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Publié : 17 septembre 2005

À la découverte de la vallée de l’Eure : un musée en milieu rural, le musée de la Couture-Boussey

UN MUSÉE EN MILIEU RURAL : LE MUSÉE DES INSTRUMENTS À VENT DE LA COUTURE-BOUSSEY

http://perso.wanadoo.fr/musee.instrumental

Le village
de la Couture-Boussey est réputé dans le monde entier
comme centre de fabrication d’instruments à vent depuis
le XVII° siècle. Cette tradition, nous dit la jeune
conservatrice du musée fondé en 1887 et réaménagé
en 1982, remonterait au XVI° siècle. Une légende
locale raconte qu’au lendemain de la bataille d’Ivry remportée
par Henri IV sur les ligueurs commandés par le duc de Mayenne
(14 mars 1590), des habitants de la Couture-Boussey auraient récupéré
de nombreux fifres sur le champ de bataille et que les artisans
tourneurs sur bois de la région auraient commencé
alors leur production d’instrument en imitant ceux-ci. De fait,
il est plus certain que les débuts de cette production
sont dus à la proximité du Château d’Anet
qui fut pendant plusieurs années un des lieux de divertissement
et de fêtes de la cour royale et une des étapes sur
le chemin des châteaux de la Loire. Cet artisanat a bénéficié
non seulement de l’habileté des artisans locaux très
réputés dès la fin du XVII° siècle
(famille Hotteterre sur cinq générations), de la
proximité intermittente de la cour mais aussi de la présence
d’importants bosquets de buis, seul bois assez dense pour résister
aux manipulations que nécessite le jeu de la flûte,
du hautbois ou de la clarinette. Très vite cependant, les
ressources en buis se sont révélées insuffisantes,
les artisans ont alors eu recours à des bois exotiques
(ébène ou palissandre) dont l’importation fut facilitée
par l’arrivée du chemin de fer. Les industriels de la région
ont même fait preuve d’innovation en " inventant "
le maillechort, alliage de cuivre, de nickel et de zinc imitant
l’argent pour les clés et les anneaux particulièrement
adapté pour les instruments tels que la clarinette ou la
flûte traversière. Les ateliers de la Couture-Boussey
fabriquaient encore dans les années 1950 les trois-quarts
des clarinettes vendues dans le monde.

Aujourd’hui,
cette industrie (deux ateliers à la Couture-Boussey) survit
encore en se tournant de plus en plus vers le haut de gamme face
à une concurrence japonaise très forte utilisant
le plastique. L’expérience acquise a même permis
le développement d’autres secteurs industriels comme la
mécanique de précision.

Cependant
beaucoup regrettent l’inertie des autorités politiques
locales incapables d’envisager le développement d’un pôle
régional fondé à la fois sur les aspects
techniques et culturels de ce patrimoine. Ce pôle aurait
pour but d’asseoir la réputation mondiale de la région
pour les instruments à vent en essayant de la faire vivre
musicalement par l’organisation notamment d’un festival. Un premier
pas nécessaire serait la création d’un auditorium.
Il est ainsi regrettable qu’un musée consacré aux
instruments musicaux (une des plus importantes collections publiques
d’Europe avec environ 300 pièces (basson, clarinette, cor
anglais, fifre, flûte à bec, flûte traversière,
hautbois…) ne dispose même pas d’un lieu et que les
instruments restent en vitrine sans émettre un son.


Musée artisanal et industriel d’instruments à vent
( 27750 La Couture-Boussey)