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Publié : 28 mars 2006

1 - EN GUISE D’INTRODUCTION

REGARD SUR LA MONDIALISATION A TRAVERS LA CHINE

EN
GUISE D’INTRODUCTION

QUELQUES REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES QUI ONT SERVI POUR CET EXPOSE :

Pierre Veltz
 : Mondialisation, villes et territoires - Presses universitaires
de France
Ted Fishman : La Chine, 1ère entreprise mondiale
- Ed. Vuibert
www.cefc.com : Perspectives chinoises (un site
à consulter régulièrement : de bonnes contributions)
Doc. Française : Alternatives économiques
 : Hors série 59 1er trimestre 2004 : La mondialisation
Doc. Française : Documentation Photographique
 : La mondialisation en débat - Dossier n°8037
Géographie Universelle : la Chine
A paraître courant 2006 : Géopolitique de la Chine
de Lionel Vairon, professeur à l’Inalco de Paris,
conférencier à l’Institut des hautes études de défense
nationale et à l’École de guerre, spécialiste
de l’Extrême Orient. Certains des points de vue et des développements
qui vont suivre doivent beaucoup à un cycle de conférences
de Lionel Vairon suivi en 2005.

 

VOUS
AVEZ DIT « MONDIALISATION » ? Peut-être... mais qu’entendez-vous
par là ?...

UNE VITRINE ? dans une rue de Shanghai
UNE BLAGUE ?
« La mondialisation, c’est une princesse anglaise et son petit ami égyptien qui se tuent dans un tunnel français avec une voiture allemande, au moteur hollandais, conduite par un Belge, alors qu’ils étaient suivis par des paparazzi italiens montés sur des motos japonaises » (2003).

UNE
HISTOIRE D’ALLER ET RETOUR ?
par exemple celle des nouilles lamen
(1) :

  • fabriquées à
    la main et traditionnelles en Chine ;
  • introduites à
    Sapporo par un restaurateur chinois en 1923, d’abord produit recherché
    parce qu’exotique, puis devenues typiquement japonaises et populaires
    car bon marché dans le Japon affamé d’après guerre
     ;
  • perfectionnées
    par les Japonais : elles sont devenues instantanées ; leur fabrication
    a été mécanisée dans des usines... donc de
    moins en moins chères... et bien présentées dans
    de beaux emballages ;
  • délocalisées
    en Chine... ce qui abaisse le coût d’un paquet de pâtes
    de 5 fois... les mettant en concurrence directe avec les fabricants nippons,
    qui se rattrapent en vendant leurs machines ;
  • parties à la
    reconquête du marché chinois car les nouilles lamen apparaissent
    comme « japonaises » donc à nouveau exotiques ... tout
    en gardant une grande popularité au Japon car elles sont vendues à
    des « prix chinois » !...

UNE
COMPLEMENTARITE BIEN PENSEE ?
Prenons l’exemple de Netgear
,
fabricant d’accessoires bien reçus, faciles à installer
et jolis pour l’environnement des ordinateurs : modems, connexion Internet...qui
met sur le marché environ un produit nouveau par semaine !

  • en
    Californie dans la Silicon Valley
    Siège
    social
     : conception générale et marketing (marché
    mondial et spécifiquement américain)
  • à
    Taiwan
    :A l’origine production et aide
    à la conception technologique. Aujourd’hui maintien de
    la conception mais surveillance du transfert de la
    production vers...
  • ... la
    Chine : à Suzhou (Jiangsu)
    Usine ultra
    moderne, très souple, adaptée aux modifications
  • Et à
    Hong Kong : contrôle
    de qualité et achats

 

UNE
PETITE MISE AU POINT EST DONC NECESSAIRE...

  • Les économies
    concurrentielles issues du capitalisme n’ont aucun mal à survoler
    des frontières étatiques
    et à tout mettre en
    œuvre pour faciliter l’accès aux financements,
    aux ressources technologiques, à l’information, à la main
    d’œuvre ; pour développer les échanges par
    des importations moins coûteuses, des débouchés élargis...
     :
    • Mondialisation
      n°1 aux XV°-XVIII° siècles
       : les Grandes
      découvertes
      ouvrent les océans à l’Europe
      occidentale
      où triomphe le capitalisme marchand.
    • Mondialisation
      n°2 au XIX° siècle jusqu’en 1918
       : l’industrialisation
      et la constitution d’empires mondiaux sont suivies
      par le coup d’arrêt de la crise des années
      1930, la guerre de 39-45, la décolonisation et la bipolarisation
      du monde.
    • Mondialisation
      n°3 depuis 1990

       : l’économie devenue planétaire veut
      étendre les lois du marché à l’ensemble
      des ressources, naturelles ou humaines, exploitées ou potentielles,
      visibles ou virtuelles ... et accélère considérablement
      son rythme ...
      d’où une réduction des barrières
      entravant les flux internationaux, réduction voulue
      par les gouvernements en accord avec les organismes de
      régulation (FMI, Banque mondiale, OMC) qui encourage à
      la recherche du moindre coût, à la spéculation et
      aux profits immédiats
       :
      • pour
        le commerce
         : faible coût des transports,
        surtout maritimes ; chute spectaculaire du prix des télécommunications,
        du traitement, du stockage et de la diffusion des informations,
      • pour
        les investissements directs à l’étranger

        (IDE) : investir et produire ailleurs, soit pour pénétrer
        les marchés
        , soit pour profiter d’avantages
        locaux (salaires, fiscalité...)
      • sur
        les marchés de capitaux
         : diversification
        des portefeuilles boursiers avec des actifs financiers étrangers
        (cf. fonds de pension américains) ;
  • L’internationalisation
    des firmes
    est le
    résultat d’une concentration sans précédent
    • des ressources
       : tendance monopolistique afin de contrôler tout un processus de
      production ;
    • de la richesse
       : chiffre d’affaires ; investissements
       ; R&D ; travail pour des millions de salariés...
    • et du pouvoir
       : confusion des sphères économiques et
      politiques ;

dans un cadre paradoxalement
très mobile, incertain, fluctuant au gré d’une
conjoncture ultra sensible qui aboutit à une « 
économie d’archipels  » (2)
, opposant nantis et dépourvus, aussi bien à
travers le monde (cf. opposition classique et synthétique de « 
Nord » et « Sud ») qu’à l’intérieur
des pays par des déséquilibres régionaux, ou même
à l’intérieur des villes entre quartiers.

En tête de
cette 3ème mondialisation se trouvent bien évidemment les Etats-Unis,
superpuissance incontestée depuis l’effondrement des communismes.

QUE
LA CHINE SOIT TENTEE DE RELEVER LE DEFI DE L’HEGEMONIE AMERICAINE, C’EST
INDENIABLE.
EN A-T-ELLE LA CAPACITE ?... ET SI OUI, A QUEL PRIX ?

Un essai de réponse
à cette question est l’objet de l’exposé qui va suivre
et qui se fera en deux temps :

  • Une première
    partie se placera sur le plan économique
    pour souligner l’un
    des plus formidables essors de la dernière décennie
     : au rythme de croissance actuel de la Chine (autour de 9% par an), plus de
    la moitié de sa population atteindra, vers 2020, un stade de développement
    matériel comparable aux standards occidentaux.
  • La deuxième
    partie adoptera un point de vue plus géopolitique

     : la Chine est-elle cette nouvelle superpuissance en Asie
    Pacifique susceptible d’entrer en concurrence avec les Etats-Unis
     ? s’oriente-t-on vers une autre compétition bipolaire,
    facteur central des relations internationales de demain ?


(1) Fishman
p.142

(2) L’expression
est développée dans Veltz.