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Publié : 17 septembre 2005

Blois 2001 : L’urbanisme, des Lumières aux réalisations révolutionnaires et napoléoniennes

Débat animé par M. Dorigny. Notes de Chantal Cormont

 


L’URBANISME : DES LUMIÈRES AUX RÉALISATIONS RÉVOLUTIONNAIRES ET NAPOLÉONIENNES

 

Débat
organisé par les revues Dix huitième siècle
et les Annales de la Révolution Française.

Animé
par
M. DORIGNY
avec :
H. CUSSAC, spécialiste de Paris à travers
L-S. MERCIER ;
E. DUCOUDRAY, spécialiste de la période
révolutionnaire pour Paris ;
C. PETITFRERE, spécialiste de la période
révolutionnaire pour l’Ouest ;
D. TEYSSEIRE, historien des hygiénistes.


Synthèse :

Les
transformations urbanistiques, préconisées
au XVIIIe siècle par les hygiénistes des
Lumières, sont réalisées tardivement
(trente ans après la Révolution), car la
Révolution, impulsée par la ville, n’est
pas une révolution de la ville. Elle ne conçoit
ni n’entreprend de grands projets urbanistiques.
A titre d’exemple, les problèmes des rues et de
l’eau s’aggravent même.

Le
débat s’ordonne autour de deux thèmes :

-
L’urbanisme des Lumières : influence des hygiénistes,
perception de Paris, réalisations.
- La Révolution et la ville.

Développement
 :

L’urbanisme
des Lumières

L’influence
des hygiénistes sur les transformations urbanistiques
(D. Teysseire)

Devant
les mauvais résultats de la médecine d’attaque
pratiquée depuis le XVIIe siècle et reposant
sur la théorie des humeurs, la médecine
des Lumières se tourne vers Hippocrate et redécouvre
l’importance du milieu sur la santé publique.
Avec le néohippocratisme, apparaît une génération
de protohygiénistes qui, préoccupés
par la circulation de l’air et de l’eau, préconisent
l’ouverture de l’espace urbain, la construction de fontaines,
le transfert des cimetières hors de la ville.
Samuel Auguste André Tissot (Genève) est
un de ces médecins éclairés qui dénonce
les mauvaises conditions de vie du peuple comme causes
de maladies. Par ailleurs, le médecin Le Pecq de
la Clôture, l’architecte Nicolas Ledoux, des intendants,
écrivent des traités ou conçoivent
des projets hippocratiques.

La
perception de Paris par L.S. Mercier (H. Cussac)

Dans
ses tableaux de Paris, Mercier présente la ville
dans son ensemble et son hétérogénéité.
Sa vision est celle :
d’un homme du XVIIIe siècle. Epris de nature, il
conçoit la ville comme la campagne et critique
la ville.
D’un moraliste. Il condamne la débauche, mais il
admet que Paris est un lieu stimulant pour un homme de
lettres.
D’un promeneur. Il détaille tous les aspects de
la ville, s’intéresse à la circulation,
à l’atmosphère (" air vicié
"), aux spectacles de la rue.
D’un philosophe des Lumières . Comme Diderot, il
est fasciné par la dynamique humaine, est ouvert
au progrès et propose des réformes.
Mercier présente donc une image ambivalente de
la ville. Il oscille entre la répulsion et la séduction,
la dénonciation et la proposition de réformes
concrètes.

Une
réalisation du XVIIIe siècle : le transfert
des cimetières ( C. Petitfrère)

Au
XVIIIe siècle, la tradition était de se
faire enterrer dans l’église, pour des raisons
de foi.
Entre 1760 et 1790, on envisage de transférer les
cimetières hors de la ville, sur des " hauteurs
ventées ".
Les premières mesures sont prises en 1776 et sont
bien acceptées des populations. C’est le cas à
Tours.
La législation des cimetières est acquise
en 1812.

 

La
Révolution et la ville (E. Ducoudray)

La
Révolution n’a pas été celle de la
ville. Les révolutionnaires n’ont pas fait des
projets d’urbanisme audacieux, ni fait les transformations
nécessaires concernant :

-
Le réseau des rues. La Révolution a manqué
l’occasion de faire les percées radiales,
réalisables avec la sécularisation des biens.
- Les espaces centraux.
- L’alimentation en eau.
- Le nettoiement.
- L’éclairage.

La
Révolution française est politique. Elle
n’a pas traité l’urbanisme de façon radicale.

Le
problème de l’eau dans la ville (C. Petitfrère,
D. Teysseire, H. Cussac)

Il
y a dans les villes, à la fois pénurie d’eau
et d’eau propre.

-
La quantité d’eau disponible n’augmente pas pendant
20 ans (8 000 m3 de 1795 à
1812).
- L’eau vient des puits et des rivières qui sont
de véritables dépotoirs.

Cette
eau douteuse est distribuée exclusivement par les
porteurs d’eau, organisés en corporation.
A part à Montpellier et à Tours, on trouve
peu d’adductions d’eau à partir des sources.
Et il n’y a pas de pompage d’eau. La France est très
en retard dans ce domaine par rapport à Londres.
Pourtant, déjà à la fin du XVIIIe
siècle, les adeptes du néohippocratisme
mettent en relation la topographie médicale des
villes et leur situation géographique.
Dans les années 1780, les financiers ont tenté
d’obtenir un monopole royal pour drainer l’eau et l’acheminer
par pompes à feu dans les maisons. Mais ce projet
n’a pas abouti.

 

Débat
sur l’ambivalence de la ville et les rapports ville-campagne

-
La place de la ville.
La réflexion sur la ville idéale a été
plus poussée que celle sur la campagne.
- L’ambivalence de la ville, à la fois lieu mauvais
et lieu attractif.
Etre sociable au XVIIIe siècle est vivre en ville.
- Les rapports ville-campagne.
Les campagnes sont opposées à la culture
politique des villes.


Chantal Cormont,
Professeur certifié hors classe
Histoire-Géographie
au Collège de Buchy.

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