Vous êtes ici : Accueil > Ressources pour les enseignants > Se documenter > Ressources scientifiques > Blois 2003 : Conférence d’ouverture
Publié : 17 septembre 2005

Blois 2003 : Conférence d’ouverture

Conférence d’Adama Ba Konaré

CONFÉRENCE D’OUVERTURE

Adama Ba Konaré

 


Rappel historiographique : l’école positiviste au XIXe conduit à la négation de l’histoire en Afrique (cf. Lavisse). C’est après la Seconde Guerre mondiale que date la tradition orale est considérée aussi recevable que l’écrit. Dans les années 70/80, il y a une tentative de vulgarisation de l’histoire africaine. Le nationalisme africain répond aux nationalismes des colonisateurs. Il y a une sacralisation des chefs africains d’avant la colonisation dans un objectif de réhabilitation. C’est une histoire non distanciée et partiale.
Il y a eu depuis un recentrage sur les problèmes africains : continent des maux, des traumatismes de la faim, des dictatures. Les historiens doivent expliquer la genèse de ces maux.

Problème de la démocratie et de l’histoire de droit. L’Afrique est-elle incapable de l’instaurer ? Il faut rappeler le contexte colonial ; la France a mené une politique d’assimilation. Au Mali, les dernières poches de résistance à la colonisation ne sont réduite que dans la première moitié du XXème (touareg). Le peuple ne s’était pas débarrassé de ses rois. Les mentalités étaient attachées à la royauté. Encore aujourd’hui, le président est le chef du pays (au sens possessif du terme) et le possesseur du pouvoir (au sens coercitif). Le pouvoir a encore sa mystique. On voit encore la distribution de prébendes (comme autrefois la distribution du butin). Le népotisme est fréquent et traditionnel. Processus endogène.

Il ne faut pas oublier l’ingérence de l’occident. Le destin de l’Afrique n’est plus dans ses mains. Les aides au développement sont conditionnées par l’arrivée de la démocratie. On essaie d’imposer la démocratie à l’Afrique. On ne prend pas en compte la réalité africaine. On considère avec mépris la culture africaine. Des formes de totalitarismes en ont remplacé d’autres.
Les a-priori de l’époque coloniale existent encore : image du chef africain bourreau ; les chefs sont vus comme les méchants et les opposants comme des saints.

Le terrorisme se développe. Il n’est pas localisé précisément, n’a pas de QG. C’est un terrorisme délocalisé. C’est le temps de l’audace et de la démesure.
D’autre part, on a des manifestations à Seattle, Porto Allegre qui s’opposent à la mondialisation. Sur quoi va déboucher cette alliance de tous les désespérés de la planète ?

Le problème de l’immigration. L’Afrique ne peut pas vivre en vase clos. Oui à l’interventionnisme mais mesurée.
La démocratie a ses vertus. Ce n’est pas un luxe pour l’Afrique. Oui à la démocratie mais comme processus pas comme une valeur figée. « L’endogénéisation » du processus démocratique est un enjeu pour l’Afrique.

Téléchargez  !

Vous pouvez télécharger ce compte-rendu au format PDF :

 

Les fichiers PDF sont lisibles à l’aide d’Acrobat Reader. Si cet utilitaire n’est pas installé sur votre ordinateur, vous pouvez le télécharger sur le site web d’Adobe (toutes plate-formes) :