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Publié : 17 septembre 2005

Blois 2001 : Le beau paysage, d’hier à aujourd’hui, ici et ailleurs

Débat animé par Jean-Robert Pitte. Notes de M.-C. Cortial

LE BEAU PAYSAGE : D’HIER À AUJOURD’HUI, ICI ET AILLEURS

 

Animateur
 : Jean-Robert PITTE, professeur à l’Université
de Paris IV.
Participants : Louis-Marie COYAUD, professeur à
l’Université de Tours ; Yves LUGINBÜHL, Directeur
de recherches au CNRS ; Jean-Paul PIGEAT, Directeur du Conservatoire
international des parcs et jardins et du paysage ; Daniel
QUESNAY, photographe, Directeur de l’agence Paysages.


Réflexions sur le mot paysage

  • Il apparaît au 16ème siècle et désigne une peinture (terme italien). Le paysage ou l’environnement est donc sous un regard distancié, ce qui en permet la représentation. Cette représentation est variable suivant le lieu (les Chinois peignent le paysage depuis des millénaires) et le temps (les fresques romaines représentent des paysages qui ne réapparaissent en tant que tels dans la peinture qu’à la Renaissance). Mais au Moyen-Age, le paysage existe aussi (les jardins de monastères), il intègre l’homme au cosmos ou à la force divine.
  • La notion de beau est subjective. Pour un Français, un jardin doit être ordonné (jardin à la française), pour les Anglais, il doit recréer l’illusion d’une nature originelle (jardin à l’anglaise). En Europe, on ne conçoit d’espace urbain qu’organisé, aménagé (les rénovations hausmaniennes à Paris). Au Japon, le désordre urbain et le fouillis apparent des villes (Tokyo) sont beaux. ( " 5 propositions pour une théorie du paysage " Augustin BERQUE).
  • Il apparaît donc que cette notion de beau paysage est variable en fonction du temps et des groupes sociaux et que le regard étudié sur les paysages par les historiens est celui des élites. (Quid des autres groupes sociaux ?) Cette représentation du paysage est donc très variable. Exemple : (enquête CNRS) pour les classes jeunes, la campagne n’est pas un beau paysage (pollution, absence de repères identitaires), ce qui est beau, c’est la nature apparemment non contaminée par l’homme (grand nord, Amazonie, au passage apparition d’une culture télévisuelle type " Ushuaia ", ou le centre commercial en périphérie de ville (alors qu’on s’interroge sur la restructuration des entrées de ville..).
  • Le beau paysage, autre que le " naturel ", résulte presque toujours d’une construction humaine. Exemple : le paysage viticole est marqué par son économie  : peut-on dire qu’à une économie de qualité (équilibre entre différents éléments, ici le terroir, le climat et les hommes) correspond un paysage précis ou de qualité ? Exemple : les parcs d’Europe centrale construits pour le plaisir des yeux (Eligenstadt en République Tchèque ou Oranienburg en Allemagne) et souvent préservés.
  • La photographie comme outil d’analyse pour l’étude de l’évolution du paysage
    Le Ministère de l’Agriculture a crée un observatoire du paysage qui compare des lieux repères photographiés au début du siècle et actuellement, et en étudie l’évolution.
    NB : Ne pas oublier d’utiliser autre chose que les photos aériennes, instrument de puissance ou de rêve, mais de se pencher sur les photos prises à hauteur d’homme qui permettent d’inscrire le paysage dans la réalité et le vécu des individus.

    En
    conclusion, des réflexions de Jean-Robert Pitte
     :
    " On a les paysages qu’on mérite, les paysages
    nous ressemblent "
    " Le paysage indigne à hauteur d’homme est
    plus intéressant que le beau paysage "

    M.-C.
    Cortial

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