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Publié : 12 septembre 2005

La Révolution française dans le programme de Seconde

Conférence de Monsieur Michel Biard, Université du Havre. (Compte-rendu d’Élise Dallier)

La Révolution française dans le programme de Seconde

Compte-rendu
de la conférence de Michel BIARD, Université du Havre,

le
12 décembre 2001

Michel BIARD débuta son intervention par un rapide commentaire du Bulletin Officiel et de l’intitulé du programme en classe de Seconde. Il fit clairement part de certaines de ses interrogations à ce sujet et fit donc profiter son auditoire d’un regard critique et averti sur une des périodes les plus fécondes en débats historiographiques.

Ainsi,
on commença par s’interroger sur la signification de l’intitulé du B.O.
« La Révolution et les expériences politiques en France jusqu’en
1851 ». Est-ce là la marque du « triomphe de Furet »
pour reprendre l’expression de Michel Biard ? « Enfin ! »
ou « hélas ! » ? On peut en effet regretter la place
très discrète faite, semble-t-il, à l’histoire sociale ... à la Soboul
peut-être.

Ensuite,
comment peut-on comprendre l’intitulé « mise en œuvre des principes
révolutionnaires » ? Michel Biard, reprenant et citant les
travaux de Timothy Tackett pour appuyer son raisonnement, attira notre
attention sur le fait qu’il n’y avait sans doute pas d’enchaînement
mécanique des faits dictés par des principes établis mais bien plutôt
parfois une « invention de la Révolution sur le terrain ».

Enfin,
avant de proposer une division chronologique et thématique possible
pour le programme, il insista sur la longueur de la période à étudier
et la nécessité, donc, d’établir clairement cette chronologie avec les
élèves. Passant rapidement sur la pertinence d’une fin de période fixée
en 1851 pour des raisons uniquement politiques (fin de la IIème République),
il se félicita de l’apparition - tardive ? - des aspects sociaux
dans les intitulés et s’interrogea sur la façon d’introduire deux questions
ajoutées au programme : celle des femmes et celle des esclaves.

Observant
la difficulté que semblent avoir eu les auteurs des différents manuels
qu’il avait pu consulter à présenter de façon logique et compréhensible
par les élèves cette longue et riche période, en un temps très court
de surcroît, Michel Biard nous communiqua une proposition de progression
pour une classe de Seconde. Son approche balaie souvent l’ensemble de
la période au programme, de la fin de l’Ancien Régime à 1851. Ce fut
l’occasion de rappeler la nécessité pour les élèves de maîtriser la
chronologie (à l’aide d’une frise élaborée en classe par exemple, complétée
ensuite par des fiches). Sept thèmes majeurs furent ainsi dégagés :

 

1.
Comment meurt une monarchie absolue ?
S’interrogeant d’abord
avec les élèves sur l’adjectif « absolue » qui caractérise
bien mal une monarchie alors affaiblie, il propose d’envisager trois
parties : 


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les crises de l’Ancien Régime (économique, sociale, politique,
financière)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
1789, « les Français ont la parole »


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les ruptures de l’été 1789 (on pourra y inclure les journées
d’octobre).

 

2.
Les principes de la Révolution.
On pourra ici partir de la Déclaration
des droits de l’homme et du citoyen (liberté, égalité, propriété) et
y intégrer les revendications sociales majeures. Trois parties sont
là aussi envisageables :


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
une liberté ... surveillée


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
égalité, propriété (les déclarations des droits de l’homme
et le code civil y seront étudiés)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les revendications d’une égalité sociale (de Babeuf à
1848 et les théories de Marx).

 

3.
Quels régimes politiques pour terminer la Révolution ?
Ce chapitre
pourra reprendre les idées des philosophes des Lumières sur la séparation
des pouvoirs. Trois parties : 


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
la Monarchie constitutionnelle (1789, la Restauration,
la Monarchie de Juillet)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
la République (la République démocratique, bourgeoise
ou plébiscitaire pour reprendre Alphonse Aulard)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
l’Empire.

 

4.
Les nouvelles structures de l’Etat.
L’enchevêtrement administratif
de l’Ancien Régime est assez facile à percevoir et il met nettement
en valeur la clarification apportée ici par la Révolution et l’Empire.
La proposition de cours tient en trois parties :


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les découpages du territoire


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
la rationalisation d’autres structures administratives
(justice, Eglise, fiscalité, école)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
centralisation ou décentralisation ? (des intendants
aux préfets).

 

5.
L’apprentissage de la politique.
Michel Biard insiste sur l’importance
de cet aspect dans la période étudiée : on passe de l’Ancien Régime
où la politique appartient aux élites à une vie politique réelle et
élargie. Trois parties :


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
le jeu politique au sommet ( les groupes et partis, la
partition droite/gauche, ...)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les voies de la politisation (les clubs et la presse)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les mouvements populaires.

 

 6.
Révolution refusée, Révolution niée.
Certains refusent la Révolution
dès le début mais une forme de « haine » persiste jusqu’au
XIXème siècle. Là encore, une réelle continuité dans notre période permet
d’envisager trois thèmes d’analyse :


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
refuser la Révolution


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
combattre la Révolution par les armes


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
faire disparaître la Révolution ? (les discours
de Louis XVIII peuvent servir de support).

 

 7.
Quel bilan social ?
Comment passe-t-on d’une société d’ordres
à une société de classes ? Comment analyser la poussée bourgeoise
et la fermeture de la vraie noblesse ? Trois points fondamentaux
peuvent être dégagés :


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
la fin du système seigneurial (la révolution paysanne
est un aspect fondamental et constitue un héritage notable de la Révolution)


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
la vente des biens nationaux (elle va aussi modeler fortement
l’économie rurale de la France du XIXème siècle).


·<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
l’esclavage peut enfin être intégré ici.

 

Pour répondre à
une question venue du public, Michel Biard acheva son intervention par
quelques indications bibliographiques :

  • Atlas historique de la Révolution française (dir. BONIN, S., LANGLOIS, C.). EHESS, 1987 (1er vol.). 11 volumes.
  • FURET F., OZOUF M., Dictionnaire critique de la Révolution française. Paris, 1988.
  • JESSENNE J.P., Révolution et Empire : 1783-1815.Paris, 1993. Collection Carré Hachette.
  • SOBOUL A., SURATTEAU J.R., Dictionnaire historique de la Révolution française. Paris, 1989.
  • VOVELLE M., La Révolution française, images et récits. Paris, 1986. 5 tomes.

 

Elise
DALLIER

PLC2,
Lycée Jeanne d’Arc

Rouen

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