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Publié : 19 août 2006

COLONISATION-DÉCOLONISATION-ÉMERGENCE DU TIERS-MONDE

Approche des programmes de Première
L-ES et de Terminale L-ES-S : historiographie, thèmes à étudier
et bibliographie.

par Charles-Edouard Harang, agrégé
d’histoire, docteur en histoire, lycée Raymond Queneau, Yvetot.

La promulgation de la loi du 23 février
2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale
en faveur des Français rapatriés », a suscité
de nombreux débats au sein de la communauté des historiens et
dans l’espace publique. L’article 4 a particulièrement alimenté
la controverse. Il stipule en effet que : « les programmes de
recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence
française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle
mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle
positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique
du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants
de l’armée française issus de ces territoires la place éminente
à laquelle ils ont droit ». À la suite de cette promulgation,
de nombreux historiens ont récusé la possibilité du législateur
de dire l’histoire. Les pétitions et les articles se sont multipliés
mobilisant alors la classe politique. Aussi, le 31 janvier 2006, le conseil
constitutionnel a déclassé l’alinéa 2 de l’article
4 en déclarant qu’il avait un caractère réglementaire
et non pas législatif.
Les professeurs de lycée ne sont pas à l’abris de ce débat.
Les programmes de première et de terminale abordent la question de la
colonisation et plus largement de l’émergence du Tiers Monde. Nécessairement
ces questions épineuses peuvent entraîner des interrogations chez
les enseignants, mais aussi de la part des élèves. Comment y répondre ?
Comment réussir à proposer un enseignement d’histoire qui
ne tombe pas dans le piège d’un devoir de mémoire ?
Comment aussi, articuler l’enseignement de l’histoire et la mémoire ?
Il ne s’agit pas ici de reprendre le débat. Mais, comme le remarque
très justement Annette Wieviorka, « le devoir de mémoire,
pour les professeurs de collège et de lycée c’est d’abord
le devoir de faire l’effort intellectuel de se mettre à niveau
sur le plan scientifique (...) car il n’y a pas de mémoire
sans travail historique préalable »(1).
De même Dominique Borne récuse le devoir de mémoire et rappel
que « lorsqu’un acteur ou un témoin, ancien déporté
ou ancien résistant vient dans une classe, ce n’est pas pour faire
un cours d’histoire, mais pour témoigner. Le cours d’histoire,
c’est l’affaire du professeur. (...) L’histoire dérange
et guérit tout à la fois. (...) Dans la classe, on ne fait
pas de devoir de mémoire. On fait de l’histoire »(2).
Cette petite fiche tente de répondre à ces réflexions.

1-Historiographie de la colonisation au XXème
siècle

L’histoire de la colonisation est passée par trois
phases successives. Jusqu’aux décolonisations, elle était
aux mains de personnalités engagées le plus souvent dans la mission
civilisatrice, des administrateurs, des gouverneurs, qui appartenaient au personnel
administratif, souvent issus de l’École coloniale. Cette histoire
avait un double objectif, informer les français sur les colonies et soutenir
la mission civilisatrice engagée par l’État. L’école
primaire était le lieu privilégié de son développement.
L’enseignement de l’histoire était mobilisé pour le
patriotisme et pour assurer la diffusion de l’esprit républicain.
Des années 1930 aux années 1950, cette histoire de la colonisation
mit avant tout en valeur l’aventure coloniale. Quelques ouvrages plus
critiques furent toutefois publiés, ceux de Charles-André Julien
sur le Maghreb, par exemple.

Une nouvelle génération d’historiens prit
le relais, à la faveur de la décolonisation et des indépendances.
Universitaires, ils étaient le plus souvent issus de la génération
algérienne, engagée dans la lutte pour l’émancipation,
si ce n’est l’indépendance. L’intérêt
se porta alors sur les mouvements de libération et les élites
nationalistes, sur les résistances (notamment par les travaux d’historiens
issus des anciennes colonies), ou sur les rapports entre la métropole
et les colonies. Influencée par le structuralisme et par les études
d’histoire économique et social, cette génération
réintégra également le temps long et les aspects économiques
dans les études d’histoire coloniale. Certes, leurs travaux relevaient
d’une démarche universitaire, mais ils n’étaient pas
exempts d’une dynamique tiers-mondiste, qui pouvait manquer d’objectivité.

La découverte des boat people, les débats autour
des actions humanitaires et des actions pour le développement au milieu
des années 1980 (3), précipitèrent
la crise du tiers-mondisme et le renouvellement des approches historiographiques.
Cette évolution fut accentuée par l’arrivée au cours
des années 1990 d’une nouvelle génération d’historiens
née après les indépendances. Mais c’est surtout les
travaux des anglo-saxons et des historiens des États anciennement colonisés
qui renouvelèrent les perspectives d’analyse. Sans être exhaustif,
cette période, qui se poursuit encore, est caractérisée
par l’analyse dite des post-colonial studies. Il s’agit de prendre
en compte l’idée d’une situation coloniale, c’est-à-dire
l’idée d’un champ impérial, matrice de la modernité.
La situation coloniale englobe tout : les rapports entre les colonisés
et les colonisateurs, entre la métropole et les colonies, la culture
coloniale, les répressions, les résistances, l’acculturation...Les
approches d’Edward Said sur les rapports entre l’impérialisme
et la culture ont été déterminantes. Nous renvoyons le
lecteur à ses pages consacrées aux romans de Kipling et à
ceux de Joseph Conrad (4).
Les Subaltern studies, autre approche, complémentaire, ont enrichi le
renouveau de l’histoire coloniale. Il s’agit d’un mouvement
d’historiens issus des anciennes colonies, qui a prit naissance surtout
en Inde, et qui cherche à redécouvrir l’histoire des peuples
et des sociétés avant la colonisation, des peuples pendant la
colonisation (et pas seulement des élites), enfin à rendre compte
de l’imbrication des sociétés coloniales avec la métropole.


L’histoire de la colonisation, de la décolonisation et de l’émergence
du Tiers Monde est donc actuellement enrichie d’approches qui rendent
compte de la complexité des phénomènes, d’approches
plus objectives, qui ont réussit à se défaire du contexte
politique dans lesquelles elles sont produites. C’est aux enseignants
ensuite d’en assurer la socialisation.

2-Les débats récents

Ce renouvellement de l’histoire de la colonisation se
déploie dans un contexte troublé par les discussions autour du
rôle du législateur, et de l’intervention d’associations,
qui cherchent à imposer la mémoire dont elles se sentent les dépositaires.
Mémoire des anciens du FLN, mémoire des pieds noirs, mémoire
des harkis, mémoire des descendants des colonisés, c’est
à une cacophonie des mémoires que les enseignants doivent faire
face.
Au-delà du débat plus général sur les rapports entre
l’histoire et la mémoire qui occupe les historiens (5),
l’actualité a été rendue complexe par l’enchaînement
de plusieurs faits, souvent indirectement ou implicitement liés. Il y
a eu les polémiques autour de la création de musées de
la France coloniale ou de l’immigration (Paris, Marseille), sur leur finalité
scientifique et sur leur gestion, l’affaire Dieudonné et l’instrumentalisation
de la mémoire de la Shoah, celle des Indigènes de la République
ou celle des associations de pieds noirs enfin celle des lois mémorielles
(6). Nous renvoyons le lecteur à la bibliographie
et aux multiples journaux qui sont revenus sur ces débats (7).

Les professeurs se trouvent alors piégés par une
actualité qu’il est difficile d’analyser avec recul et qu’il
est encore plus difficile de faire analyser à des élèves.
Les professeurs doivent sans doute faire surgir les mémoires de leurs
élèves pour ensuite passer à l’histoire. Il faut
donc assurer un enseignement qui repose sur des connaissances précises
et sûres, et qui sache prendre en compte les différents aspects
de la colonisation.


3-La place de l’histoire de la colonisation dans les programmes
d’histoire

Aucun des manuels de lycée pour la période 1988-2006
(8) ne cherchent à occulter l’histoire coloniale.
Dans les programmes d’histoire de 1988, de 1993, de 1997, la colonisation
et la décolonisation sont abordées. Certes, « l’histoire
de la colonisation est distincte de l’histoire de la décolonisation
et de l’histoire des pays indépendants » explique Valérie
Esclangon Morin (9). Il n’y a pas de continuité
ni au collège (la colonisation est étudiée en 4ème,
la décolonisation en 3ème), ni au lycée (la colonisation
est étudiée en 1ère , la décolonisation en Terminale) ;
et cette distinction est donc ancienne.

Cependant la récente réforme des programmes de
terminale générale a introduit deux aspects extrêmement
intéressants. Le premier est constitué du chapitre sur les mémoires
de la Seconde guerre mondiale en série L et ES. Le second est constitué
par les chapitres, en série S, traitant de la colonisation, de la décolonisation
et de l’émergence du Tiers Monde, enfin restitués dans leur
ensemble diachronique. Cette cohérence chronologique est à saluer,
même si malheureusement elle ne concerne qu’une seule série
en lycée. Nous pouvons regretter que la question sur la mémoire
de la Seconde guerre mondiale n’ait pas été proposée
aussi aux S, tout aussi intelligents et cultivés, que leurs camarades
de L et ES. De même, la cohérence du cours sur la colonisation
aurait eu tout autant d’intérêt pour les L et ES.
Ces remarques ouvrent la voie à une autre réflexion : si
l’histoire de la colonisation est aussi enjeu de mémoire, pourquoi
ne pas proposer un cours dans la logique de celui qui se fait sur la Seconde
guerre mondiale ? Une heure, en demi groupe, peut raisonnablement être
consacrée à ce thème. Une analyse de textes, manifestes,
lois, articles, peut permettre de balayer les enjeux et peut servir d’introduction
ou de conclusion au cours sur la colonisation-décolonisation-émergence
du Tiers-Monde.

L’analyse des programmes conduit aussi à prendre
en compte les approches proposées. Les angles d’analyse ont longtemps
étaient très restreints. La colonisation et l’impérialisme
étaient confondus dans les programmes. Le manuel Nathan 1ère (1988),
dresse un bilan du monde à la Belle Epoque et consacre plusieurs pages
à « l’impérialisme à son âge d’or ».
Dans le chapitre, « Les illusions des années vingt »,
qui fait suite au bilan de la première guerre mondiale, l’élève
était invité à lire plusieurs pages sur « l’Europe
en déclin ? ». La colonisation était donc abordée
en même temps que l’impérialisme européen, mouvement
plus général, et qui lui enlevait sa spécificité :
conquête puis organisation des territoires conquis et élaboration
d’une culture coloniale en métropole. Les analyses proposées
notamment celles sur les décolonisations, étaient essentiellement
analysées sous les angles événementiel et politique. Si
l’histoire peut-être simplifiée au collège, les lycéens
peuvent, au contraire, analyser la complexité des engagements et des
débats (celui sur la torture en Algérie par exemple).
En aval, la coopération puis la mise en place de relations Nord-Sud spécifiques
étaient envisagées dans des chapitres de la guerre froide et non
pas dans la continuité de la décolonisation. Par exemple, dans
le manuel Hachette terminale (1995), l’évolution du Tiers-Monde
dans les années 1960 est intégrée au chapitre sur la détente
et l’analyse du Tiers-Monde entre 1975 et 1985 est insérée
dans celui sur la guerre fraîche. La lecture historique, marquée
par la guerre froide, empêchait alors de concevoir les relations asymétriques
Nord-Sud (10), largement marquées par l’héritage
colonial (la politique de coopération française et plus généralement
les relations entre l’État français et les États
africains).
Indéniablement, la réforme de la série S a permis d’intégrer
les nouvelles approches historiographiques, essentiellement l’idée
d’une culture coloniale. Dans de nombreux manuels, des dossiers sont consacrés
aux zoos humains, à l’iconographie, à l’exposition
coloniale de 1931, enfin aux rapports entre l’art nègre et l’art
contemporain dans les années 1930 (11). Là
encore les heures en demi groupe en TS mais aussi en 1ère L ou ES et
les TPE de 1ère, peuvent être consacrés à ce thème.

4-Thèmes à analyser, liens avec d’autres
chapitres du programme d’histoire-géographie, pluridisciplinarité

Quelque soit le plan général, chronologique ou
thématique, ou les deux, il faut surtout éviter une approche événementielle
qui oscille entre valorisation implicite et dénonciation explicite.
Voici quelques thèmes à aborder :

-Tour d’horizon de l’Afrique et de l’Asie
avant la conquête :
évoquer la multiplicité des
sociétés et de leur organisation : des empires (Chinois,
Ottoman), des royaumes structurés (Vietnam, Madagascar, Inde), des peuples
plus ou moins organisés autour de villages,...Mais aussi les situations
économiques : certes de nombreux peuples restent attachés
à la chasse et à l’élevage-agriculture en Afrique,
mais d’autres sociétés ont atteint un niveau de richesse
comparable si ce n’est supérieur à celui de l’Europe
(Chine et Inde avant 1850). Les conditions de vie d’un paysan du Tonkin
ou de Chine, ne sont guère différentes de celles d’un paysan
du Massif central ou des Lowlands à cette époque (12).
-Les motivations de l’impérialisme (lire les ouvrages d’E.
Said et de H. Arendt, références ci-dessous)
-L’expansion et la conquête : les lieux, les moments,
mais aussi les résistances, les répressions.
-La culture coloniale, la mission civilisatrice (lire les ouvrages
de Blanchard, Bancel et Lemaire, références ci-dessous)
-Le système colonial dans les colonies, l’organisation des colonies
-Elites, échanges culturels, acculturation (ce qui permet de faire
le lien avec la décolonisation)
-Décolonisation, réaction des colonisés, mais aussi
des populations en métropole, rôle des élites colonisées,
mais aussi rôle des élites en métropole.

-Décolonisation politique, violences ou négociations, naissance
des différents États, rôle du contexte international (EU,
URSS, ONU).

-Emergence du Tiers Monde 1 : aspects économiques, aspects
politiques
-Emergence du Tiers Monde 2 : la recherche d’une identité :
neutralisme, affirmation culturelle...
-Du Tiers Monde aux tiers monde, aux Suds : liens avec le cours
de géographie.

Les liens entre ce cours et les autres chapitres du programme
sont assez nombreux et permettent de montrer aux élèves la cohérence
du programme, surtout en série S. Avec les relations internationales,
l’évocation de Suez, de l’ONU, de Bandung, de Nasser, enfin
des relations israélo-arabes peuvent faire l’objet d’un lien
avec colonisation-décolonisation. De même, le cours sur la France
de 1945 à nos jours (série L-ES) ou de 1958 à nos jours
(série S), permet de revenir à l’évidence sur la
décolonisation, notamment en évoquant 1958 et le retour de de
Gaulle, mais aussi l’immigration. Enfin en première, le parallèle
peut être fait entre la colonisation et la mise en place de la République,
notamment comment la France est devenue républicaine (rôle de l’école).
Le cours sur la mondialisation, peut être lié à celui sur
l’émergence du Tiers Monde à travers l’évocation
des chapitres sur les échanges, sur les Suds, sur l’IDH et le développement
(13).

Les activités pluridisciplinaires peuvent être
conduites avec le français-littérature ou l’anglais autour
d’une réflexion sur la culture coloniale, le système colonial d’une
part et les œuvres d’André Gide (Voyage au Congo,
1927), Louis-Ferdinand Céline (Voyage au bout de la nuit, 1932),
R.Kipling (Kim, 1901) ou Joseph Conrad (Au cœur des ténèbres,
1898-1899). Mais il est utile aussi de puiser dans la littérature francophone
à commencer par des extraits de livres importants : les premiers
d’Amadou Hampâté Bâ (Amkoulel l’enfant peul
et Oui mon commandant !) et le second d’Albert Mémmi
(Portrait du colonisé. Portrait du colonisateur, 1957).

De même en terminale, la culture coloniale peut être
étudiée en partenariat avec la philosophie, autour des thèmes
de philosophie « histoire, mémoire et idéologie »
ou « l’ethnocentrisme ». L’expérience
a été conduite au lycée Raymond Queneau pour deux classes
de terminale S au cours d’une matinée de 4 heures. Trois exposés
ont été présentés aux élèves :
le premier en histoire sur la culture coloniale de 1850 à 1939, les deux
suivants en philosophie sur les thèmes précités. Par la
suite, les liens entre les deux matières ont été réactivés
tout au long du cours d’histoire sur la décolonisation et l’émergence
du Tiers Monde. De même en philosophie, la projection de séquences
du film « Trois couleurs, un empire », commentées
par le professeur, a permis de poursuivre la réflexion.
Cependant les modalités pratiques (exposé, cours magistral, études
de documents ou autres) restent à l’appréciation des professeurs
et des disponibilités pratiques.

5-Bibliographie et sites Internet

Cette bibliographie n’est volontairement pas exhaustive.
Elle référence des ouvrages accessibles et qui permettent utilement
de faire le point sur les débats et les connaissances. Le site Internet
de la Bibliothèque Centre Pompidou (Bpi) propose également une
bibliographie en ligne intitulée « L’histoire coloniale de la France de 1871...à nos jours », 25 pages, dernière
mise à jours 31 octobre 2005.

en gras : références à
lire en priorité

Débat mémoire et histoire

-http://www.ldh-toulon.net/
 : De nombreux articles sur les débats suscités par la loi du 23
février 2005 ou par la création de musée de l’immigration.
-http://www.crdp.ac-reims.fr/ :
Dossier complet : « Histoire et Mémoire, enseigner la
mémoire ? ». En particulier lire les dossiers :
« Le rôle des enseignants dans la transmission de la mémoire » ;
« La spécificité de l’enseignement de l’histoire
et de la mémoire » ; « De la mémoire
des deux guerres mondiales à la mémoire de la guerre d’Algérie ».

-Esclangon Morin, Valérie. A propos du débat sur la
loi du 23 février 2005
. Texte disponible sur le site Internet :
http://www.communautarisme.net
, 9 pages.

-Liauzu, Claude. Colonisation : droit d’inventaire. Paris :
Ed. Armand Colin, 2004, 352 p.
-Liauzu, Claude. Immigration, colonisation et racisme : pour une
histoire liée. Hommes et migrations, novembre-décembre,
n° 1228, pp. 5-14.

-Rivet, Daniel. Le fait colonial et nous. Histoire d’un éloignement.
Vingtième siècle, janvier-mars 1992, n° 33, pp. 127-138.
-Suremain, Albane de. Histoire coloniale et construction des savoirs sur l’Afrique.
Texte disponible sur le site Internet de l’académie de Versailles :
http://www.ac-versailles.fr/ , 13
pages.


Enseigner

-Chalcou, Véronique. Enseigner la décolonisation
en classe de terminale. La mise à l’épreuve réciproque
des histoires mondiale, nationale, locale. In Moniot, Henri ; Serwanski,
Maciez. L’histoire et ses fonctions. Une pensée et des pratiques
au présent
. Paris : Ed. L’Harmattan, 2000.
-Chambarlhac, Vincent. En regard de la métropole. Enseigner
la décolonisation dans l’actualité du débat sur le
fait colonial
. Texte disponible sur le site Internet de l’IUFM de
Bourgogne, 11 pages.

-Ernst, Sophie. Le fait colonial, les lois de mémoire et
l’enseignement
. Texte disponible sur le site Internet : http://www.ldh-toulon.net/,
10 pages.

-Esclangon Morin, Valérie. Pour une relecture de l’histoire
coloniale
. Texte disponible sur le site Internet : http://www.ldh-toulon.net/,
6 pages.

-Hook, Marie-Claire ; Liauzu, Claude, dir. Transmettre les passés.
La responsabilité de l’Université.
Paris : Ed.
Syllepse, 2001.


Culture coloniale

-Ageron, Charles-Robert. L’exposition coloniale de 1931.
Mythe républicain ou mythe impérial ? In Les lieux de
mémoire
, Tome 1 : La République, Paris : Ed. Gallimard,
1984, pp. 561-591.
-Ageron, Charles-Robert. France coloniale ou parti colonial ?
Paris : Ed. PUF, 1978. 300 p.
-Arendt, Hannah. Les origines du totalitarisme. Tome 2 : L’impérialisme,
une pensée raciale.
Paris : Ed. Seuil, 1997, 348 p.

-Bancel, Nicolas, et al. Zoos humains, de la vénus hottentote aux
reality shows
. Paris : Ed. La découverte, 2002. 475 p.
-Blanchard, Pascal ; Bancel, Nicolas ; Verges, Françoise.
La République coloniale. Essai sur une utopie. Paris :
Ed. A Michel, 2003. 170 p.

-Blanchard, Pascal ; Chatelier, Armelle, dir. Images et colonies.
Paris : Ed. BDIC, 1993. 157 p.
-Blanchard, Pascal ; Lemaire, Sandrine ; Bancel, Nicolas. L’Afrique
noire inventée : de la première guerre mondiale aux indépendances.
Historiens et géographes, juillet-août 1999, n°367,
pp. 93-109.
-Blanchard, Pascal ; Lemaire, Sandrine. Culture coloniale.
La France conquise par son Empire, 1871-1931.
Paris : Ed. Autrement,
Collection Mémoires n°86, 2003, 246 p.

-Blanchard, Pascal ; Lemaire, Sandrine. Culture impériale
(1931-1961). Les colonies au cœur de la République.
Paris :
Ed. Autrement, Collection Mémoires n°102, 2004, 270 p.

-Chambarlhac, Vincent. Culture républicaine et République
coloniale (1879-1940). Le bain colonial.
Texte disponible sur le site Internet
de l’IUFM de Bourgogne, 16 pages.

-Girardet, Raoul. L’idée coloniale en France. Paris :
Ed. Pluriel, 1972. 332 p.
-Manceron, Gilles. Marianne et les colonies. Une introduction à l’histoire
coloniale de la France.
Paris : Ed. La Découverte, 2003. 313
p.
-Ruscio, Alain. Le Credo de l’Homme Blanc. Paris : Ed. Complexe,
2002. 399 p.
-Saïd, Edward w. Culture et impérialisme. Paris :
Ed. Fayard/ Le Monde Diplomatique, 2000, 555 p.

-Savarese, Eric. L’ordre colonial et sa légitimation en France
métropolitaine. Oublier l’Autre.
Paris : Ed. L’Harmattan,
1998. 298 p.
-Savarese, Eric. Histoire coloniale et immigration. Une invention de l’étranger.
Biarritz : Ed. Atlantica, 2000. 264 p.

Colonisation-Décolonisation

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Paris : Ed. Armand Colin, Coll. Cursus, 1991. 174 p.
-Ageron, Charles-Robert ; Michel, Marc dir. L’Afrique noire française :
l’heure des Indépendances.
Paris : Ed. CNRS, 1992. 723
p.
-Ageron, Charles-Robert, et al. Histoire de la France coloniale
1914-1990
. Paris : Ed. A. Colin, 1996. 551 p.

-Almeida-Topor, Hélène d’. Naissance des États
Africains.
Paris : Ed. Casterman, 1996. 127 p.
-Beoist, Joseph Roger de. L’Afrique Occidentale Française de
1944 à 1960.
Dakar : Ed. Les nouvelles éditions Africaines,
1982. 608 p.
-Benot, Yves. Massacres coloniaux. 1944-1950 : la IVe république
et la mise au pas des colonies françaises.
Paris : Ed. La Découverte,
1994. 191 p.
-Binoche-Guedra, Jacques. La France d’Outre - Mer, 1815 - 1962 - Paris
 : Ed. Masson Histoire, 1992. 246 p.
-Branche, Raphaëlle ; Thenault, Sylvie. La guerre d’Algérie.
Paris : Ed. La documentation française, août 2001, n° 
8022, 63 p.
-Coquery-Vidrovitch, Catherine, dir. L’Afrique occidentale au temps des
français, colonisateurs et colonisés 1860 - 1960.
Paris
 : Ed. La Découverte, 1992. 460 p.
-Domergue-Cloarec, Danielle. La France et l’Afrique après les
indépendances.
Paris : Ed. Sedes 1994. 400 p.
-Ferro, Marc dir. Le livre noir du colonialisme. XVIe -XXIe siècle :
de l’extermination à la repentance.
Paris : Ed. R. Laffont,
2003. 837 p.
-LES CHEMINS DE LA DECOLONISATION DE L’EMPIRE FRANÇAIS 1936-1956,
Colloque organisé par l’IHTP les 4 et 5 octobre 1984. Paris :
Ed. CNRS, 1986. 560 p.
-Marseille, Jacques. Empire coloniale et capitalisme français.
Histoire d’un divorce. Paris : Ed. Albin Michel, 1984. 456 p.
-Martin, Jean. Lexique de la colonisation française. Paris :
Ed. Dalloz, 1988. 394 p.
-Michel, Marc. Décolonisations et émergence du tiers
monde.
Paris : Ed. Hachette, 1993. 265 p.

-Paillard, Yvan. Les étapes de la colonisation de l’Afrique subsaharienne.
Historiens et géographes, juillet-août 1999, n°367,
pp. 137-150.
-Pervillé, Guy. De l’Empire français à la décolonisation.
Paris : Ed. Hachette, 1993. 251 p.
-Pervillé, Guy. L’Europe et l’Afrique de 1914 à
1974.
Paris : Ed. Ophrys, 1994. 151 p.
-Valette, Jacques. La France et l’Afrique. L’Afrique subsaharienne
de 1914 à 1960
. Paris : Ed. Sedes 1994. 312 p.

Emergence du Tiers Monde

-Brunel, Sylvie, dir. Tiers-monde, controverses et réalités.
Paris : Ed. Economica, Coll. Liberté sans frontière, 1987.
519 p.
-Burgel, Guy. Du tiers-monde aux tiers-mondes. Paris : Ed. Dunod,
2000. 120 p.
-Coquery-Vidrovitch, Catherine ; Forest, A. Décolonisations
et nouvelles dépendances, modèles et contre-modèles idéologiques
et culturels dans le tiers-monde
. Lille : Ed. PUL, 1986. 282 p.

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Notes :

  1. La spécificité de l’enseignement de l’histoire et de la mémoire, texte disponible sur le site Internet : http://crdp.ac-reims.fr
  2. Idem.
  3. Sur la crise du tiers-mondisme nous renvoyons aux ouvrages suivants : Lacoste, Yves. Contre les anti Tiers-mondistes et certains Tiers-mondites. Paris : Ed. La découverte, 1986. 143 p. Liauzu, Claude. L’enjeu Tiersmondiste, débats et combats. Paris : Ed. L’Harmattan, 1987. 136 p. Rist, Gilbert. Le développement, histoire d’une croyance occidentale. Paris : Ed. Presses de Science Po, 1996. 427 p.
  4. Said, Edward w. Culture et impérialisme. Paris : Ed. Fayard/ Le Monde Diplomatique, 2000, 555 p. Il y a ici matière à une étude pluridisciplinaire : histoire-français, littérature. Le roman de Joseph Conrad est intitulé Au cœur des ténèbres. Le film de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now, sur la guerre du Vietnam, est une adaptation de ce roman. Là encore une référence entre colonisation-impérialisme et guerre du Vietnam (cours sur les Relations Internationales) est évidente.
  5. Rappelons avec Gérard Noiriel que l’une des différence fondamentale entre la mémoire et l’histoire réside dans le questionnement adressé au passé.
  6. La multiplication des lois mémorielles relève de la surenchère politique. La place accordée à la mémoire de la Shoah, devenue le symbole universel de la lutte contre le racisme, a entraîné des jalousies et des revendications d’autres mémoires qui ne comprennent pas cette universalité. Les prises de position de Dieudonné d’un côté, des Indigènes de la République de l’autre, relèvent en grande partie de cette logique dans laquelle s’entrecroisent des situations sociales délicates, la difficile intégration de populations issues de l’immigration et la médiatisation du conflit israélo-palestinien.
  7. A lire : « La judiciarisation du passé et la promulgation de lois mémorielles », texte disponible sur Internet : http://crdp.ac-reims.fr , 12 pages. Ce texte facile d’accès, donne un compte rendu complet des différentes prises de position des historiens. Lire également Liauzu, Claude. Une loi contre l’histoire. In Le Monde diplomatique, avril 2005, 4 pages. Texte disponible sur Internet : http://www.monde-diplomatique.fr Enfin, lire Chandernagor, Françoise. Laissons les historiens faire leur métier. In L’histoire, février 2006, n°306, pp. 78-85.
  8. Nathan 1ère , 1988 ; Hachette 1ère 1994, Hachette Terminale 1995 ; Magnard Terminale 1999 ; Nathan 1ère S, 2003 ; Hatier 1ère L-ES, 2003 ; Hatier Terminale S, 2004 ; Hachette Terminale S, 2004 ; Nathan Terminale L-ES-S, 2004 ; Magnard Terminale L-ES, 2004.
  9. Esclangon Morin, Valérie. A propos du débat sur la loi du 23 février 2005. Texte de 9 pages publié sur le site www.communautarisme.net, septembre 2005, p. 2.
  10. Les années 1970 ne sont-elles pas caractérisées par l’émergence de nombreux éléments (crise économique, ethnicisme, intégrisme religieux) qui permettent de penser qu’elles ont été un tournant dans les relations internationales ? Dès 1983, Pierre Milza expliquait que l’année 1973 avait été un tournant dans un ouvrage au titre évocateur, Le nouveau désordre mondial.
  11. Dans le manuel Nathan Terminales L-ES-S : dossier « Le choc des cultures », pp. 156-157, et dossier Arrêt sur images : « Les zoos humains », pp. 160-161. Dans le manuel Hachette Terminale S, dossier « Expansion européenne et influences culturelles », pp. 152-153.
  12. Lire Davis, Mike. Les famines coloniales, génocide oubliée. Le Monde diplomatique, avril 2003. Texte disponible sur Internet : http://www.monde-diplomatique.fr, 5 pages.
  13. Cependant, il ne faut pas tomber dans la vision simpliste et idéologique d’un retard des Suds engendré par la seule colonisation.

 

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