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Publié : 12 septembre 2005

France : des milieux entre nature et société

Conférence de Madame Yvette Veyret, Professeur à l’Université Paris X (Notes de Thierry Lamiraud)

   

 

FRANCE : DES MILIEUX ENTRE NATURE ET SOCIÉTÉ

par Yvette VEYRET
 Professeur de géographie à l’Université Paris X

(A
propos de la nouvelle question de géographie au programme de première)

Compte-rendu
de la conférence prononcée à l’IUFM de Mont-Saint Aignan
le
5 mars 2003

Cette
conférence s’inscrit dans la mise en œuvre du nouveau programme de géographie
de la classe de Première.

En
introduction Mme Veyret propose une réflexion sur les rapports entre nature
et société résumée par le schéma suivant :

Atmosphère :
climat, temps

Biosphère :
végétation

Hydrosphère :
eau

Lithosphère :
roches relief, modelé

Mots
clés :
ressources, localisations, accessibilité, contraintes
à l’organisation spatiale et à l’aménagement, risques sur les paysages,
sur les sociétés ...

Trois
thèmes ont été ensuite retenus pour étudier la France : (Ils s’appuient
sur un certain nombre de documents rétroprojetés)


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
Un pays aux possibilités variées. Ce qui implique la notion
de ressource et de paysage au sens large. Les termes de contraintes et
d’atouts sont à manier avec précaution car ils sont liés à un contexte
socio-économique et technologique donné (ex des pentes et la neige en
montagne longtemps considérées comme des contraintes et qui constituent
aujourd’hui des atouts).


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
Un territoire très fortement aménagé : les espaces
ruraux, les forêts, les vallées, les villes (qui sont des espaces totalement
artificialisés).


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
La protection et la gestion des espaces au travers des différentes
échelles de réglementation
 : les directives européennes qui sont
de plus en plus importantes (directives liées à la P.A.C., Seveso II,
Habitat...), réglementation française en matière de parcs naturels nationaux,
régionaux, conservatoire du littoral, loi littoral, loi montagne...

<br
clear=all style='page-break-before:always'>

I.
La France, un pays aux possibilités variées.


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
Rappel d’un certain nombre des traits physiques du territoire
métropolitain
 :

Son
ouverture sur trois façades maritimes place la France en position
de finisterre qui favorise les échanges commerciaux.

Sa
position en latitude place la France dans le domaine tempéré, qui
se caractérise par des climats à saisons contrastées, par une relative
abondance en eau qui constitue une richesse.

Les
paysages morphologiques sont variés ce qui reflète la diversité
des roches, des sols et des milieux qui constituent autant de ressources
au sens large du terme.

Il
peut être utile d’évoquer le bilan d’eau associé à des ressources
qui sont inégalement réparties, des disponibilités variables selon
les saisons et des besoins différents selon les régions et les activités. 

Les
forêts périurbaines tout comme celles qui constituent plus spécifiquement
une ressource alimentant la filière bois peuvent justifier aussi
une approche environnementale importante (rappel : contrairement
aux idées reçues, la couverture forestière a augmenté en France,
elle est passée d’une superficie de 7 millions d’hectares en 1800
à environ 15 millions d’hectares actuellement, cette croissance
pose localement le problème de la fermeture des paysages).

Le
caractère tempéré du climat a été défini à partir de moyennes (trentenaires).
Cette « géographie des moyennes » a servi de référence
à l’aménagement de l’espace, mais elle se trouve régulièrement remise
en cause par les excès introduisant la notion de risques,
de crises  ; ces "temps forts" sont aujourd’hui
privilégiés dans l’analyse des milieux..

-
La notion de risque
peut se définir comme un danger qui
affecte un groupe humain et les aménagements qu’il a réalisés. Ce
que l’on définit aujourd’hui comme risque n’était pas perçu de la
même façon pendant l’Ancien régime où la majorité des hommes vivaient
dans la précarité, soumis aux calamités naturelles considérées comme
des épreuves envoyées par Dieu. Parmi les premières interventions
de l’Etat en faveur des sinistrés, on peut noter les dédommagements
accordés aux sinistrés lors de la crue de l’Oise en 1784. La Révolution
française constitue une étape importante car dans la Déclaration
des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 l’article 2 précise :" Le
but de toute association politique est la conservation des droits
naturels et imprescriptibles de l’homme ; ces droits sont la
liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ".
Avec le développement industriel et urbain, de nouveaux dangers
sont pris en compte ; en 1810 un décret impérial concernant
les manufactures susceptibles de provoquer des nuisances constitue
une première tentative de réglementation. La notion de risque naturel
proprement dit apparaît tardivement en 1982 se substituant à la
notion de "calamité publique". Pourquoi cette évolution ?

-
L’exemple de la montagne
peut donner des clés pour comprendre
l’émergence de la notion de danger. Pendant longtemps le danger
était accepté comme envoyé par Dieu et l’on tentait de se prémunir
par des processions ou la construction d’oratoires. Le constat de
la multiplication des dangers est lié à la croissance démographique
de la fin XVIIème et au XIXème . La torrentialité, l’érosion des
sols sont l’objet de discours catastrophistes et outrés dans le
but :


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
de faire émerger un corps de fonctionnaires des Eaux et
Forêts, à côté de celui des Ponts et Chaussées, qui justifie la
nécessité du reboisement.


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
De servir les intérêts des membres des associations créées
au cours du XIX ème siècle comme le Club alpin français ou le Touring
Club de France qui souhaitent la protection des paysages qu’ils 
fréquentent et apprécient.

Cet
exemple montre l’émergence d’un regard nouveau sur la montagne et
des conflits d’intérêts entre les premiers touristes soucieux de
préserver la "beauté" des paysages et les populations
d’agriculteurs et d’éleveurs accusés de les détruire. Cette opposition
s’est exprimée lors du débat sur la création du premier parc naturel
dans le massif de l’Oisans en 1906, ancêtre des parcs naturels établis
des décennies plus tard ou à l’occasion de l’adoption de la lois
de Restauration des Terrains de Montagne (RTM) 1882 (après des tentatives
un peu plus anciennes, en 1860 notamment) qui est à l’origine du
reboisement du Mont Aigoual par le forestier Fabre et d’autres massifs
des Alpes du sud Ainsi l’aménagement de la montagne passe sous
le contrôle de l’Etat.

Avec
le développement du tourisme la représentation d’une montagne sans
danger s’est imposée, elle a été diffusée par les affiches en particulier ;
en 1970 dans un article de la revue du Touring club de France Philippe
Lamour dénonce une telle vision. L’avalanche qui détruisit le chalet
UCPA à Val d’Isére le 10 février 1970 met en évidence l’ampleur
des processus et des dynamiques qui caractérisent les espaces montagnards
et en conséquence, attire l’attention sur les risques pour les populations.
Les autorités décident alors de cartographier les « zones d’exposition
aux risques du mouvement des sols » (les cartes ZERMOS) afin
de localiser les terrains menacés et de prévenir les risques. Mais
ces cartes n’ont aucune valeur juridique et leur utilisation en
matière d’aménagement demeure limitée.

Une
nouvelle étape fut franchie en 1982 avec la création de la délégation
aux risques naturels majeurs dirigée par le géologue et vulcanologue
Haroun Tazieff qui fait voter une loi sur l’indemnisation des catastrophes
naturelles attribuant du même coup une qualification juridique à
des processus naturels. Il faut préciser ici que le territoire métropolitain
est peu ou pas menacé par les risques naturels majeurs (pas de volcan
en activité, les rares séismes ont une faible intensité). En revanche
les risques d’inondations liés aux aléas climatiques sont fréquents
(la crue de la Somme en 2000 ou les inondations dans le Gard en
septembre et en décembre 2002). Dans le cas des massifs montagneux,
on ne peut que constater l’ampleur des moyens mis en œuvre par rapport
au nombre des victimes : entre 30 et 40 décès par an sous
l’effet des avalanches ; l’enjeu est d’offrir une bonne image ce
qui passe par une sécurité maximum des touristes clients qui fréquentent
les stations de sports d’hiver.

A
côtés des risques naturels la notion de risques technologiques
et industriels
s’est renforcée depuis les années 1980. Les
données sont disponibles auprès du ministère de l’Environnement,
de la DIREN ou de la DDE dans chaque département dans le cadre des
Dossiers départementaux des risques majeurs DDRM, établis par le
préfet assisté par la cellule d’analyse des risques et d’information
préventive. Ce dossier fournit les éléments pour élaborer le dossier
communal synthétique produit à partir du DDRM
. Le DCS est donc
un document réglementaire qui présente les risques naturels et technologiques
existant dans la commune, il est notifié au maire par arrêté préfectoral.
A partir du DCS, le maire établit un document d’information communal
sur les risques majeurs ou DICRIM qui enrichit en quelque sorte
le DCS des mesures de protection et de prévention prises par la
commune.

Comment
gérer les risques et les rendre acceptables car ils prennent de
plus en plus de place en particulier par le retentissement des médias ? 
Là encore le rôle de l’Etat est important : en 1982, la loi
a instauré les plans de d’exposition aux risques prévisibles qui
ont été remplacés en 1995 par les plan de prévention des risques
(PPR) dont l’établissement dans les communes ou dans le cadre
d’espaces plus vastes (plusieurs communes par exemple) ne va pas
sans poser des problèmes de conflits d’intérêts entre les acteurs
de l’aménagement.

 

II. Les milieux aménagés en France

 
Plusieurs types d’espaces ont été évoqués : les espaces ruraux,
les forêts, les vallées, les villes. Les milieux proprement naturels
n’existent pratiquement plus.


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les espaces ruraux. Le changement des méthodes culturales
dans le cadre de la PAC (la mécanisation, l’emploi des engrais et
des produits de traitement phytosanitaires) ont provoqué des problèmes
environnementaux :


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
érosion des sols laissés à nu durant la période hivernale
(il faut rappeler tout de même que l’érosion est un phénomène naturel,
elle peut parfois être aggravée par certaines actions anthropiques),


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
dégradation de la qualité de l’eau en raison de l’épandage
des lisiers dans les régions d’élevage intensif (là encore il ne
faut pas exagérer les problèmes car globalement la qualité de l’eau 
s’est améliorée si on la compare à ce qu’elle était dans les siècles
précédents, notamment pour les cours d’eau bordés dans le passé
par des activités artisanales, travail de la laine, des peaux..
et plus généralement pour les cours d’eau servant d’exutoire pour
les eaux usées urbaines).

D’autre
part le remembrement et l’arrachage des haies ont transformé un
paysage rural dont la physionomie pour notre région par exemple
datait du XVIIème siècle. Des mesures ont été prises dans le cadre
européen de la PAC, elles n’étaient pas forcément à l’origine destinées
à améliorer la gestion de l’environnement ; ainsi la mise en
place de la jachère à partir de 1992 visait d’abord à limiter la
surproduction céréalière. Peu à peu des réglementations touchant
à l’environnement se sont multipliées accompagnant des aides aux
agriculteurs développant des pratiques agricoles moins polluantes.
Dans les régions de grands vignobles la question de l’érosion des
sols est cruciale car ces terrains sont très chers, les sols sont
souvent fragiles et la pente aggrave encore l’effet du ruissellement.
Ainsi, dans le Beaujolais par exemple, où l’érosion menaçait les
arènes (formations superficielles meubles constituées de sable et
d’argile issus de l’altération du granite et qui ne portent qu’un
sol de faible épaisseur), les viticulteurs ont été amenés à établir
de nouveaux modes de gestion destinés à une bonne maîtrise de l’eau.
Ces modes de gestion mobilisent l’ensemble des acteurs et notamment
tous les viticulteurs concernés dans un bassin versant. Des chartes 
ont ainsi vu le jour pour réaliser des travaux visant à limiter
le ruissellement et l’érosion, elles impliquent des rapports nouveaux
entre les différents acteurs de l’aménagement.

 
- Les forêts. On a déjà évoqué l’extension du domaine forestier, 
il faut également préciser que la forêt est à tout à la fois un
"objet" naturel et anthropique. La forêt privée qui couvre
environ 88 % du territoire forestier est caractérisée par le morcellement
des propriétés, les forêts domaniales représentent 12% du total.
Outre l’intérêt économique (la filière bois) la forêt a d’autres
fonctions. Elle favorise l’infiltration de l’eau dans le sol, elle
réduit le ruissellement, elle a une fonction de coupe-vent, elle
constitue une réserve pour la faune et la flore. Si la déforestation
n’est pas une menace, il faut avoir conscience que la forêt est
fragile (comme le montre les incendies de la forêt méditerranéenne,
ou les conséquences de la tempête de la fin décembre 1999).

 
- Les zones humides. Les marais sont souvent considérés comme
des espaces "naturels" alors que se sont des espaces très
fortement aménagés (on rappellera que les marais de l’est de la
France, comme ceux de la vallée de l’Oise avaient très tôt été aménagés
dans un but stratégique, ralentir la progression des invasions).
Ce sont aujourd’hui encore des lieux de conflits d’usage et d’intérêt
entre partisans des basses eaux (agriculteurs, producteurs de peupliers,
chasseurs de gibier de terre) et partisans des hautes eaux (pêcheurs,
touristes, producteurs de roseaux, chasseurs de gibier d’eau).

 
- Villes et environnement. Les secteurs urbanisées regroupent
environ 80% de la population. Quelques aspects environnementaux
de ces espaces ont été évoqués brièvement : le paysage urbain,
la question des entrées de ville, le problème de la pollution urbaine
causée principalementpar la circulation automobile, la place de
la "nature" dans la ville.

 

III.
Des espaces protégés.

 
Il existe des dispositions nationales et des directives de l’Union
européenne transcrites dans le droit national :


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
les directives européennes. Deux exemples ont été
présentés.

Natura
2000 
constitue un réseau de sites protégés . Il a pour
objectif de préserver la biodiversité notamment dans l’espace rural
et forestier sans pour autant bannir toute activité humaine. 15%
du territoire selon le projet Natura 2000 devaient être concernés
par cette Directive adaptée à notre pays. En fait, en raison des
très fortes tensions que ce projet a suscitées parmi les différents
acteurs de l’espace rural, les 1000 sites retenus ne couvrent que
5% du territoire Lors de la tentative initiale d’application de
la réglementation, la concertation avec les différents acteurs
a été très insuffisante ce qui a conduit à la forte opposition enregistrée,
au recul quant aux surfaces initialement prévues et à un retard
considérable dans l’application de la Directive.

Les
directives qui concernent les risques technologiques Seveso
I de 1984 et Seveso II 1999
, portent le nom de la localité
d’Italie du Nord qui avait été touchée par un rejet de Dioxine en
1976. Cet accident a incité les Etats européens à se doter d’une
réglementation commune en matière de prévention des risques majeurs.
En France 372 sites sont classés Seveso et quatre régions comptent
plus de 30 sites : la Haute-Normandie, Le Nord - Pas de Calais,
Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes. Ces plans prévoient l’établissement
de cartes, la mise au point de plans de secours et la mise en sécurité
des installations industrielles. Mais cela n’exclut pas des risques
non prévus (ex l’accident d’AZF à Toulouse le 21 septembre 2001)
et pose le problème de l’expertise et de la vérification (par exemple
pour les centrales nucléaires). Plus généralement Mme Veyret précise
que trois principes sont retenus en matière de protection
de l’environnement : le principe de précaution, le principe de prévention,
le principe du pollueur-payeur.


-<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> 
la réglementation française.

Il
faut rappeler que le souci de protection des espaces date de la
fin du XIXème siècle avec la création aux Etats-Unis du parc de
Yellowstone en 1872.

En
France la loi de 1906, révisée en 1930, porte sur la protection
des monuments naturels et des sites étendus aux "œuvres de
nature". La loi de 1930 rend officielle la création de zones
protégées pour leur richesse animale, végétale, elle sera complétée
par la loi de 1976 relative à la protection de la nature qui définit
avec précision les réserves naturelles. Près de 150 réserves naturelles
existent sur le territoire.

Les
années 60 constituent une seconde étape avec la loi du 22 juillet
1960
qui prévoit la création des parcs naturels nationaux
. Au nombre de 6 sur le territoire métropolitain (Cévennes, Ecrins,
Mercantour, Pyrénées occidentales, Port-Cros, Vanoise) ils comportent
une zone centrale entièrement protégée et une zone périphérique
où des activités d’accueil du public sont réalisées. Ces parcs
doivent faire face à des problèmes liés à leur situation de sanctuaire
(isolement, prolifération d’animaux non souhaitée, fermeture des
paysages) et à l’afflux massif des visiteurs ( ex Port-Cros 220
000 visiteurs par an, les Ecrins 1 000 000 de visiteurs par an).

 En
1967
la création des parcs naturels régionaux complète
le dispositif. On en dénombre une quarantaine, ils concilient développement
économique et gestion conservatoire des paysages. A la protection 
s’ajoute le développement de l’accueil, l’éducation et l’information
du public sur le patrimoine naturel et culturel du parc. Les parcs
sont créés à l’initiative des régions. Ils disposent d’une charte
qui contient l’engagement de tous les partenaires, les objectifs
du parc, les moyens financiers mis en œuvre.( <a
href="http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/">www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr
)

Les
ZNIEFF (zones naturelles d’intérêts écologique faunistique et floristique)

sont des espaces définis à l’initiative du Ministère de l’Environnement
à l’issue d’une enquête menée par la communauté scientifique (Muséum
d’Histoire naturelle) entre 1970 et 1980. Il s’agit d’espaces reconnus
comme importants à la suite d’un inventaire floristique et faunistique
Prés de 13400 zones ont été recensées . Si l’inventaire des ZNIEFF
n’a pas de portée juridique, il peut permettre de prendre des mesures
de protection dans le cadre d’opérations d’aménagement du territoire
(plus d’informations sur <a
href="http://www.polee.grenet.fr/">www.pole.grenet.fr ).

"Le
désir d’accès à la mer pour la voir, et la toucher est un désir
extrêmement fort. La mer est sans doute le seul site dont le libre
accès est un véritable problème de nature politique
". Cet
extrait du rapport Piquart remis au gouvernement en 1973 par un
groupe d’experts de la DATAR, préfacé par Jean Fourastié, sonne
l’alarme d’une consommation trop rapide du littoral français et
recommande la création d’un Conservatoire du littoral. Le conservatoire
du littoral
est mis en place en 1975. Etabli à Rochefort, cet
établissement public a pour but la sauvegarde des espaces naturels
et des paysages sur les rivages maritimes et lacustres. Son action
consiste à acquérir à l’amiable, par préemption, par legs, des terrains
fragiles ou menacés de les remettre en état et d’en confier la
gestion aux communes ou aux associations. Au 1er janvier
2003, une superficie de 67 510 hectares soit 861km de linéaires
côtiers ont été acquis sur 5500 km de côtes au total. La loi
littoral
de janvier 1986 prévoit de limiter et de réglementer
les constructions à moins de 100 m du littoral tout en garantissant
le libre accès à la plage.

La
loi sur l’eau
du 16 décembre 1964 a établi le régime et la répartition
des eaux et la lutte contre leur pollution . Le territoire
a été divisé en 6 grands bassins hydrographiques correspondant chacun
à une agence de l’eau : Artois - Picardie, Seine - Normandie,
Loire - Bretagne, Adour - Garonne, Rhin - Meuse Rhône - Méditerranée
- Corse. Le découpage se fait selon la ligne de partage des eaux
des différents bassins versants. La politique de l’eau à été relancée
par la loi du 3 janvier 1992 visant à préserver et à restaurer
la qualité de l’eau en particulier par la généralisation du traitement
obligatoire des eaux usées d’ici 2005. La politique de l’eau en
France est très complexe en raison des multiples acteurs aux intérêts
parfois contradictoires : depuis 1790, la commune a la responsabilité
de la distribution et de l’assainissement de l’eau,. Les agences
de l’eau ne coïncident par avec les découpages administratifs,
la distribution de l’eau est une mission de service public mais
confiée à des entreprises privées, le principe du pollueur-payeur
n’est pas systématiquement appliqué...

Conclusion

Après
avoir rappelé l’importance du changement d’échelle et précisé que
notre région comporte de nombreux exemples des différentes situations
évoqués au cours de la conférence, Mme Veyret revient sur une idée
importante : la vision de la nature a beaucoup changé. D’abord
considérée comme un élément primordial objet de descriptions, d’inventaires,
centre d’intérêt des naturalistes, la nature, le paysage participent
à la construction du sentiment national (le tracé des frontières
revendiquées comme "naturelles"). Puis, dans les années
1980 notamment, la dimension physique a été quasi abandonnée en
géographie ; les "rugosités" liées au relief par exemple
ont été niées selon le principe que tout est aménageable. Depuis
quelques années on assiste à un retour des éléments naturels au
sein de la géographie sous l’effet des préoccupations écologiques,
du rôle des médias, du sentiment d’une dégradation, d’une rupture
des "équilibres". Cette évolution pose le problème de
la place de l’homme dans ses relations avec les éléments naturels.
Elle est aussi le résultat d’une vision citadine de la nature considérée
souvent comme un sanctuaire ou un terrain de jeu. Il faut se garder
d’une vision passéiste et du mythe du "c’était mieux avant ! !",
car les travaux sur l’air des villes ou sur l’eau (Jean-Pierre
Goubert : La conquête de l’eau 1986) montrent une incontestable
amélioration de la qualité. Pourtant de nombreux problèmes demeurent
et de nouveaux sont apparus (celui des changements globaux par exemple).
Il faut donc analyser l’évolution et l’importance des représentations
dans la relation entre nature et société et constater que les réponses
se font de plus en plus en terme de droit (national ou européen)
pour tenter de mettre de l’ordre dans les conflits d’intérêts et
d’usage.


'>Les ouvrages récents d’Yvette Veyret

-
L’érosion entre nature et société (coord)
Coll DIEM SEDES.1999

-
Géo-environnement
SEDES, 2000

-
Les montagnes. Discours et enjeux géographiques. <span
lang=EN-GB>(Coord) Coll DIEM. SEDES. 2001

-
Les fondamentaux de la géographie (avec A. Ciattoni)
Coll Campus.
Armand Colin 2003

-
La France : milieux physiques et environnement. (avec JP Vigneau)
Coll Cursus. Armand colin. 2000

-
Géographie physique. Milieux et environnement dans le système terre
.
Coll U. Armand Colin. 2002

Deux
numéros de la Documentation photographique

-
Géographie des risques naturels,
N°8023, Octobre 2001

-
France, milieu et environnement, (avec G. Hugonie)
N°7027, Février
1999

Notes
de Thierry Lamiraud,
Professeur au collège Michelet,
Bihorel (76) 

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