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Publié : 17 septembre 2005

Blois 2001 : Qu’est-ce que l’histoire de l’environnement ?

Débat animé par Robert Delort. Notes de M.C. Cortial

QU’EST-CE QUE L’HISTOIRE DE L’ENVIRONNEMENT ?

 

Animateur
 : Robert DELORT, professeur émérite des Universités
de Paris et de Genève
Participants : P. ALEXANDRE, chef de travaux à
l’observatoire royal de Belgique ; Georges BERTRAND, professeur
émérite à l’Université de Toulouse
II ; Giovanni CHERUBINI, professeur ordinaire à l’Université
de Florence ; Marcel JOLLIVET, professeur émérite
à l’Université de Nanterre.

En
préalable, quelques remarques de Michelle PERROT
 :

Ce terme
peut être circonscrit à la fois par l’espace
(préoccupation occidentale), par le temps : les représentations
de l’environnement ont varié au cours du temps, et
par les disciplines qui s’y consacrent : l’étude
de l’environnement se situe au carrefour de plusieurs spécialités
(Histoire-Géographie, Sciences de la Vie et de la
Terre, Sociologie, Anthropologie…) et plus particulièrement
pour le domaine historique, au carrefour de la micro et
de la macro histoire. La notion même d’environnement
porte à débat : s’il s’agit bien de l’interrelation
entre l’homme et le milieu avec toute la complexité
que cela suppose, on peut dire alors qu’on se trouve face
à la version moderne d’une question ancienne : le
rapport entre la société et la nature. C’est
donc une notion pleine d’incertitude d’autant plus difficilement
définissable que les historiens ont peu participé
au débat accaparé par les géographes,
les Sciences de la Terre et plus récemment par les
" écologistes ". Il faut d’autre part signaler
que l’histoire de l’environnement est récente et
découle de l’évolution des sociétés
occidentales après 1945 et de leurs interrogations
face au milieu.
Par ailleurs, est posé le problème de l’étude
des sources par les historiens. Ceux-ci doivent manipuler
des sources variées, dont la trace écrite
n’est qu’une des composantes, dont la manipulation leur
est parfois étrangère (éléments
végétaux), les historiens sont donc fréquemment
amenés à travailler en étroite association
avec d’autres spécialistes dont les Sciences de la
Vie et de la Terre.

Il
en découle des questionnements et des remises en
cause :

  • Comment peut-on analyser les paysages ou l’environnement actuel si on ne se réfère pas au passé, ou comment se méfier des évidences déterministes  ? Par exemple, le paysage des Monts Cantabriques en Espagne (versant sud sec) doit plus au système pastoral mis en place au 14ème siècle et qui a duré jusqu’au 20ème siècle ( grands troupeaux se déplaçant sur de vastes distances et appartenant à de grands propriétaires terriens, ce qui nécessite des terrains dégagés), qu’à l’apparente évidence climatique (versant sud peu arrosé). En résumé, " le mouton espagnol a brouté la montagne ".
  • Comment étudier l’enchaînement des phénomènes et des processus souvent complexes, sans faire appel à l’historien qui joue alors différents rôles dans l’analyse de l’environnement :
    • Vérifier la véracité des sources
    • Replacer l’événement dans le long temps historique. Exemple : La polémique actuelle autour des installations de type Seveso dans les périphéries urbaines.
  • Comment les sociétés humaines gèrent-elles leurs propres contradictions dans la gestion de l’environnement . Exemple : Mise en valeur des terres volcaniques potentiellement dangereuse.
  • Quelle représentation de leurs environnement se font les sociétés ?

Conclusion
La place de l’historien s’impose donc, comme une fonction
essentielle de contextualisation de l’élément
étudié.

M.-C.
Cortial

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