriquement reconnaître, y aurait même élu domicile !

Partout, les transports doivent satisfaire les besoins croissants de mobilité des populations urbaines et périurbaines. Une nouvelle "image" se construit à partir d’un patrimoine historique revisité ou d’une qualité de vie particulière.
L’urbanisation a crée de nouvelles centralités vouées au développement économique "Le Havre, premier port pour le commerce extérieur de la France" / "chaque année, c’est plus de 20 millions de tonnes de marchandises transportées", mais aussi aux loisirs par la reconquête des voies sur berge : "100 conteneurs transportés d’un seul coup sans même réveiller bébé".

Ces publicités en témoignent. Une vraie bataille de l’image est menée par les acteurs locaux, soutenus par des sociétés de consultants et des lobbies professionnels, pour attirer de nouvelles entreprises.
Elle est parée de nombreuses vertus, comme la promotion du tourisme ("attractions méconnues à découvrir) et le respect du développement durable " Grenelle environnement, entrons dans le monde d’après".

Il est vrai que les atouts du Havre et de Paris sont nombreux. Ces villes se distinguent par leur site privilégié. Le Havre est la porte d’entrée de l’Europe sur le monde. Elle semble se présenter à la fois comme un avant-pays ("Grand Port de l’Ouest européen") prolongé par un vaste arrière-pays, que le jeu de glissement de la Tour Eiffel semble dessiner.
Quoiqu’il en soit, l’offre territoriale des deux villes est complexe, riche d’infrastructures et d’équipements dont témoigne ces deux affiches.

Quelques doutes peuvent néanmoins tempérer l’enthousiasme des développeurs...
La France n’est pas une grande nation fluviale. Dans une société hyper-mobile, dépendante des transports, la voie d’eau demeure un mode de transport assez confidentiel. Avec 7,4 milliards de tonnes-kilomètres en 2009, soit environ 3,7 % de l’ensemble du trafic terrestre national, elle n’est toujours pas fermement développée...

Cette politique de promotion est-elle vraiment en adéquation avec les potentialités de l’axe séquanien et de sa ville estuarienne ? Ce projet politique d’intégration par le haut saura-t-il convaincre des collectivités locales assez rétives, qui ne craignent rien de plus qu’une nouvelle forme d’étalement urbain, par et pour la capitale ?

Éléments bibliographiques complémentaires
- ASCHER, François - Les nouveaux compromis urbains - La Tour d’Aiguës – Édition de l’Aube, 2008, 141 p.
- GILLI, Frédéric, OFFNER, Jean-Marc - Paris, métropole hors les murs : Aménager et gouverner un Grand Paris - Presses de Sciences Po (Paris), 2008. - 186 p.
- MERLIN, Pierre - L’aménagement du territoire en France - La documentation française, 2007 - 176 p.

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