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Publié : 12 septembre 2005

Le couple guerre et paix au XXème siècle

Conférence de Monsieur Robert Frank, Université de Paris I. (Notes de M. Houel)


ENSEIGNER LE MONDE CONTEMPORAIN : GUERRES ET CONFLITS

LE COUPLE GUERRE ET PAIX AU XXème SIECLE
Université d’Automne de CHAMBERY – Académie de Grenoble
jeudi 24 - vendredi 25 - samedi 26 octobre 2002

Conférence du professeur Robert Frank (Université Paris I)

Notes
de M. Houel
Professeur au lycée Clément Ader
Bernay

 

Même
si le XXème siècle apparaît dominé
par la guerre et est parfois présenté comme
un « siècle de fer », la paix ne doit
pas être occultée dans l’étude
des relations internationales contemporaines.

I
Le XXème siècle : un siècle de guerre
et de paix
.

Lorsque l’on pense guerre au XXème siècle,
l’on songe naturellement aux deux guerres mondiales
responsables à elles deux de la mort de plusieurs
dizaines de millions d’individus. Néanmoins,
le caractère de la guerre peut être également
moins spectaculaire. Ainsi, bien que la guerre froide soit
avant tout une lutte idéologique entre les deux blocs,
des conflits meurtriers – pour ne retenir qu’un
exemple, citons la guerre de Corée – ont émaillé
les relations Est-Ouest.
La guerre semble donc avoir été une constante
du siècle dernier et c’est du reste une thématique
martiale qui sert à définir le plus souvent
la paix : « la paix, ce n’est pas la guerre
 ». Il semble donc que l’extraordinaire (la guerre)
devienne naturel tandis que l’ordinaire (la paix)
résulte d’une sorte de non-conformisme.
Comment faire en sorte que « les forces profondes
 » - selon l’expression de l’historien
Pierre Renouvin - soient orientées vers la paix ?
En fait, même si la guerre se trouve au centre de
l’étude des relations internationales contemporaines,
il existe aussi une histoire des paix au XXème siècle.
Dès la fin du XIXème siècle et plus
encore après la guerre de 1914-1918 et l’avènement
de la Société des Nations, la volonté
de paix est réelle et entend se définir par
le droit. Au cours de la première guerre mondiale,
Sigmund Freud commence à ébaucher une reflexion
sur le déchaînement de cette agressivité
collective. Pour le célèbre psychanalyste,
il semble impossible que les hommes arrivent à maîtriser
leurs « pulsions de mort » sauf à les
détourner vers des pulsions d’ordre amoureux
ou culturel !
En fait, à bien regarder, les notions guerre/paix
fonctionnent en parfait tandem. En effet, pourquoi fait-on
la guerre ? Pour avoir la paix et, dans ce cas, la victoire
par la guerre peut être le moyen d’obtenir cette
paix. Si pendant la période de guerre la notion de
paix n’est jamais absente, à l’inverse
lorsqu’il y a la paix l’on pense également
à la guerre pour la sauvegarder.

II
Qu’est- ce qui nourrit la guerre et la paix ?

Pour
étudier les relations internationales et plus particulièrement
le couple guerre/paix, l’historien peut exploiter
plusieurs grilles de lectures utilisées par les philosophes
qui ont tendance à considérer la guerre comme
un moyen de régulation de la paix et de la défense
du droit. Si l’on suit ce raisonnement philosophique,
la guerre - qui est déterminée par le rapport
de forces - ne peut déboucher sur la paix que lorsqu’il
y a hégémonie d’un des protagonistes
ou bien recherche d’un équilibre des puissances.
Ainsi, en 1648, le traité de Westphalie s’inscrit
bien dans la volonté d’une sorte d’ordre
européen en contrariant la toute puissance des Habsbourg.
En effet, les guerres sont issues la plupart du temps des
déséquilibres, qu’ils soient politiques
ou économiques, et il y a une sorte de balancement
continuel entre ordre et droit, guerre et paix.
Comment faire pour envoyer des hommes à la guerre
c’est-à-dire vers le risque de tuer ou d’être
tué ? Pour qu’une guerre soit acceptée
par ceux qui la font ou ceux qui la vivent par procuration
(à travers un être cher qui se trouve exposé
à un risque de mort) il faut qu’elle soit légitime
ou en tout cas ressentie comme telle. Cette légitimité
de la guerre peut être perçue par la nation
elle- même et/ou l’opinion internationale. Si
les Etats-Unis ont perdu la guerre du Vietnam, c’est
en grande partie parce-qu’au cours du conflit de nombreux
Américains ont considéré qu’ils
n’ avaient plus de légitimité à
continuer cette guerre.
La défense et la sécurité du territoire
connaissent également la guerre et la paix. Chaque
individu intériorise complètement le fait
qu’il faille défendre son territoire y compris
par la guerre. Durant le premier conflit mondial, c’est
toute une sorte de culture de guerre anti-allemande qui
s’est développée. C’est également
une banalisation du massacre, le fait que la fin justifie
les moyens. Il n’y a alors durant ces moments terribles
plus vraiment de place pour l’ordre, le droit et pour
la paix.

III
Quelques exemples de guerres et de paix

1.
A la recherche de la paix

Au cours du XXème siècle un important travail
de mémoire a été réalisé
afin d’en tirer des leçons profitables pour
la paix après les deux conflits mondiaux. Concernant
la guerre de 1914-1918, c’est dans les années
vingt que se développe un fort courant pacifiste
où domine l’idée que la paix doit être
maintenue par le droit. Après 1945, Roosevelt entend
permettre la régulation de la paix grâce à
l’ONU et à l’action notamment des cinq
gendarmes du monde représentés par les membres
permanents du Conseil de sécurité.Pour les
Américains, la paix, la prospérité
et la démocratie apparaîssent alors comme les
trois éléments indispensables pour la stabilité
du monde.

2.
La question de l’arme nucléaire

« Paix impossible, guerre improbable » disait
Raymond Aron, qu’en est-il réellement de cette
formule ? Bien que dans le cadre de la guerre froide la
course aux armements ait été censée
sauvegarder la paix, l’historien Georges-Henri Soutou
considère que la guerre est restée froide
pas seulement à cause de l’arme nucléaire
et que de l’équilibre de la peur créé
par cette arme nucléaire a plutôt accru les
risques de conflit. L’analyse de plusieurs documents
soviétiques - consultables aux Etats-Unis (Wilson
center) et sur internet - montrent en effet que la dissuasion
nucléaire n’était pas considérée
comme une protection absolue pour la sauvegarde de la paix
.

Comment
dans le droit international vivons-nous la chute du mur
de Berlin et la dislocation de l’URSS ? S’il
semble pour le moins hasardeux de parler de la « fin
de l’histoire », de nouvelles notions apparaîssent
comme le droit d’ingérence : la guerre du Golfe
et l’intervention au Kosovo pour ne citer que deux
exemples. Cette politique du droit d’ingérence
se poursuit aujourd’hui avec les déclarations
fracassantes de George W. Bush à l’encontre
de Saddam Hussein. Il reste que s’il ne faut pas être
en retard d’une guerre, il ne faudrait pas non plus
être en retard d’une paix.

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