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Publié : 7 novembre 2010

Mesurer la pauvreté : l’Indice de pauvreté multidimensionnelle

Un nouvel indice pour mesurer la pauvreté dans les pays en développement : l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM)

MESURER LA PAUVRETÉ

En juillet 2010, l’Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) avec le soutien du PNUD (Programme des Nations Unies pour le D éveloppement) initiait une nouvelle mesure de la pauvreté, l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM).

À compter du prochain rapport sur le développement humain (novembre 2010), l’IPM remplacera l’Indice de pauvreté humaine (IPH) pour les pays en développement.

L’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) représente les manques graves dont souffrent des individus de manière simultanée. Il identifie les manques simultanés des ménages sur l’ensemble des trois mêmes dimensions que pour l’Indice de Développement humain - IDH- (niveau de vie, santé et éducation). Ce nouvel indice rend compte de la pauvreté « aigüe », de ses multiples manifestations, en ne se limitant pas aux aspects économiques mais en éclairant différentes formes de privations avec le foyer comme unité de mesure.

La pondération des 3 domaines - Santé, Niveau de vie, Éducation - est identique (33,33%). Les 10 indicateurs le composant sont pondérés de la manière suivante :

DOMAINE Indicateurs Privations recensées Pondération
SANTÉ Mortalité infantile Population vivant dans un foyer où un enfant est mort avant 5 ans 16,7%
Nutrition Population vivant dans un foyer où enfant ou adulte sont en état de malnutrition 16,7%
ÉDUCATION Scolarisation Population vivant dans un foyer où aucun membre n’a bénéficié de 5 années d’école 16,7%
Sortie de l’école avant 8 années de scolarité Population vivant dans un foyer où un enfant est sorti de l’école avant d’avoir terminé ses 8 années de scolarité 16,7%
CONDITIONS DE VIE Électricité Population vivant dans un foyer ne disposant pas d’électricité 5,6%
Assainissement Population vivant dans un foyer ne disposant pas de sanitaires 5,6%
Eau potable améliorée Population vivant dans un foyer n’ayant pas accès à une eau potable améliorée ou dont l’accès est éloigné de plus de 30 minutes de marche 5,6%
Sol de l’habitat Population vivant dans un foyer où le sol est en terre battue, en sable 5,6%
Combustible d’alimentation Population vivant dans un foyer où le combustible pour la cuisine est le bois, le charbon de bois ou les excréments animaux 5,6%
Biens mobiliers Population vivant dans un foyer ne disposant pas de plus d’un élément mobilier suivant : radio, TV, téléphone, bicyclette, motocyclette, voiture, tracteur 5,6%


L’IPM montre le nombre moyen de personnes pauvres et les manques auxquels les ménages pauvres doivent faire face. Un manque unique peut ne pas signifier nécessairement la pauvreté. Il fait état des manques de la part d’un ménage selon des indicateurs multiples en même temps.
Une personne est pauvre de manière « multidimensionnelle » si les indicateurs pondérés dans lesquels elle subit des manques s’élèvent à au moins 30%.

La valeur de l’Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM) est le résulat du produit de deux éléments : l’incidence de pauvreté, c’est-à-dire la proportion de pauvres (personnes subissant des manques dans au moins 30% des indicateurs pondérés), et l’intensité moyenne de pauvreté, proportion de privations subies par les personnes en même temps.


Ce nouvel indice porte sur 104 pays rassemblant une population de 5,2 milliards de personnes (78% de la population mondiale). Il révèle que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté s’élève à 1,7 milliard dont plus de la moitié (51 %) se trouveraient en Asie du Sud et un peu plus du quart (28 %) en Afrique. Ce chiffre est supérieur au total de 1,3 milliard évalué par la Banque mondiale, qui mesure la pauvreté extrême au seuil de 1,25 $US par jour.

Pour certains pays (ou régions), ce nouvel indice modifie les données jusqu’alors entrevues : l’Éthiopie passe de 39% (pauvreté extrême) à 90 % (IPM), le Pakistan de 23 à 51 %. Au Niger, 2/3 de la population est pauvre au sens de l’IPH, 93% au sens de l’IPM. Le taux de pauvreté en Inde ne serait pas de 42 %, comme le dit la Banque mondiale, mais de 55 % (surtout en zone rurale où sévissent la malnutrition, la mortalité infantile et la faible scolarisation au primaire - 80% dans l’État du Bihar contre 15% à Dehli). On y dénombre d’ailleurs plus de pauvres dans 8 des 35 États et Territoires que dans les 26 États africains les plus pauvres.
À l’inverse, 89 % des Tanzaniens sont extrêmement pauvres du point de vue monétaire mais seuls 65 % le sont selon l’IPM. Pour le Vietnam, le taux ne serait plus de 22% mais de 14%. Quant à la Chine, son nouveau taux de pauvreté serait de 12% contre 16% pour la population vivant avec moins de 1,25$ par jour.

3 cartes reprenant les données de l’Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM) :

En outre, le PNUD a modifié l’IDH pour mieux prendre en compte les inégalités. Son dernier rapport (4 novembre 2010) utilise l’Indice de Développement Humain ajusté aux Inégalités (IDHI).

L’indice de développement humain ajusté aux inégalités