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Publié : 17 septembre 2005

À la découverte de la vallée de l’Eure : Une reconversion agricole, la brasserie Hotteterre

UNE RECONVERSION AGRICOLE : LA BRASSERIE HOTTETERRE

http://hotteterre.free.fr/

La deuxième
étape de notre visite nous a conduit dans une ferme confrontée
à un problème de reconversion, où nous rencontrons
Madame Thiébault, propriétaire exploitant avec son
mari. Ce couple a acheté ce corps de ferme il y 26 ans
avec 30 hectares de terres. Il loue d’autres terres, ce qui porte
la superficie exploitée à environ 140 hectares.
Ils ont choisi de se consacrer à la grande culture (pois,
orge, blé, colza). Récemment leur entreprise s’est
heurtée à deux problèmes : l’échec
d’une tentative de coopération avec un voisin et un problème
de succession. En effet, les deux fils désiraient vivre
à la ferme. Pour permettre à l’exploitation de rester
rentable et de faire vivre leurs enfants, les exploitants ont
tenté il y a 4 ou 5 ans une reconversion selon deux axes.
Le premier est assez " traditionnel ", il s’agit de
développer l’activité touristique en aménageant
un gîte et des chambres d’hôtes. Le deuxième
est plus original puisqu’il s’agit d’installer une brasserie artisanale
utilisant l’orge de l’exploitation dans une région marquée
par le cidre. Cette brasserie n’occupe pour l’instant qu’un des
bâtiments de l’exploitation. L’orge est envoyé à
Lille pour être malté, c’est à dire germé
et séché pour la bière blonde ou germé
et grillé pour la bière brune. Ce malt revient à
Hotteterre où il est stocké au premier étage.
Au rez-de-chaussée, une grande pièce est consacrée
au brassage et à la fermentation. L’équipement est
moderne (avec des cuves pouvant atteindre 2000 litres) mais des
problèmes de coûts ont obligé l’exploitant
à se contenter d’un brassage manuel très pénible.
Cette bière est dite à haute fermentation. L’orge
qui donne le liquide alcoolisé et la couleur est brassé
et mélangé à du houblon pour le goût.
Le liquide auquel on ajoute de la levure fermente plusieurs semaines
dans une grande cuve et se décante. La bière est
mise en bouteille avec une autre dose de levure, ce qui provoque
une deuxième fermentation et permet une bonne conservation
du liquide sans pasteurisation.


Les exploitants font d’énormes efforts pour écouler
leur production (capacité maximale 2000 litres par semaine).
L’agricultrice démarche elle-même les épiceries
et les cafetiers de la région non sans se heurter à
un certain scepticisme, elle organise régulièrement
des visites de la brasserie avec dégustation, participe
à de nombreuses manifestations notamment dans les pays
fortement consommateurs du Nord, utilise internet pour la vente
par correspondance. On constate que le packaging a été
étudié avec soin. Le logo n’est pas sans rappeler
d’autres marques plus connues et utilise une gloire locale (le
musicien Hotteterre, flûtiste, contemporain et ami de Lulli,
Couperin et Charpentier) pour l’ancrage dans le patrimoine régional.
Il existe même des produits dérivés comme
des tee-shirts.