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Publié : 18 septembre 2005

Blois 2003 : Nouveaux regards sur la guerre d’Algérie

Débat animé par Raphaëlle Branche ; Note de M.-C. Cortial

NOUVEAUX REGARDS SUR LA GUERRE D’ALGÉRIE
Débat animé par Raphaëlle Branche, Gilbert Meynier, Benjamin Stora et Sylvie Thénault


 

« Un passé qui ne passe pas » Henry Rousso.

Depuis le début des années 90, plusieurs éléments ont permis de relancer les travaux historiques sur la guerre d’Algérie : ouverture des archives militaires, relance des témoignages des acteurs de la guerre (Pieds-Noirs, soldats), guerre civile en Algérie... Ces recherches s’exercent surtout en France, dans la mesure où les jeunes historiens algériens ont encore beaucoup de difficultés à avoir accès aux sources en Algérie et où une bonne partie des archives du FLN sont en métropole .
L’essentiel des recherches porte sur l’armée française (R. Branche : La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie) ou sur le FLN (G. Meynier) ; moins de choses sur l’administration (S. Thénault : Une drôle de justice) ou sur une autre histoire soutenue par B. Stora : La gangrène et l’oubli .
Les recherches de G. Meynier ont permis de clarifier le rôle du FLN : il prône la révolution en 1954 (en tant que combat sacré du même ordre que le djihad), il organise un front de résistance commun face au colonisateur sans permettre le pluralisme politique ; ses cadres sont ruraux pour la plupart et très religieux pour les cadres de base. Après le Congrès de la Soumman qui fixe en 1956 le cadre politique, le FLN est privé de ses cadres les plus marquants (élimination physique dans une lutte interne, arrestation des dirigeants historiques) : c’est alors la ligne dure, arabisante, qui va l’emporter et se conclure avec le coup d’Etat de Boumedienne en 1965.
La mémoire de cette guerre, du côté algérien, va donc se transmettre sur des mensonges d’Etat, des occultations diverses, jusque dans les manuels scolaires ; elle forge ainsi le mythe d’une identité algérienne arabo-musulmane, où la nation est représentée par le FLN. A l’heure actuelle, pouvoir du FLN et pouvoir de l’armée structurent l’Etat algérien et si crises il y a, celles-ci se transmettent directement à l’appareil d’Etat .
Par ailleurs, B. Stora affirme qu’en histoire contemporaine, la fiction permet d’approcher la réalité (Lacombe Lucien de Louis Malle pour l’Occupation) : il produit la série « Les années algériennes », et sur la chaîne Histoire, du 29 novembre au 5 décembre, une série d’entretiens « Conversations avec les hommes de la Révolution ».
Les besoins en recherche sont les suivants : les Juifs et la guerre d’Algérie, l’Administration, la société coloniale et les Harkis.
Deux thèses récentes sur les Pieds-Noirs :
Clarisse Buono, Comment les enfants de Pieds-Noirs regardent l’Algérie, EHESS, 2003.
Danielle Bossau, Mémoires des Pieds-Noirs, Stock.

Compte rendu réalisé par M.C. Cortial, Lycée Porte de Normandie, Verneuil-sur-Avre.

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