Publié : 29 septembre 2007

DocSciences



une nouvelle revue pour actualiser ses connaissances scientifiques

Pour
tout renseignement : www.docsciences.fr


Les inspections générales et régionales de plusieurs disciplines
(enseignement primaire, Sciences de la Vie et de la Terre, Sciences Physiques
et Chimiques, Sciences et Techniques Iindustrielles, Histoire et Géographie),
le CRDP de l’académie de Versailles ainsi que le Centre National
d’Études Spatiales se sont associés pour donner naissance
à une nouvelle revue, DocSciences.

Celle-ci s’adresse en priorité aux enseignants de cycle 3 et de
collège et a pour objectif d’asseoir la mise en œuvre du socle
commun des connaissances et des compétences sur les acquis scientifiques
les plus récents. L’organisation de la revue reflète cette
ambition. Dans une première partie, des chercheurs de renom font le point
sur une question scientifique. Les articles font preuve d’un réel
souci de vulgarisation. Ils proposent, en outre, plusieurs documents accompagnés
d’une double présentation, l’une à destination du
professeur (DOCProfesseur) et l’autre à destination de l’élève
(DOCElève). Cette présentation peut être le point de départ
d’une exploitation pédagogique.
Enfin, les articles
sont efficacement complétés par des références,
notamment des liens vers des ressources numériques. Une présentation
du Centre national d’études spatiales complète ce premier
volet de la revue. La seconde partie (Portfolio) propose des pistes pédagogiques
pour étudier trois documents en classe. L’approche est résolument
pluridisciplinaire puisqu’à chaque document correspond une exploitation
disciplinaire (cycle 3, Histoire-Géographie, Sciences physiques, Science
de la vie et de la Terre, Technologie).

Paru en juin, le premier
numéro de la revue consacre son dossier scientifique à une question
d’actualité. En effet, le dossier « Observer
et comprendre le climat 
 » permet de mieux appréhender
le travail des scientifiques, les enjeux qui sont liés à leurs
thèmes de recherche et mettre ainsi en perspective les acquis scientifiques
récemment mis en avant par le rapport du GIEC.

  • Frédérique Rémy (CNRS, équipe de glaciologie de l’Observatoire Midi-Pyrénées) présente Le rôle de la cryosphère sur le climat. Dans cet article, elle montre pourquoi la cryosphère (glaces de mer, glaciers de montagne, neiges continentales, glaces polaires) est un acteur essentiel du climat. Elle s’attache aussi à démontrer l’instabilité actuelle de cette cryosphère, acteur et témoin du réchauffement climatique contemporain. La réduction des glaces et des périodes d’enneigement en Arctique témoigne de ce phénomène estimé responsable du tiers du réchauffement global.
  • Jean-Louis Fellous (CNES-ESA, Secrétaire exécutif du Comité mondial des satellites d’observation de la Terre) expose comment et pourquoi Observer le climat. La prise de conscience du réchauffement climatique et de ses conséquences est à l’origine de la recrudescence d’intérêt que suscite le climat. Son interprétation est complexe. Faire la part entre la variabilité naturelle du climat et les conséquences des activités humaines le montre suffisamment. Par conséquent, la fiabilité, la précision des mesures ainsi que leur collecte à une échelle globale deviennent une nécessité. Les observations satellitaires sont donc recoupées avec les mesures in situ. Les multiples données récoltées sont ensuite interprétées par des modèles numériques. Ce système d’observation est si complexe et coûteux qu’il requiert une coopération internationale.
  • Valérie Masson-Delmotte (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement) montre l’apport de la paléoclimatologie à une meilleure compréhension du réchauffement climatique contemporain. L’étude des « archives naturelles du climat » (cernes de croissance des arbres, coraux, sédiments, neiges, ...) interdit en effet de conclure que le réchauffement climatique est une simple manifestation de la variabilité du climat. Au contraire, il est une réaction brutale de la « machine climatique » à l’activité humaine, notamment à l’industrialisation.
  • Robert Delmas (Directeur du laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones, Université de La Réunion) expose le fonctionnement de La machine climatique. Il s’agit d’un système complexe alimenté par l’énergie solaire. La répartition de cette énergie varie, dans le temps, avec les paramètres orbitaux de notre planète. Les « enveloppes fluides » que sont les océans et l’atmosphère ont pour fonction de redistribuer cette énergie et permettent à la vie de se développer en assurant une diffusion à la fois lente (océans) et rapide (atmosphère) de cette dernière. Enfin, Robert Delmas insiste sur l’apparition d’un nouveau facteur explicatif du climat, l’Homme dont les activités produisent un « effet de serre additionnel » qui rompt l’équilibre climatique (bilan radiatif et température à la surface de la Terre).


Dans le Portfolio, trois documents sont exploités. Il s’agit d’un
photomontage du satellite Calipso, élément de l’A-Train
(regroupement de satellites d’observation du climat né de la coopération
internationale, notamment franco-américaine), d’une photographie
d’un iceberg « la grande arche de glace » prise
au cours d’une mission du Cnes dans l’Arctique canadien et enfin
d’une cartographie de la sécheresse de 2003 qui s’appuie
sur les observations du satellite Spot. Chaque document fait l’objet d’une
exploitation pédagogique disciplinaire sous la forme d’un questionnaire
accompagné de ses réponses. Il s’agit donc de pistes très
souples d’emploi et donc adaptables.

La complexité du
phénomène étudié, en l’occurrence le climat,
conduit à des explications qui sortent parfois du cadre des programmes.
Par exemple, dans l’exploitation du document cartographiant la sécheresse
de 2003, destinée à des élèves de 4e en Géographie
dans le cadre de l’étude des climats de la France, des facteurs
géologiques sont mis en avant pour interpréter l’inégale
répartition de la sécheresse. Il nous semble que la mise en œuvre
de telles explications prendrait davantage leur place dans un itinéraire
de découverte. La présentation de pistes pour mettre en œuvre
ces dispositifs serait intéressante pour une revue qui insiste sur l’aspect
interdisciplinaire de l’acquisition du socle des connaissances et des
compétences.

Outre sa qualité,
le coût modique de cette revue, sept euros, est un argument non négligeable.
Elle peut prendre toute sa place dans les Centres de Documentation et d’Information
des collèges et offrir ainsi aux élèves l’opportunité
d’approfondir certains sujets.

Le prochain numéro
sera consacré aux matériaux et au positionnement par satellite.

Cyrille Chopin,
professeur de collège de l’Académie de Rouen.