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Publié : 17 septembre 2005

Blois 2001 : De la peste au sida, le cheminement des épidémies

Débat animé par François-Olivier Touati. Notes de Chantal Cormont


DE LA PESTE AU SIDA : LE CHEMINEMENT DES ÉPIDÉMIES

 

Débat
animé par
François-Olivier Touati.

Intervenants
 :
Patrice
Bourdelais ; Pierre Guillaume, historien de la tuberculose
 ; Anne-Marie Moulin, historienne de la médecine
 ; Daniel Teysseire, historien des hygiénistes.

 

Présentation
 :

Les
épidémies sont des acteurs de l’histoire.
Au centre du débat, l’incidence de l’environnement
humain sur les épidémies et la place du
système de santé dans la lutte.

Les
grandes lignes directrices

I
Regard sur le cheminement des épidémies
 : les facteurs humains.

II
Le milieu comme facteur de causalité : l’émergence
de cette idée.

III
La responsabilité des politiques sanitaires.

IV
Bilan du XXe siècle : solutions, avancées.

Les
épidémies évoquées :

430
 : La peste d’Athènes (source : Hérodote).
541-545 : La peste de Justinien.
Moyen Age : Le mal des ardents (seigle ergoté).
1347-1348 : La peste noire.
La pandémie jusqu’en 1720.

Les
" pestes " : maladies infectieuses.
Depuis l’époque moderne : La syphilis.
XVIIe siècle : La petite vérole : la variole.
XIXe siècle : La tuberculose.
XXe siècle : Les nouvelles maladies.


Développement :

Regard
sur le cheminement des épidémies : les facteurs
humains

L’angoisse
des épidémies

Les
épidémies ont toujours angoissé les
hommes.
A la fin du XIXe siècle, avec les découvertes
médicales, on avait cru à l’éradication
des germes pathogènes. Pasteur s’attendait à
la disparition de la peste, de la rage et de la tuberculose.
Mais il annonçait aussi que " d’autres fléaux
viendraient ".
Actuellement, la mondialisation des épidémies
constitue une nouvelle source d’angoisse (A-M. Moulin).

Les
facteurs humains

-
Concernant les nouvelles maladies, on sait que les hommes
ont leur responsabilité dans les mutations des
germes pathogènes.

-
Concernant la peste (P. Bourdelais) :
La peste de 1347 est liée :
- au renforcement des échanges commerciaux dans
le bassin méditerranéen ;
- à la densité de la population en Europe
occidentale ;
- à la malnutrition.
- Concernant la tuberculose (P. Guillaume) :

La
tuberculose, responsable de 10% des décès
au XIXe siècle, est une maladie sociale qui touche
les pauvres.
Jusqu’à l’apparition du Rumifon (1954), la construction
de sanatoriums visualise le danger. Par la suite, elle
devient une " maladie silencieuse ".

 

Le
milieu comme facteur de causalité : l’émergence
de cette idée

D.
Teysseire souligne " l’obsession du milieu "
à l’âge des Lumières et la conviction
de pouvoir agir sur lui.
Les hygiénistes se préoccupent de la qualité
de l’air et réclament le transfert des cimetières
en dehors de la ville.
L’hygiénisme réhabilite le médecin
qui aide l’organisme à se défendre.

Dès
le XIXe siècle, on réalise que les conditions
de vie médiocres et le travail pénible ont
une incidence sur la tuberculose, ainsi que le milieu
sur le traitement. A ce sujet, P. Guillaume signale que
la Suisse et les régions atlantiques ont su vendre
leur soleil pour la construction de sanatoriums.

Anne-Marie
Moulin explique la recrudescence en Russie de la tuberculose
multirésistante, qui touche particulièrement
les prisonniers (10% des cas), par l’entassement carcéral
et le manque de suivi du traitement.

En
Afrique, la tuberculose est liée au sida.

Concernant
l’Angleterre, pays de l’hygiénisme, " l’assainissement
intérieur du pays " s’impose comme mesure
de protection. A ce sujet, P. Bourdelais rapporte qu’on
dénonce " les maisons meurtrières ".

En
Italie, la prise de conscience, dès la fin du XIVe
siècle, entraîne des mesures coercitives
 ; cordon sanitaire, quarantaine au lazaret, contrôle
des émigrants…

 

La
responsabilité des politiques sanitaires

Sur
les politiques publiques de santé, les intervenants
ont souligné :

-
l’adoption actuellement de stratégies éclectiques
(utilisation de plusieurs moyens pour lutter contre les
maladies).

-
L’importance du contexte politique. La stabilité
politique est nécessaire. Les progrès scientifiques
ne suffisent pas à assurer le succès.
A preuve, le réveil de la maladie du sommeil en
Angola, suite à la déstabilisation du pays.

-
Les décalages entre l’état d’avancement
de la médecine et les décisions politiques.
Exemple : On a encore construit des sanatoriums alors
qu’ils devenaient inutiles avec les antibiotiques (dans
les Pyrénées orientales en 1963).

-
L’importance de la demande sociale. L’offre médicale
ne suffit pas.
Exemple : L’expérience de l’U.R.S.S. et de l’Europe
centrale montre qu’au dessous d’un certain seuil de mortalité,
les préoccupations pour la santé ne sont
pas prioritaires.

Dans
le débat a été signalé l’importance
d’une volonté de santé publique pour avoir
des résultats. Ainsi au XVIIIe siècle à
l’échelle locale.

 

Bilan
du XXe siècle : solutions, avancées

La
prudence s’impose. On ne peut jamais se réjouir
trop tôt.

-
Il y a une ambivalence du progrès technique. De
nouvelles formes d’économie ont entraîné
de nouvelles épidémies.
Exemple : Le recul de la forêt tropicale entraîne
les fièvres hémorragiques.

-
La croissance de la population entraîne des risques
sanitaires.

-
Les mégalopoles risquent de devenir des foyers
importants pour les souches endémiques.

-
La vaccination pose de multiples problèmes.

 

Débat
 :

La
contradiction entre la logique économique et la
logique sanitaire a été soulevée.



Chantal Cormont,
Professeur certifié hors classe
Histoire-Géographie
au Collège de Buchy.

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