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Ressources pour faire la classe - Programmes de sixième

Document de travail
Inspection générale d’histoire et de géographie

Nouveaux programmes
d’histoire, géographie et éducation civique au collège.


Ressources pour faire la classe
Programmes de sixième


Introduction

Les programmes de sixième
doivent être replacés dans la cohérence de l’ensemble
des programmes de collège de la classe de sixième à la
troisième.
Cette cohérence est double.

  • Elle existe d’abord à l’intérieur de chacun des enseignements sur les quatre années.

    - En géographie,
    des thématiques bien identifiées et renouvelées constituent
    la trame de cette progression :

    • la Terre planète habitée en sixième,
    • humanité et développement durable en cinquième,
    • approches de la mondialisation en quatrième,
    • le France et l’Europe dans le monde d’aujourd’hui en troisième.

    - En histoire, dans un
    ordre qui reste chronologique, les programmes insistent sur des moments
    forts, sur des traits marquants de sociétés du passé,
    sur le jeu d’acteurs essentiels.

    - En éducation civique,
    les programmes impliquent que l’on parte du concret pour aller vers
    les valeurs et les grands principes qui fondent la citoyenneté.

  • Elle existe également entre les trois enseignements, qui donnent une place majeure aux acteurs, aux évènements et aux territoires.

Ces programmes sont la référence
première des professeurs. Ils intègrent les compétences
du socle commun sur lesquelles on s’appuie pour définir et préciser
les objectifs d’apprentissage et bâtir des évaluations.

Ces programmes contribuent à
la mise en œuvre du nouvel enseignement d’histoire des arts.

1 Une conception
nouvelle des programmes

Les trois rubriques des programmes
(Connaissances, Capacités, Démarches) forment un tout
dans lequel les objectifs d’apprentissages (connaissances et capacités)
sont étroitement liés aux démarches permettant de les atteindre.

Le programme d’éducation civique ne prévoit pas de rubrique
capacités qui aurait été répétitive. Les
capacités attendues sont mises en exergue dans l’introduction générale
et dans les chapeaux introductifs des programmes de chaque année. Les
documents de référence constituent une ressource pour le professeur.
Ceux-ci peuvent y trouver notamment les articles fondamentaux qui doivent être
connus par les élèves.

Pour chacun des trois programmes,
il est fondamental de bien cibler, avant toutes choses, le niveau d’exigence
en termes de connaissances et de capacités.

Le collège marque le second
temps de la scolarité obligatoire. La continuité des apprentissages
commencés au primaire demande une évaluation des acquis des élèves
de la classe au début de la sixième. Le professeur pourra ainsi
savoir sur quelles acquisitions il peut concevoir ses enseignements.


1.1 Les connaissances : des contenus renouvelés, la possibilité
de faire des choix

Dans la rubrique connaissances, les
indications fournies permettent au professeur de déterminer le sens qu’il
convient de donner à l’étude du thème.

  • Des contenus renouvelés

- En géographie, dès
la classe de sixième, les thèmes au programme intègrent
les problématiques renouvelées de la géographie qui sous-tendent
l’ensemble des nouveaux programmes de géographie du secondaire :

- ils situent clairement la géographie
dans le champ des sciences sociales et humaines ;
- ils sont recentrés sur les territoires (place accordée aux
territoires de proximité, aux habitants et aux acteurs des territoires
étudiés, approche dynamique de ces territoires) ;
- ils prennent en compte les nouvelles modalités de gestion des territoires,
à différentes échelles, dans la perspective d’un
développement durable.
- ils sont porteurs d’enjeux et ouverts sur l’avenir ;

- En histoire des éléments
de renouvellement sont sensibles dès la classe de sixième :

- importance de l’histoire
culturelle ;
- plus grande place accordée aux acteurs de l’histoire ;
- introduction de l’histoire des sciences ;
- ouverture aux mondes lointains ;
- plus grande historicisation du fait religieux.

- En éducation civique,
l’apprentissage des règles qu’implique la vie en société
passe par une approche à la fois plus cohérente et plus concrète,
tout en faisant davantage appel à la réflexion. Plus que sur les
appellations des thèmes, le renouvellement des programmes porte sur les
problématiques qui les fondent. Le fondement du programme de sixième
est une réflexion sur les manières dont se construit l’individu,
dans le cadre du collège, dans un environnement familial, dans un territoire.
Il accorde aux territoires proches et aux acteurs une place propice à
des rapprochements fructueux avec les nouvelles perspectives de la géographie.

  • La possibilité de faire des choix

Les programmes donnent aux professeurs
la possibilité d’opérer des choix à deux niveaux :

- choix entre des thèmes,
- choix entre des études au sein d’un thème.

Cette marge de manœuvre doit
être utilisée dans le cadre d’un projet annuel de traitement
des programmes, étant entendu que l’ordre de présentation
peut être modifié, à condition de veiller en histoire à
une cohérence chronologique. Il faut rappeler que les programmes ne constituent
pas un carcan, mais un projet de formation des élèves, donc un
cadre d’ensemble dans lequel le professeur exerce sa responsabilité.


1.2 Les capacités

Les capacités énoncées
intègrent celles qui sont définies dans le socle commun. Elles
sont étroitement liées aux connaissances. Elles se construisent
progressivement sur l’ensemble des quatre années du collège.
Cela doit faire l’objet d’une réflexion commune de l’équipe
disciplinaire.

Concernant ces capacités,
certaines formulations demandent des éclaircissements :

- « connaître
et utiliser les repères… » : cela signifie que
la mémorisation des repères est indispensable pour comprendre
leur sens et savoir les utiliser à bon escient. L’élève
doit être capable de situer un repère historique ou géographique
et de donner sa signification de façon simple ;

- « raconter et expliquer »
ou « décrire et expliquer » : l’élève
doit pouvoir présenter simplement un fait historique ou géographique,
en explicitant si nécessaire une notion essentielle ;

- L’élève doit
être initié à la lecture de différents types de
cartes et à la réalisation de croquis simples.

1.3 Des démarches
pour atteindre ces objectifs d’apprentissage

Les démarches permettent d’atteindre
les objectifs du programme par un enseignement vivant, concret, qui favorise
la réflexion tout en suscitant l’intérêt des élèves.
Le professeur doit bâtir et mettre en œuvre ses leçons en
mobilisant des démarches variées choisies en fonction du sujet
qu’il aborde et des objectifs d’apprentissage qu’il se fixe.

Parmi ces démarches, la démarche inductive peut
prendre des formes adaptées à chacun des trois programmes (étude
de cas en géographie, entrée dans le thème en histoire,
mise en situation en éducation civique).

Elle doit conduire :

- en géographie et en
histoire
 à initier au raisonnement géographique et
historique, à mettre en place de grands repères et à comprendre
le fonctionnement d’une société à une époque
donnée ainsi que l’intervention des acteurs ;
- en éducation civique, à réussir le passage du
vécu, lié à l’étude d’une situation,
aux règles qui organisent la vie en collectivité, et celui du
particulier à l’universel.

Si la démarche inductive occupe
une place importante dans les préconisations des programmes, il revient
au professeur d’utiliser toute la panoplie des démarches et des
outils de la pédagogie pour conduire ses enseignements.


2 La mise en œuvre des nouveaux programmes offre
une opportunité de renouveler les pratiques de classe
(
1)

2.1 Des programmes conçus
pour pouvoir être traités dans les horaires impartis en évitant
le piège de l’exhaustivité

Une remarque préalable s’impose :
dans le cadre des horaires attribués globalement à l’histoire-géographie-éducation
civique, il faut respecter la parité entre histoire et géographie
et consacrer à l’éducation civique le temps nécessaire
au traitement intégral du programme.
Les programmes sont conçus pour pouvoir être traités dans
ce cadre horaire. La longueur de leur écriture s’explique par la
volonté de définir clairement des objectifs d’apprentissage
(les connaissances et les capacités) et de proposer des démarches
en vue d’atteindre ces objectifs. Le but est d’éviter de
tomber dans le piège de l’exhaustivité et dans une cavalcade
désincarnée à travers les siècles ou les espaces
géographiques.
Le professeur doit construire ses enseignements sur des approches problématisées
des programmes dans leur ensemble, des thèmes, des séquences et
de chacune des heures de cours.

2.2 Donner toute sa place
à la parole du professeur

Un cours d’histoire, de géographie,
ou d’éducation civique, est un moment de construction d’un
savoir (par sa découverte, sa compréhension, son appropriation)
où la parole du professeur prend nécessairement plusieurs formes
et plusieurs sens. Présenter, expliquer, problématiser, expliciter
(un fait, une situation, des consignes de travail), raconter, distinguer, dans
les mots et par le ton, ce qui est essentiel de ce qui l’est moins, lire
à voix haute, « dire » le lien entre le travail
réalisé sur un document et le savoir ainsi construit, démontrer,
questionner, conduire ou guider un raisonnement, résumer oralement ce
qui a été vu afin d’aider l’élève à
comprendre le sens d’une leçon et à en tirer un profit intellectuel,
…sont autant de formes de la parole du professeur qui se combinent au
quotidien dans l’acte d’enseignement.
C’est dans ce cadre qu’il convient de donner une place au récit
proprement dit. Tout ne doit pas partir systématiquement du questionnement
sur des documents. Le professeur peut raconter lors de son cours : le recours
à l’anecdote, à la biographie d’un personnage, à
la description de la vie quotidienne d’un individu peut être un
levier très utile pour intéresser les élèves et
leur faire saisir une réalité.

2.3 Mieux utiliser le document

La place accordée à
la parole du professeur ne remet pas en cause celle du document. Il convient
simplement de procéder à un rééquilibrage entre
cette parole et l’utilisation du document.

Sur cette utilisation, quelques
règles simples s’imposent :

- il convient de considérer
comme document tout support qui invite les élèves à la
réflexion historique, géographique ou civique. Ce n’est
pas sa nature qui définit le document mais son usage en tant que support
pédagogique. Cela ne dispense pas de préciser cette nature avec
rigueur ;
- il est impératif de rompre avec une certaine inflation documentaire :
il faut viser la qualité des documents plus que leur quantité,
y compris dans le cadre de démarches inductives. L’important
est de bien choisir quelques documents qui pourront être les supports
d’une véritable exploitation avec les élèves ;
- le document peut être aussi illustratif : cette utilisation du
document ne doit pas être écartée dans le développement
d’une leçon ;
- Il ne faut pas chercher à faire tout découvrir par le document
ni à faire dire au document ce qu’il ne dit pas ;
- l’évaluation ne doit pas passer systématiquement par
le document.

2.4 Faire écrire
les élèves, dynamiser et valoriser l’oral

Nos enseignements prennent toute
leur part dans l’apprentissage de la maîtrise des langages au collège.

- Il faut faire écrire les
élèves. La pratique quotidienne doit intégrer cet apprentissage,
en distinguant la copie de l’écriture, en variant notamment les
formes et les modes de trace écrite.
- Il faut aussi renforcer la prise de parole par tous les élèves
en valorisant leur expression orale qui ne doit pas se limiter à des
réponses ponctuelles et brèves d’élèves
volontaires. Il faut les amener à construire des réponses orales
plus élaborées, par exemple lors de vérifications des
acquis en début ou en fin de séance, et favoriser des échanges
entre eux.

2.5 Intégrer les TICE
dans les apprentissages et les pratiques de classe

La mise en œuvre des nouveaux
programmes doit s’appuyer largement sur l’intégration des
TICE dans la conception des enseignements et les pratiques de classe.
Les apprentissages de l’utilisation des TICE par les élèves
se construisent progressivement sur les quatre années du collège,
en cohérence avec les autres disciplines.
Il convient d’intégrer dans les pratiques et les apprentissages
un certain nombre d’utilisations possibles des TICE, en fonction du projet
pédagogique du professeur et des équipements disponibles dans
l’établissement.
Pour la classe de sixième, une fiche spécifique précise
ces utilisations (lien vers cette fiche).

Ces pistes de mise en œuvre
se veulent ouvertes. Elles invitent le professeur à faire pleinement
usage de sa liberté et de sa responsabilité pédagogiques.
L’important est d’atteindre les objectifs visés par les programmes.

Pour cela le professeur peut utiliser toute la panoplie des méthodes
pédagogiques qui est à sa disposition afin de donner de la variété
et de la vie à ses enseignements.
Les ressources qui vont suivre comportent des éclairages scientifiques
qui apparaissent nécessaires sur les différents thèmes,
notions ou problématiques. Elles proposent aussi des bibliographies et
des sitographies simples et commentées, ainsi qu’une lecture croisée
des programmes des différentes disciplines en vue de mettre en œuvre
des projets pluridisciplinaires, notamment en histoire des arts.

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1. Sur le
renouvellement des pratiques de classe, voir les actes du séminaire national
Acquis des élèves et les pratiques d’enseignement en
histoire-géographie et éducation civique
qui s’est tenu
à Poitiers en décembre 2007 : http://eduscol.education.fr/D0217/actes_acquisdeseleves_hg.htm.


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