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Publié : 3 septembre 2008

Les abolitions de l’esclavage en France (1794-1848). Etude de documents iconographiques

Les
abolitions de l’esclavage en France (1794-1848)
Etude de documents iconographiques

Les activités proposées
ont pour objectif de :

  1. Faire étudier les abolitions à travers des documents iconographiques.
  2. Faire mémoriser aux élèves les deux dates de l’abolition de l’esclavage (1794-1848), du rétablissement par Bonaparte (1802), le nom de grands abolitionnistes (Abbé Grégoire - Victor Schœlcher) et celui d’une figure des révoltes des esclaves (Toussaint Louverture).
  3. Faire saisir aux élèves la complexité du processus abolitionniste.

Elles peuvent être
réalisées conjointement dans le cadre d’une séquence
sur la thématique de l’esclavage, ou d’un itinéraire
de découverte.
On peut également les utiliser indépendamment dans le cadre de
l’étude de la Révolution française (Abolition de
1794) ou dans celui de la Seconde République (Abolition de 1848).

Pour des compléments
sur les deux abolitions nous renvoyons à notre ouvrage Abécédaire
de l’Esclavage des Noirs
, Dapper, 2007.

Gilles
Gauvin
Collège J.-Y. Cousteau, Caudebec-lès-Elbeuf.


 

I
- L’abolition du 4 février 1794

Intérêt
 :

L’étude du
dessin de Nicolas-André Monsiau permet de faire comprendre aux élèves :

  • Que ce dessin « référence » pour représenter l’abolition du 4 février a été en fait réalisé à partir de deux événements différents (la cérémonie du 4 juin 1793 organisée par l’abbé Grégoire et la proclamation de l’abolition le 4 février 1794).
  • Que l’abolition de 1794 est aussi le résultat de la révolte des esclaves eux-mêmes.

Supports :

Les élèves
disposent :

  • du texte réalisé à partir de l’Abécédaire de l’esclavage des Noirs ;
  • de la fiche analytique du dessin.

Le professeur utilise en
support, pour la deuxième partie de l’exercice, le diaporama.

Procédure :

Les élèves
lisent le texte (seuls ou à voix haute) puis répondent dans un
premier temps au questionnaire.
Dans un deuxième temps ils complètent la fiche analytique du tableau
à l’aide des éléments en gras dans le texte.

II
- L’abolition du 27 avril 1848

Intérêt
 :

L’étude du
tableau d’Alphonse Garreau, qui est proposée sous forme de deux
diaporamas, a été réalisée à partir du livret
proposé avec la cassette vidéo réalisée en 2002
par le CRDP de La Réunion « Allégorie de l’abolition
de l’esclavage à La Réunion en 1848
 ».
Elle peut être utilisée en complément ou indépendamment
de la cassette vidéo.

Elle permet de :

  • Etudier l’abolition à partir du cas de La Réunion dans l’océan Indien et donc d’élargir l’étude du phénomène très souvent centré sur le seul espace antillais.
  • Faire comprendre aux élèves que l’abolition n’est pas un simple acte de générosité qui met fin définitivement à une terrible inégalité.
    Sarda Garriga, envoyé par la République présente en effet l’abolition contre le travail. Les nouveaux citoyens seront tenus d’avoir un livret attestant leur emploi sous peine d’être considérés comme vagabonds. Les anciens esclaves seront d’ailleurs incités à s’abstenir de voter lors des premiers scrutins car considérés comme inaptes à comprendre la vie politique. Par ailleurs, les grands propriétaires vont faire venir en masse des engagés, travailleurs misérables recrutés souvent dans les mêmes zones d’approvisionnement des anciens esclaves, pour remplacer les esclaves. Ces engagés vivront dans des conditions terribles. Il est intéressant de rappeler par ailleurs que La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane ne sont devenues départements français qu’en 1946.
    On peut également souligner la complexité de l’argument prônant la colonisation française en Afrique, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, au nom de l’abolition de l’esclavage interne à l’Afrique en évoquant le travail forcé qui ne sera supprimé qu’en 1946 par l’Assemblée Constituante.

Supports :

Les élèves
disposent :

  • de la fiche analytique du tableau.
  • de la fiche permettant d’étudier la composition du tableau.

Le professeur utilise en
support, pour chaque fiche, le diaporama correspondant.

Procédure :

Les élèves
complètent dans un premier temps la fiche analytique en commençant
uniquement par les éléments repérés par des numéros.
On procède ensuite à la correction, puis on cherche en commun
quels sont les trois ensembles symboliques (République - La Réunion
traditionnelle - La Réunion moderne) à partir des éléments
analytiques.
On peut ensuite terminer rapidement en complétant et en coloriant la
feuille présentant la composition générale du tableau.


Documents
 :

L’abolition
du 4 février 1794

 

  1. Texte

SAINT-DOMINGUE
ET LA REVOLUTION FRANÇAISE :
LA PREMIERE ABOLITION DE L’ESCLAVAGE


L’abolition de l’esclavage n’a été proclamée
en France que le 4 février 1794. Le décret ne fut obtenu
que grâce à l’union entre des révolutionnaires
abolitionnistes de France, comme l’abbé Grégoire,
et des représentants de la révolution qui avait éclaté
à Saint-Domingue en 1791.

L’histoire
de l’abolition de l’esclavage commence à Saint-Domingue,
la « Perle des Antilles », dont les productions
sont alors essentielles à l’économie française.
Depuis le milieu du XVIIIe siècle, les propriétaires
blancs y contestent aux propriétaires métissés - les
« libres de couleur » - le droit de participer
aux affaires politiques de l’île. Les colons blancs (qui en
fait sont bien plus métissés qu’ils ne le disent)
défendent ce qu’ils appellent le « préjugé
de couleur », c’est-à-dire l’idée
que les droits politiques sont liés à la couleur de la peau.
Lorsque la Révolution française éclate, chaque camp
possède son groupe de pression auprès des députés
à Paris. Pour les colons blancs, alliés aux armateurs et
aux négociants des ports vivant de la traite, c’est le Club
Massiac. Pour les mulâtres (métis), c’est la Société
des Citoyens de couleur. Si l’Assemblée nationale, en juillet 1789,
a refusé aux colons blancs le droit de représenter à
eux seuls l’ensemble de la colonie, la législation coloniale
de 1791 leur a finalement accordé tous les pouvoirs politiques
en créant des Assemblées coloniales composées exclusivement
de Blancs et dotées de grands pouvoirs sur les autres habitants
des îles. Cependant, profitant de l’affrontement violent qui
opposa maîtres blancs et maîtres mulâtres au début
de 1791, les esclaves de Saint-Domingue prirent les armes dans la nuit
du 22 au 23 août 1791.

L’abbé
Grégoire, député à la Convention (l’Assemblée
nationale chargée de faire une nouvelle Constitution), et la Société
des Citoyens de couleur, voyant qu’une chance s’offrait de
voter l’abolition de l’esclavage, organisent alors au sein
une mise en scène symbolique. Ils reprennent l’idée
d’une cérémonie qui s’était déroulée
à l’Assemblée le 23 octobre 1789. Ce jour-là
un vieux serf du Jura, âgé de 120 ans, était
venu remercier les députés d’avoir, avec l’abolition
des privilèges, totalement supprimé le servage, dans la
nuit du 4 août 1789. À la demande de l’abbé
Grégoire, les députés - parmi lesquels
on comptait des nobles - s’étaient mis debout
pour acclamer le vieillard par égard à son âge vénérable.

La nouvelle cérémonie,
cette fois relative à l’esclavage, a lieu le 4 juin
1793 dans la salle de la Convention. Ce jour-là,
l’Assemblée reçoit une délégation de
la Société des Citoyens de couleur et de soldats de la Légion
des Américains (régiment révolutionnaire formé
de gens de couleur vivant en France) portant un drapeau tricolore très
particulier, où sont peints trois personnages : un Noir sur
la bande bleue, un Blanc sur la bande blanche et un métis sur la
rouge. Les trois hommes sont debout et portent une pique surmontée
du bonnet de la liberté. Une devise est inscrite sur le drapeau :
« Notre union fera notre force ». Ce drapeau était
celui de « l’égalité de l’épiderme » :
il affirmait que le principe d’égalité énoncé
par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen était
universel, c’est-à-dire qu’il s’appliquait à
tous les hommes, quelle que soit la couleur de leur peau.

La Convention
accepta de recevoir l’étendard qu’elle baptisa « signal
de l’union » : union entre la Révolution
française et la révolution de Saint-Domingue. Les députés
se levèrent même pour rendre hommage à la vieille
femme noire à la tête de la délégation. C’était
Jeanne Odo, une ancienne esclave de Saint-Domingue âgée
de 114 ans. Le président de séance, après lui
avoir donné le baiser fraternel, l’installa à sa gauche.
L’abbé Grégoire intervint alors, et, faisant un parallèle
avec la cérémonie de 1789 en l’honneur de l’abolition
du servage, demanda à la Convention de faire disparaître
« l’aristocratie de la peau ». Ce sera chose
faite lors d’une autre séance de la Convention, le 4 février
1794...

Ces deux étapes
du vote de l’abolition de l’esclavage sont représentées
dans l’esquisse de Nicolas-André Monsiau. Les députés
de Saint-Domingue
(le Noir Jean-Baptiste Belley, le mulâtre
Jean-Baptiste Mills et le Blanc Pierre Dufaÿ) montent à la
tribune pour étreindre le Président de la Convention
qui vient d’annoncer le décret d’abolition. Symbole
de l’Humanité des Noirs, Jeanne Odo, pourtant absente ce
jour-là a été représentée sur la droite
du Président. Derrière Jeanne on aperçoit un
groupe de citoyens de couleur
et, au mur, la Déclaration
des droits de l’homme et du citoyen
. Sur un autre mur est
accrochée la Constitution de l’an I (1792). Dans la foule
des présents, qui exprime l’exaltation et l’espérance,
on remarque un soldat de la Légion des Américains
qui était présent lors de la cérémonie de
1793. Au premier plan, un Blanc qui relève un Noir à ses
genoux symbolise la reconnaissance des nouveaux citoyens.
Le Blanc et le mulâtre qui s’étreignent dans la foule
expriment même la fraternité provoquée
par l’annonce de l’abolition. Les enfants
qui figurent dans le tableau (et qui ne pouvaient être présents)
symbolisent l’avenir de cette nouvelle société
égalitaire.

L’histoire
ne s’arrête pas là. Le drapeau de « l’égalité
de l’épiderme » est repris en 1794 par Toussaint
Louverture (1743-1803), chef de file de la révolte de Saint-Domingue.
Et lorsque Jean-Jacques Dessalines (1758-1806) proclame en 1804 l’indépendance
de l’île et lui donne le nom d’Haïti (du nom Ayiti
donné par les Indiens caraïbes), il garde comme devise de
la première République noire : « Notre union
fera notre force ». Et, hasard de l’histoire ou volonté
délibérée, c’est dans le Jura, au fort de Joux,
que Bonaparte, qui rétablit l’esclavage en 1802, fait enfermer
Toussaint Louverture... Remettre en cause la liberté des esclaves
affranchis, c’était bel et bien toucher à celle de
tous les Français.

D’après
Gilles GAUVIN, Abécédaire de l’esclavage des Noirs,
Paris, Editions Dapper, 2007. (Article Union)

  1. Le dessin de Monsiau (1794)

  1. Le questionnaire

 

I-
ETUDE DU TEXTE.

1) Quand est proclamée
la première abolition de l’esclavage ?
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2) Quel est l’événement
qui conduit la Convention à proclamer l’abolition de l’esclavage ?
Quand a-t-il lieu ?
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3) Pourquoi les propriétaires
mulâtres de Saint-Domingue entrent-ils en conflit avec les propriétaires
Blancs ?
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4) Comment s’appelle
le député qui organise une cérémonie symbolique
pour forcer la Convention à décider l’abolition de
l’esclavage ?
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5) Qu’était
la Légion des Américains ?
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6) Quel est le message
que symbolise le drapeau offert par Jeanne Odo à la Convention ?
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7) Comment s’appellent
les deux principaux chefs de la révolte de Saint-Domingue ?
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8) Qui rétablit
l’esclavage dans les colonies françaises ? En quelle
année ?
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9) Est-ce que l’esclavage
est rétablit à Saint-Domingue ? (Justifie ta réponse).
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10) Quel est le nom
porté aujourd’hui par Saint-Domingue ?
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II- ETUDE DU DESSIN.

A l’aide des
éléments en gras dans le texte, retrouve les éléments
repérés par des numéros sur le dessin de Monsiau.

 

L’abolition
du 27 avril 1848

 

  1. Le tableau d’Alphonse Garreau : Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion en 1848 

  1. La fiche d’analyse des symboles représentés par A. Garreau dans son Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion en 1848 

  1. La fiche d’étude de la composition du tableau de A. Garreau dans son Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion en 1848 


 


Vous pouvez
télécharger l’ensemble des documents de cet article en cliquant
sur les icônes dans le tableau ci-dessous.

PDF - 72.4 ko

  • La fiche de présentation de l’activité
PDF - 57.1 ko

  • Le texte Saint-Domingue et la révolution française  : la première abolition de l’esclavage
PDF - 151.4 ko

  • L’étude du dessin de Monsiau (1794)
PDF - 33.8 ko

  • Le questionnaire à compléter par les élèves
PDF - 344.5 ko

  • La fiche analytique des symboles du tableau d’A. Garreau : Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion en 1848 
PDF - 335.3 ko

  • La fiche d’étude de la composition du tableau d’A. Garreau : Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion en 1848 

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