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Publié : 17 septembre 2005

Blois 2001 : La ville et l’environnement, de la révolution industrielle à la révolution automobile

Débat animé par J.-L. Robert. Notes de Chantal Cormont.


LA VILLE ET L’ENVIRONNEMENT : DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE À LA RÉVOLUTION AUTOMOBILE.

 

Animateur
 :
Jean-Louis
Robert.
Participants :
Mathieu
Flonneau ; Annie Fourcault ; Frédéric Moret.

Présentation
 :

Les
intervenants ont privilégié les mutations
dans les rapports et les différences d’appréhension
des phénomènes par les contemporains.
En montrant le cheminement des idées et la continuité
des problèmes entre les XIXe et XXe siècles,
ils ont apporté des nuances et des rectificatifs
sur maints sujets.

Les
grandes lignes directrices

I
Les rapports entre la ville et l’industrie.

Les nuisances urbaines.
La restructuration de l’espace urbain.

II
Les mutations des rapports entre la ville et la nature.

La vision des socialistes utopistes.
Leur influence sur les projets d’urbanisme ultérieurs.

III
L’action des pouvoirs publics.

La gestion tardive des problèmes de nuisances urbaines
par les politiques.

IV
La crise urbaine contemporaine.

Une crise à relativiser.

 

Développement
 :

Les
rapports entre la ville et l’industrie (F. Moret)

Autour
de la ville

Le
problème des nuisances urbaines : un phénomène
à relativiser.

-
Les nuisances urbaines et l’attraction de la ville sont
des phénomènes qui remontent au XVIIe siècle.

Avec
le passage progressif de l’atelier artisanal à
la petite manufacture, puis à la petite usine,
les contemporains ont vécu la pollution industrielle
comme une aggravation d’un phénomène qui
existait déjà.

-
La pollution n’est d’ailleurs pas liée uniquement
à l’industrie, mais aussi aux fortes densités
dans les villes.

-
De même, la désindustrialisation commence
à Paris au XIXe siècle (vers 1830), à
cause de la spéculation foncière.

La
ville industrielle : une nouveauté qui bouleverse
l’image de la ville classique (J-L. Robert)

Pour
les contemporains qui ont comme référence
la ville close, structurée par sa muraille et présentant
un intérêt esthétique, l’industrie
crée une destructuration urbaine. Ainsi se comprend
l’étonnement des voyageurs lorsqu’ils visitent
une grande ville industrielle anglaise, telle Manchester.

L’habitat
et l’usine : pendant un siècle, jusqu’en 1950-60,
les ouvriers souhaitent habiter à proximité
de l’usine.

Cela
se voit au Creusot : la cité ouvrière et
même les résidences des ingénieurs
se trouvent à proximité de l’usine.

L’exigence
de séparation de l’habitat et de l’industrie est
récente.

La
conquête de la ville par l’automobile (M. Flonneau)

Avec
la croissance du trafic (2 000 automobiles en 1900, 4
millions actuellement), l’automobile conquiert la rue,
voire les trottoirs et impose de nouveaux aménagements
et une réglementation pour la circulation.

1907
 : création du sens giratoire.
1937 : A l’occasion de l’exposition universelle, on tolère
le stationnement sur les trottoirs.
1960 : création de passages souterrains.

La
circulation entraîne une requalification de l’espace
urbain. L’automobile entraîne une sacralisation
de certains espaces et une disqualification d’autres endroits.
Délaissées par l’automobile, les berges
de la Seine à Paris, sont devenues romantiques.


La
mutation des rapports entre la ville et la nature (F.
Moret)

Les
utopies urbaines

Les
utopistes du XIXe siècle prennent en compte les
problèmes posés par l’industrialisation
des villes et refusent la grande ville.

Les
utopistes progressistes (Fourier, Owen) partagent avec
les autres le goût de la nature et aimeraient inscrire
le socialisme dans un cadre rural. Ils font d’ailleurs
l’apologie du travail agricole et de la vie à la
campagne.

Dans
leur ville idéale, de taille restreinte, les logements
sont ouverts sur la campagne. C’est l’idée du "
palais rural " et la ville à la campagne.

J.
Buckingham (influencé par Owen) propose une ville
idéale, Victoria, combinant les attraits de l’urbanité
et de la ruralité.

En
réponse à la pollution industrielle, ils
préconisent la mise à l’écart des
activités polluantes et annoncent le zonage (Howard).

La
prégnance du thème de la nature dans la
ville

En
Angleterre :

Comme
il est difficile de rénover le logement ouvrier,
on pense qu’il faut développer les jardins publics,
conçus comme régénérateurs
pour la population.

En
France :

Les
idées des utopistes (Owen) vont se concrétiser
dans l’entre-deux-guerres et aboutir à la création
des cités-jardins, d’abord pavillonnaires puis
avec un habitat collectif, telle la cité de la
Muette à Drancy, qui annonce un nouvel âge.
La réalisation de ces cités est contrôlée
par les pouvoirs publics et réalisée par
les H.B.M.

La réaction contre la ville ancienne, avec ses
rues étroites, va aboutir au modèle de la
ville fonctionnaliste.

 

L’action
des pouvoirs publics (M. Flonneau)

Concernant
l’hygiène, c’est à l’occasion des catastrophes,
telle que l’épidémie de choléra de
1832, que des mesures sont prises.

Concernant
l’environnement, ce qui frappe est le caractère
tardif de sa prise en compte par les autorités.
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, on le perçoit
comme une catégorie du social. Ainsi, l’insalubrité
définit la pauvreté.
Toutefois, des enquêtes de grande ampleur, comme
celles de Charles Bons à Londres en 1883, fournissent
un matériau statistique important pour faire une
étude.

Concernant
les nuisances urbaines et la pollution, il faut attendre
la seconde moitié du XXe siècle.
Et ce n’est qu’au lendemain de la première guerre
mondiale que les pouvoirs publics commencent à
pratiquer le zonage.

Les
mesures contre la pollution sonore et atmosphérique
se font attendre jusque dans les années 1970.

La
crise urbaine contemporaine

La
ville a toujours été en crise.
La crise urbaine actuelle est le résultat d’une
sédimentation de deux siècles. C’est une
crise liée aux mutations de la ville. Elle se pose
en termes de rapports entre l’homme et son environnement,
mais c’est aussi une crise des relations des hommes entre
eux.
C’est donc autant une crise sociale qu’une crise de l’urbanisme.

 

Débat
 :

Sur
l’avenir de la ville, une double réponse a été
donnée.

-
Dans la culture américaine, l’avenir de la ville
est aux nouveaux villages de maisons à la périphérie,
qui permettent aux ménages de se tenir éloignés
des problèmes de la ville.

-
Dans la culture européenne, on garde la nostalgie
de la ville-centre.


Chantal Cormont,

Professeur
certifié hors classe
Histoire-Géographie
au Collège de Buchy.

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