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Publié : 4 décembre 2007

CR : Gilles GAUVIN - Abécédaire de l’esclavage des Noirs, Editions Dapper, 2007.

Gilles
GAUVIN : Abécédaire de l’esclavage des Noirs,

Editions Dapper, 2007.

 

L’auteur :

Gilles Gauvin est professeur
d’histoire géographie au collège Jacques-Yves Cousteau de Caudebec-lès-Elbeuf.
Egalement membre de la commission enseignement-recherche du Comité Pour
les Mémoires de l’Esclavage et auteur d’une thèse publiée
en 2006 aux Presses Universitaires du Septentrion, sous le titre Michel
Debré et l’île de la Réunion. Une certaine idée
de la plus grande France
.

L’ouvrage :

Les ouvrages traitant de
l’Esclavage nous ont habitué à des entrées chronologiques
ou géographiques. Toute l’originalité du présent ouvrage
réside dans cette entrée alphabétique qui donne au lecteur
l’occasion de faire le point sur des thèmes rarement présents
dans les ouvrages "tous public".

Le but avoué de l’"Abécédaire"
est d’être un outil pour les enseignants et les élèves,
qui du primaire au secondaire croiseront plusieurs fois dans les programmes
scolaires le thème de l’esclavage et des abolitions. Mais le plus souvent,
cette douloureuse histoire est abordée rapidement, se limitant à
l’aspect économique du commerce triangulaire ou bien évoquée
lors de l’abolition de 1848, à laquelle on attache à juste titre
le nom du républicain Victor Schoelcher. Se concentrant sur la traite
du point de vie français, l’ouvrage s’ouvre largement sur la vie des
victimes de ce crime contre l’humanité, mettant en avant leur vie quotidienne
et les luttes des esclaves pour la conquête de leurs libertés.

L’article "Révoltes"
nous rappelle ainsi qu’il y eut toujours une résistance à l’esclavage,
depuis la révolte des Karibs à l’insurrection de Saint-Domingue
en passant par le marronage et les communautés fondées par les
esclaves en fuite. La traite ne transformait pas les hommes et les femmes en
une marchandise soumise.
L’article "Femme", sans négliger
la situation particulièrement désastreuse des esclaves de sexe
féminin, insiste sur le rôle important qu’elles jouèrent
dans les révoltes et les différentes formes de résistance
à l’esclavage. Il évoque la figure de la mûlatresse Solitude
(1772-1802) pendue pour s’être opposée au décret de rétablissement
de l’esclavage par Bonaparte. On croise ainsi de belles figures de femmes comme
Héva ou Niama à la Réunion, Louise à Madagascar.
Vie quotidienne, Danses,
Zombi, nous montrent que les hommes et les femmes
déportés d’Afrique, en conservant leur patrimoine culturel ont
permi la naissance de cultures métissées particulières
aux terres d’esclavage.
Insistant sur la déshumanisation que constitue l’esclavage, l’article
"X (identité)" insiste sur cette
"mort sociale" que constitue la perte du nom et la difficulté
qu’ont les anciens esclaves à retrouver une identité.
La société esclavagiste n’est pas non plus uniforme, comme le
rappelle l’article "Yabs". La population
blanche installée dans les colonies est multiple, des riches propriétaires
de plantation (les Grands Blancs) à ceux qui ne possèdent que
leur bras (les Petits Blancs), les Yabs comme les appelaient les réunionnais.
L’ouvrage serait incomplet si l’on n’y trouvait les articles classiques indispensables
 : Abolitions, Codes noirs,
Esclavage, Idéologies,
Toussaint Louverture, Productions,
Schoelcher et Traite négrière,
forts complets et qui permettent en quelques pages d’évoquer les notions
fondamentales sur ces thèmes.

L’iconographie abondante
et originale est complétée en fin d’ouvrage par une série
de cartes concernant la traite européenne.
Le vocabulaire simple mais non simpliste permet une approche facilitée
et offre aux élèves un ouvrage accessible compte tenu du thème
et des notions parfois complexe qu’il aborde.

Les annexes offrent des
compléments et des pistes pour un approfondissement du thème.
On y trouvera ainsi une chronologie qui met en parallèle, sur la période
XVIè-XIXè siècle, les grands événements du
monde et ceux qui concernent plus particulièrement l’histoire de la traite
négrière et de l’esclavage.
Une riche bibliographie (ouvrages généraux, ouvrages pour la jeunesse,
oeuvres de fiction, périodiques mais aussi catalogues d’exposition, publications
pédagogiques, outils audiovisuels et sites internet) vient clore cet
ouvrage et offre aux enseignants de nombreuses pistes pour l’exploitation pédagogique.

On pourrait regretter que
cet ouvrage se soit volontairement limité à une vision française
de l’esclavage, mais l’auteur justifie son choix dès l’introduction.
Il a voulu faire de cet ouvrage un prolongement de la loi française de
mai 2001 qui qualifie l’esclavage européen comme crime contre l’humanité
 ; un prolongement également de l’instauration du 10 mai comme journée
de commémoration nationale des esclavages.Cette commémoration
est particulièrement riche dans l’établissement de Z.E.P. ou il
enseigne, et auquel participent depuis deux ans des acteurs de la culture africaine
et métisse. Par cet Abécédaire, il apporte sa pierre à
la construction d’une histoire partagée entre les différentes
composantes de la nation française et offre aux enseignants comme aux
élèves un outil de compréhension. A eux d’inventer une
autre abécédaire pour compléter celui-là.


Présenté "pour tout public", l’Abécédaire
de l’esclavage des Noirs
est une source précieuse pour tous ceux
qui souhaitent découvrir ou redécouvrir ce sujet.


Dossier de presse à
télécharger au format .pdf :

CLICANOO, le journal de la Réunion - 16/08/07
PDF - 60.9 ko
Le Quotidien de la Réunion - 20/08/07
PDF - 92.6 ko
PDF - 226.4 ko
Témoignages - 28/08/07
PDF - 137.1 ko