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Publié : 23 novembre 2006

Note relative à l’expérimentation informatique du collège Courbet de Gonfreville-L’Orcher


Depuis un an déjà, une classe de 5e du collège Courbet
de Gonfreville l’Orcher a été dotée par le Conseil Général
d’ordinateurs portables particuliers appelés « tablets PC ».
Ils sont composés d’un écran tactile, d’une batterie performante,
d’une base amovible contenant un lecteur DVD ainsi que d’un clavier WIFI (les
caractéristiques techniques précises sont disponibles ici :
http://extranet.fujitsu-siemens.com/france/public/fp/tabletpc/fp_stylistic_st502x_fr.pdf).


LA MISE EN PLACE DE L’OUTIL (partie technique)
Cette dotation importante est due à un contexte très favorable
 : la mairie de Gonfreville l’Orcher a entamé depuis quelques années
déjà un vaste chantier qui vise à relier gratuitement tous
les habitants à un réseau en fibre optique permettant l’obtention
d’un très haut débit Internet, bien supérieur à
celui que les principaux opérateurs proposent. Les premiers connectés
ont bien évidemment été les services municipaux, ainsi
que les écoles primaires du secteur. Le collège a également
obtenu son raccordement. Les possibilités offertes par cette liaison
optique ont naturellement entraîné l’intérêt d’autres
organismes : ainsi, la mission TICE de l’académie a trouvé opportun
de nous proposer de tester un espace numérique de travail, Scolastance.
Parallèlement, une classe de CM2 de l’école Jean-Jaurès
a été dotée par la mairie de PC. A son tour le Conseil
Général a été sollicité pour fournir un matériel
équivalent à notre collège ; ce fut chose faite fin août
2005.
Ainsi, dès septembre 2005, une classe entière de cinquième
s’est vue proposée de suivre son enseignement à l’aide de

l’informatique. M. Lahaye, enseignant les mathématiques, professeur principal
de ces élèves et attiré par l’informatique, ainsi que moi-même,
professeur d’histoire-géographie et d’éducation civique utilisant
depuis longtemps un PC pour rédiger mes cours et mes exercices, et animant
des ateliers informatiques au CDDP du Havre avons eu la charge de mettre en
place l’expérimentation, de former les élèves à
l’utilisation des ordinateurs ainsi que tous les collègues en exprimant
le souhait. Le reste de l’équipe pédagogique était composée
de personnels sinon à l’aise avec les ordinateurs du moins curieux de
les utiliser. Très vite nous avons articulé cette expérimentation
autour de trois axes techniques induits tant par des considérations déontologiques
que pratiques :
1. Doter les ordinateurs de logiciels gratuits et libres de droit. L’emploi
de Freewares était à la fois motivée par le prix exorbitant
de logiciels payants, la qualité impressionnante des logiciels trouvés
et la possibilité de les fournir à tous afin de faciliter les
échanges de fichiers entre les élèves et les professeurs.
2. Créer un réseau fiable. Par delà le simple transfert
de fichier, il s’agissait pour nous également d’agir directement sur
les écrans de nos élèves depuis notre poste. Nous avons
donc installé la version gratuite de la visionneuse VNC pour contrôler
plus facilement les machines des élèves.
3. Rendre impossible une utilisation inadéquate des ordinateurs par
les élèves
. Malgré nos avertissements répétés,
les élèves ont continué à modifier les caractéristiques
de leurs machines. Cette démarche d’appropriation de l’outil n’avait
rien de répréhensible en soi. Les jeunes élèves
ne décorent-ils pas leurs cahiers ? Au contraire même, elle permettait
aux enfants les moins à l’aise de se confronter sur un mode ludique et
volontaire aux arborescences, fichiers et répertoires qui les handicapaient
dans un premier temps. En fait, ce qui nous poussa à « geler »
les postes définitivement grâce au logiciel Deep Freeze, est que
la plupart de leur manoeuvres étaient mal effectuées et provoquaient
des bogues à répétition, ralentissant ainsi considérablement
la bonne marche du cours. Grâce au gel des machines, à chaque démarrage
l’élève retrouve donc un ordinateur vierge parfaitement fiable.
Ses dossiers personnels regroupés dans une partition dégelée
en permanence de leur disque sont quant à eux totalement modifiables.


L’UTILISATION DE L’OUTIL (partie pédagogique)

Après environ deux
mois de tâtonnements, nous avions une plateforme opérationnelle.
Néanmoins, certaines modalités posaient encore quelques problèmes.
Au cours du 2e trimestre une réunion s’est d’ailleurs tenue pour tirer
les premières conclusions de l’expérimentation. M. Dufils et M. 
Serand de la mission TICE étaient présents ainsi qu’un membre
du Conseil Général voulant connaître l’utilisation qui était
faite des PC.
Pour les points négatifs, nous avons surtout insisté bien évidemment
sur les dysfonctionnements des matériels qui rendaient rédhibitoire
leur utilisation. Nous avons eu en effet d’importants problèmes de connections
Internet, rendant souvent impossible l’utilisation de la plateforme Scolastance
 ; par ailleurs les ordinateurs des élèves et le réseau
- pour de multiples raisons - ne fonctionnaient pas toujours comme
nous l’aurions souhaité. Il était du coup difficile pour les collègues
néophytes de gérer à la fois les élèves et
leurs machines. Quant à nous, il était fréquent de passer
de longs moments à remettre les choses en ordre. Néanmoins, plus
l’année avançait et plus les élèves devenaient autonomes
 ; d’autant que M. Lahaye et moi-même les avions fait travailler sur un
mode d’emploi destiné à leurs camarades de la rentrée suivante.
Pour les points positifs nous avons mis l’accent sur l’apprentissage d’un outil
dont la structure interne permet d’organiser ses idées et dont l’utilisation
est désormais courante sinon dans la vie quotidienne du moins dans celle
professionnelle. Il était important en effet de montrer que l’Éducation
Nationale est en mesure de former nos enfants en adéquation avec le monde
contemporain en leur donnant la possibilité d’utiliser des outils informatiques
performants. Si ces arguments ont été entendus et appréciés
par les interlocuteurs de cette réunion, ils ne satisfont pas néanmoins
les collègues les plus gênés par l’informatique qui réclament
une plus-value en fonction de leur seule discipline. Bien sûr certaines
ressources en ligne sont très intéressantes et l’écran
tactile permet une exploitation vraiment satisfaisante des documents iconographiques.
Mais il demeure évident que cela ne suffit pas à rendre objectivement
intéressant l’emploi systématique de l’ordinateur, compte tenu
du coût de l’appareillage. En fait, il n’est pas toujours facile de mettre
en évidence l’aide qu’apporte cet outil à la gestion de la classe
et non pas uniquement à la matière enseignée. Car c’est
justement la fiabilité de l’installation qui rebute les professeurs qui
ont peur de se « mettre en danger » devant les élèves
en s’improvisant technicien réseau...

Or une fois stable, le
système mis en place permet un travail bien plus approfondi de la part
des élèves qui se trouvent en permanence sous le contrôle
de leur professeur. Gênés par le peu de possibilités de
la visionneuse VNC, nous avons en effet cherché un logiciel nous permettant
de véritablement contrôler les ordinateurs des élèves
et de communiquer facilement et simplement avec eux.
M. Lahaye a ainsi déniché Netsupport School, un programme payant
autorisant le transfert rapide, sécurisé et simultané de
plusieurs fichiers,
ainsi que leur collecte. Par ailleurs, son interface intuitive permet de bloquer
tous les ordinateurs placés sous le contrôle du chef de réseau
ou de limiter l’utilisation de certains programmes. Combiné à
l’utilisation d’un vidéo projecteur, cet outil rend la mise en valeur
du travail des élèves particulièrement aisée. Il
suffit de projeter l’écran d’un ordinateur dont on aura pris la main
pour montrer avec évidence les erreurs commises ou - plus intéressant
encore et surtout bien plus motivant pour l’enfant - montrer aux yeux
de tous un exercice réussi, voire une phrase de synthèse suffisamment
pertinente pour qu’elle constitue la trace écrite sur le cahier de tous
les camarades ! Quant à l’utilisation frauduleuse du PC durant un devoir
ou un exercice, elle devient tout simplement impossible via une multi-visionneuse
montrant simultanément toute les machines au chef de réseau. De
plus, projeter l’image de tous ces écrans en même temps sur le
tableau blanc est un bonne source d’émulation pour les élèves
(ils voient où ils en sont par rapport à leurs camarades) ; par
ailleurs le professeur peut d’un seul coup d’oeil, tout en naviguant dans la
salle pour aider ceux qui en ont besoin, connaître l’avancée de
la classe. Enfin, d’autres fonctionalités s’avèrent tout à
fait intéressante, comme la possibilité d’utiliser des sondages
pour pousser les élèves à faire un choix entre différentes
possibilités. Finalement, l’utilisation raisonnée du réseau
permet une maîtrise beaucoup plus fine des efforts des élèves
et une intégration complète de tous les individus de la classe.

Il est certainement encore
trop tôt pour bénéficier du recul nécessaire à
la juste évaluation de cette expérimentation.
D’ailleurs, je n’ai pu jusqu’ici partager mes impressions qu’avec très
peu de collègues, et l’ « échantillon » d’élèves
ayant bénéficié de la dotation du Conseil Général
est encore bien trop faible pour pouvoir établir des conclusions. Nous
avons donc décidé pour cette rentrée de réitérer
l’expérience avec une nouvelle classe de cinquième. Ce choix n’a
pas été évident, même si l’administration nous a
laissé toute latitude. D’un côté la tentation de continuer
avec des élèves connaissant les machines et devenus autonomes
était grande. On aurait pu ainsi déterminer avec plus d’acuité
le réel bienfait de l’ordinateur dans l’apprentissage des enfants. Mais
de nombreux collègues avaient fourni des efforts conséquents pour
travailler avec les PC sur le niveau de 5e, notamment en saisissant leurs exercices
sur un traitement de texte, où en construisant des séquences grâce
à l’utilisation d’Internet. Leur demander de poursuivre l’expérience
avec une classe de 4e aurait soulevé quelques boucliers, voire découragé
ceux souhaitant peaufiner leurs cours. Par ailleurs il aurait peut être
été difficile de faire comprendre aux élèves des
autres classes que seuls quelques « élus » aient eu le droit
de toucher ces ordinateurs qui suscitent toujours beaucoup d’émoi chez
les enfants passant devant la salle. Enfin, permettre aux professeurs de l’équipe
d’être à l’aise avec le matériel contribuera certainement
à leur faire apprécier l’aide apportée par les nouvelles
technologies dans la gestion de la classe.


Un autre problème doit être résolu. Jusqu’à aujourd’hui
les PC ne sont jamais sortis de l’établissement, car les modalités
de l’assurance fournie par le Conseil Général étaient trop
floues pour l’envisager sereinement. Nous avons donc décidé de
doter de machines que le collège n’utilise plus les familles de la classe
dépourvues de PC, afin que les élèves de cette 5e puissent
continuer chez eux le travail entrepris en classe. Cette nouvelle étape
apportera sans doute de nouvelles satisfactions à l’équipe impliquée,
permettra peut-être de convaincre les plus récalcitrants du bien-fondé
de notre projet, et nous donnera - je l’espère - le temps nécessaire
pour lancer et évaluer d’autres expériences informatiques et pédagogiques
à la fois.


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