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Publié : 12 septembre 2005

Les images dans les sociétés démocratiques du XXème siècle : information ou manipulation ?

Conférence de Madame Annie Duprat, Profeseur des Universités à l’IUFM de Versailles. (Compte-rendu par Caroline Tambareau)

 

LES IMAGES DANS LES SOCIÉTÉS DÉMOCRATIQUES DU XXème
SIECLE : INFORMATION OU MANIPULATION ?

Conférence prononcée par Mme Annie Duprat.

 
Conférences universitaires en Histoire Géographie.
Mercredi 10 mars 2004 - IUFM de Rouen.

LA CONFÉRENCIÈRE :

Historienne moderniste, Annie Duprat a fait sa thèse sur les
caricatures contre Louis XVI, publiée en 1992 aux éditions
du Cerf sous le titre Le roi décapité : Essai
sur les imaginaires politiques
. Souhaitant poursuivre ce travail,
elle a étudié la période des guerres de religion
et de Henri III dans son mémoire d’habilitation, publié
sous le titre Les rois de papier chez Belin. Elle envisage
d’aborder par la suite le règne de Charles X.
Professeur des Universités (histoire moderne) à l’IUFM
de l’académie de Versailles, elle est également
l’auteur de l’Histoire de France par la caricature, Larousse,
1999.

ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES :

Il existe une énorme documentation sur ce thème, concernant
surtout les régimes totalitaires. Les exemples pour les pays
dits « démocratiques » sont moins nombreux, mais
ils existent...

Quelques ouvrages à signaler :

  • Alain Jaubert : Le commissariat aux archives, Barrault, 1986.
    Le titre s’inspire de « 1984 » de Georges Orwell. C’est le nom qu’Orwell avait donné au ministère qui avait en charge la propagande, les archives et l’histoire.
  • Marie Monique Robin : Les 100 photos du siècle, Ed. du Chêne, 1999.
    Cet ouvrage très intéressant, part du principe que l’histoire se construit avec des images, qui deviennent ainsi des icônes. Il s’attache également à préciser le contexte ou le destin de certaines photographies, destins qui sont parfois étonnants...
  • Sciences Humaines, Hors Série n° 43, décembre 2003/janvier-février 2004 :
    « Le monde de l’image », un excellent travail de vulgarisation de bonne tenue scientifique.
  • TDC n°732 « La photo de presse, le temps du doute » qui utilise pour sa couverture, une des « Cent photos du siècle  », qui est censée être LA photo de mai 68....
  • Christian Delage et Vincent Guigueno : L’historien et le film, Folio Histoire, 2004, évoque les rapports que les historiens entretiennent avec le film.
  • L’événement : images, représentations, mémoire de la Révolution française à nos jours, sous la direction de Christian Delporte et Annie Duprat, Edition Créaphis, 2003.

En guise de préambule :

Pour celui qui veut étudier sérieusement les films ou
les images, les difficultés se présentent immédiatement.
Non pas en raison de difficultés d’accès aux documents,
de visionnage ou de choix des films ( rendus beaucoup plus aisée
avec l’ouverture de l’INAthèque dans les locaux de
la BNF site Tolbiac), mais dans la démonstration, qui nécessite
la production d’extraits ou de photogrammes. Le problème
du droit à l’image se pose immédiatement. Quand
on travaille sur l’actualité, c’est encore pire,
car les prix sont parfois très élevés et les droits
difficiles à obtenir...

INTRODUCTION :

Pour présenter les images de propagandes dans les pays démocratiques,
la recherche documentaire pose problème. En effet, on ne connaît
que rarement le contexte d’une photo. Et les seules qui montrent
les manipulations concernent les régimes totalitaires ou le régime
de Vichy.

Cependant, on peut se tourner vers les images de télévision,
dont le cadrage ou la technique de prise du vue vont « faire dire
 » quelque chose aux images, sans qu’on puisse dire qu’elles
soient « trafiquées »...
A la télévision, le cadrage, l’éclairage
permettent souvent de déceler l’intention. L’interview
de Luc Ferry à l’automne 2003 dans le grand amphithéâtre
de la Sorbonne en est un bon exemple : le ministre était filmé
légèrement en contre-plongée et souvent en gros
plan. Ce type de cadrage focalise le regard sur les expressions du visage.
A la longue, le spectateur se lasse, est agacé. Ce type de cadrage
ne fausse-t-il pas les choses ?

En ce qui concerne la photographie, Il est plus facile de déceler
une manipulation quand on a été présent lors de
l’événement. Photographier un homme politique entouré
ou non de public change complètement l’impression laissée
par un meeting..... Si on était présent, on peut faire
la part des choses.

On peut également s’interroger sur le sens de l’expression
« voir la réalité » : on ne voit jamais « 
une » réalité mais on la lit au travers de notre
vécu.
Il faut donc toujours se poser des questions : Comment la photo a-t-elle
été faite ? A-t-elle subi un recadrage ? Changer le cadrage
peut changer son sens. Voir sur ce thème, l’ouvrage, déjà
ancien, de Claude Duneton Anti-manuel de français qui dès
la première page intitulée « Méfiez-vous
des extraits choisis » pose très concrètement le
problème. Un jeune d’origine africaine court, il symbolise
la noblesse du sport. Avec un cadrage moins serré, on constate
qu’il est en réalité poursuivi par des policiers...

La question qui se pose tout de suite est bien sûr : comment
savoir si une photo a été recadrée si on ne sait
pas qu’il existe une première photographie ? Car dans la
plupart des cas, on ne le sait pas......

Dans une première partie, nous allons observer et commenter
quelques trucages photographiques.
Puis dans une seconde partie, nous nous attacherons à la lecture
de quelques « images-culte »

I - ÉTUDE DE QUELQUES TRUCAGES PHOTOGRAPHIQUES :

Le trucage des images commence très tôt. Dans l’iconographie
révolutionnaire, on voit par exemple, après 1794, Marat
et Lepelletier de St-Fargeau disparaître et être remplacés
par des nuages autour d’une représentation de Rousseau.
.

Pour la photographie, outre le recadrage, il faut considérer
les trucages. Pour truquer une photo, quelques méthodes simples
 :

1 - Le maquillage du négatif.
On peut le gratter, le retoucher avec de la peinture. Un tel trucage
laisse des traces visibles, mais pas toujours...Sur la photo, avec
un peu de sens de l’observation, les traces sont visibles. On
peut par exemple avec profit comparer le nombre de pieds présents
sur une photo, le nombre de têtes et constater que cela ne correspond
pas toujours. Les élèves aiment bien ce genre d’exercice....

2 - Le trucage au développement :
Au niveau du développement, on peut modifier les temps de pose
et ainsi laisser dans l’ombre ou au contraire éclairer
certaines parties. Cela présente l’immense avantage d’être,
par définition, invisible sur le négatif.....

3 - Le découpage des négatifs avec collage d’un
autre négatif pour faire apparaître soit des personnages,
soit des lieux.

4 - Donner l’image comme étant une photo décrivant
le réel.
Certaines photos truquées vont ainsi s’installer comme
étant une image « d’époque », montrant
la réalité. Les photos des communards dans leurs cercueils
des frères Disdéri sont en réalité des photo
mosaïques.
L’exemple des frères Appert est également célèbre
 : ils avaient retouché des photos de l’incendie de l’hôtel
de Ville pendant la Commune, pour donner l’impression que de grandes
flammes s’élevaient du bâtiment, et avaient également
rajouté des pompiers. Cet incendie était à ajouter
aux crimes de la Commune. On a également, à cette même
époque une de leurs photos représentant l’exécution
des généraux Lecomte et Thomas, tous les deux devant le
peloton d’exécution alors qu’ils avaient été
exécutés séparément.

Quand le trucage est bien fait, le recours au négatif est indispensable,
mais souvent impossible, car il a très souvent disparu. Il a
la plupart du temps été détruit pour que l’on
puisse « créer » des archives.

Observons quelques exemples :

Exemple 1
La prise du Palais d’Hiver à Petrograd, le 23 octobre 1917.
Cette photo a été donnée comme étant une
photo de la prise du Palais d’Hiver. Mais l’angle de vue
est impossible puisque le photographe aurait dû se trouver au-dessus
des manifestants pour pouvoir faire cette photo. De plus on ne voit
pas les barricades.
En réalité cette photo date du 25 octobre 1920 et a été
prise lors d’une reconstitution pour un film. Un œil exercé
remarque aussi que sur l’une des photos, les fenêtres ont
été gouachées pour donner l’impression d’un
bâtiment éclairé de l’intérieur.

Exemple 2
Discours de Lénine le 25 mai 1919. Sur la même photo, retouchée,
on constate la disparition de Tibor Samuelli, juif hongrois et internationaliste.
De surcroît, on fait disparaître tout le décor autour
et on voit un Lénine solitaire. C’est un procédé
classique. Quand on veut construire une figure de chef, il faut lui
attribuer des vertus : il travaille beaucoup, il est solitaire et entouré
de « méchants », mauvais conseillers, femmes fatales....

Exemple 3
5 mai 1920 : Lénine à la tribune, avec dans les escaliers
de la tribune, attendant avant de prendre la parole, Trotsky et Kamenev.
A partir des années 30, ces deux derniers disparaissent, soit
par recadrage, soit par maquillage de l’image.
Vers 35/36 cette image sert de support pour un tableau, dans lequel
on a rajouté à la place qu’occupaient Trotsky et
Kamenev, un journaliste qui note les paroles de Lénine. Les deux
images présentées dans le livre d’Alain Jaubert,
Le commissariat aux archives, sont toutefois légèrement
différentes, la prise de vue est légèrement décalée.
On peut supposer qu’il s’agit de deux photogrammes issus
d’un même film.

Exemple 4
De Gaulle descendant les Champs Elysées est filmé par
les caméras des informations cinématographiques. Il a
à ses côtés Georges Bidault, que l’on voit
même faire des gestes pour faire reculer les cameramen. Sur les
photos, G. Bidault apparaît dans un coin de l’image. Opposant
à la politique algérienne du général De
Gaulle en 1962, il disparaît des photos des Champs Elysées.
On ne le voit donc plus que sous un jour négatif et on a même
du mal à avoir les images.

Exemple 5
23 Août 1939 : La poignée de main Staline / Ribbentrop
La photo qui paraît le 2 septembre 1939 dans l’Illustration
est très légèrement différente de celle
parue deux jours plus tôt dans le Berliner Illustrierte Zeitung.
On y voit en effet une cigarette dans la main gauche de Staline, ce
qui pour Hitler donne une image trop négligée de son allié.
Il a donc fait effacer la cigarette pour la parution en Allemagne. L’Illustration
choisit ( délibérément ou pas ? On ne le saura
sans doute jamais...) de conserver la cigarette.

Exemple 6
8 février 1962 : manifestation contre l’OAS à Paris.
La foule qui cherche à se protéger de la répression
policière se retrouve coincée contre les grilles d’entrée
de la station Charonne. Le bilan est lourd, 8 morts.
Cette catastrophe avait alors fortement marqué l’opinion,
quelques mois après les événements tragiques du
17 octobre 1961. La France est alors administrée et gouvernée
avec une très grande fermeté. Les libertés d’expressions
peuvent être suspendues à tout moment, eu utilisant l’article
16 de la Constitution, article que convoquera de Gaulle après
les barricades d’Alger. A l’époque de Charonne la
liberté d’expression avait été rétablie
depuis peu mais ceux qui ont vécu ces événements
ont eu beaucoup de mal à pouvoir en parler et l’information
est très contrôlée.
Publiée dans le livre de Benoît Frachon Au rythme des jours
( 1973 ), cette photo est grossièrement truquée. On a
dessiné un gendarme mobile et un corps allongé sur le
sol pour en rajouter à l’aspect dramatique. Etait-ce nécessaire
 ? Le nom de la station « Charonne » et les objets abandonnés
sur le sol auraient suffi à évoquer le drame...

Exemple 7
29 nov. 1963 : photo de l’Agence Diffusion Presse
Une des multiples manifestations au quartier latin. Pour sa parution
dans l’hebdomadaire communiste La Terre, on a rajouté une
matraque dans la main d’un policier et on en a gommé une
autre qui pendait à un ceinturon...

Quand on lit une image, il faut toujours être vigilant, toujours
se demander : qui parle à qui ? Et pour dire quoi ? Avec quelques
moyens ? Dans quel contexte ?

Exemple 8
6 février 1982 : Le Figaro magazine
La photo est surmontée d’un titre (« La France attise
le feu dans cette sale guerre... ») et ainsi légendée
 : Le massacre des indiens Mosquitos, farouchement anti-castristes (...)
[au] Nicaragua, au mois de décembre. Deux cents indiens furent
hachés par les grenades et les armes automatiques. Ni les femmes
ni les enfants ne furent épargnés. »
Cette légende imposée par le magazine nous impose par
la même occasion un contexte.
C’est un exercice intéressant à proposer aux élèves
 :
On leur donne la photo et on leur pose une série de questions
précises : que voyez-vous ? ( des corps et des flammes ) De qui
s’agit-il ? Où cela se passe-t-il ? Quand ? Pourquoi ces
corps brûlent-ils ?
Il faut insister sur le fait qu’on ne leur demande pas d’exprimer
leurs sentiments.
Ils en concluront facilement qu’on ne peut pas faire dire à
une photo autre chose que ce que l’on voit...
En réalité, cette photo a été détournée.
Son auteur, Matthews Naythons, a rapidement rétabli la vérité.
Cette photo avait été prise deux ans plus tôt au
Nicaragua. Il s’agissait d’une crémation de cadavres
réalisée par la Croix Rouge pour des raisons d’hygiène.
Un recadrage avait effacé la présence des médecins
et infirmiers.

Aujourd’hui, avec les traitements numériques, il devient
très difficile de déceler les trucages...
Nous en avons eu un exemple récent avec la publication d’une
photo du sénateur Kerry et de Jane Fonda censée avoir
été prise lors de manifestations contre la guerre du Vietnam.
Il s’agit en réalité d’un montage de deux
photos. L’agence de presse ( AP ) dont le log figure en bas à
droite de la photographie a vivement protesté, ce qui a causé
le scandale. Mais pour un trucage contemporain dévoilé,
combien passeront inaperçus ? .

Aujourd’hui on ne peut plus voir une image sans se poser de question.
Mais attention, ne plus croire à ce qu’on l’on voit
peut également ouvrir la porte à tous les négationnismes

II - L’HISTOIRE DES PHOTOS-CULTES

1936 - Staline et Guélia, ( David King collection ).
Cette photo, tirée à des milliers d’exemplaires
qui ornait les cabinets de médecine, les écoles...voulait
montrer l’URSS dans toutes ses composantes ethniques, ici les
bouriates.
En 1937 le père de la petite fille a été déportée
pour « préparatifs d’assassinat de Staline »
et sa mère assassinée en 1940 sur ordre du KGB, parce
qu’elle était la mère de cette enfant et qu’elle
aurait pu s’en vanter.

1946 - Gandhi au rouet, Margaret Bourke-White ( Life magazine/PPCM
).

A l’origine, cette photo devait représenter Gandhi en train
de filer, symbole héroïque de l’autonomie de l’Inde.
La photographe a rencontré beaucoup de problèmes techniques.
Puis Gandhi en a eu assez et il s’est mis à lire lorsque
la photo a été prise.

1960 - Le Che, Alberto Korda.
Cette photo a été prise à la Havane. La planche-contact
montre beaucoup de personnalités, Fidel Castro, de nombreux intellectuels,
dont Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.
Guevara est là aussi. Le photographe prend deux photos de lui,
mais ne les diffuse pas. Il les donne à un éditeur milanais,
Giangiacomo Feltrinelli qui les publie après la mort du Che en
1967, sous son copyright. Cette photo est mondialement connue mais son
auteur n’en a tiré aucun droit. L’affaire vient de
rebondir après la mort de Korda, parce que sa fille vient à
son tour de porter plainte contre Feltrinelli.

1966 - Les mystères de la vie, Lennart Nilsson ( Life
Magazine/PPCM ).

Cette photo est parue le 12 février 1966 dans Paris Match. Le
titre de l’article : « Un tabou est tombé »
Ce que Paris Match ne dit pas c’est que cette photo est celle
d’un fœtus mort, issu d’une grossesse extra-utérine
et photographié dans une solution saline.

1978 - Afrique du sud, Abbas ( Magnum Photos ).
Cette photo a été prise dans un centre de formation pour
policiers noirs. Il s’agit d’une commande du ministère
de l’information sud-africain. Au premier plan, le colonel, le
regard fuyant avec sa baguette, derrière, les soldats en baskets
et en shorts. Que dire d’une telle photo ? Les soldats sont correctement
alignés, mais ils semblent passifs sous le regard hautain du
chef. On peut lui fairedire tout et son contraire. Voir l’utilisation
pédagogique qui en est faite dans le TDC n°752, avec un questionnement
étrange posé aux élèves.

1980 - La guerre Iran - Irak, Henri Bureau ( Sygma
).

Cette photo, prise en 1980, a été réutilisée
en 1991, quelques jours avant le déclenchement de l’opération
« Tempête du désert ». Le photographe a un
peu mis en scène la photo en demandant à un soldat de
se retourner pour contempler le feu au loin, ce qui donne une sorte
de force intemporelle au cliché en faisant disparaître
les éléments d’identification (visage, insignes
sur les uniformes).

1997 : Massacre en Algérie, Hocine ( AFP ).
Cette photo prise après le massacre de Bentalha, a fait la « 
une » de nombreux journaux dans le monde. Elle montrait, d’après
la légende, le désespoir d’une mère ayant
« perdu ses huit enfants ». Elle devient très vite
une icône, une « Madone ». Dès que les informations
se précisent, on apprend que la femme, Oum Saad, n’a pas
perdu ses enfants, mais trois membres de sa famille et s’était
évanouie à la sortie de l’hôpital. Aussitôt,
on accuse le photographe de manipulation, puis il est mis hors de cause,
mais c’est la légende qui est incriminée. La femme
a par la suite demandé l’interdiction de cette photo :
« je suis algérienne, musulmane (...), je ne veux pas
être comparée à une madone qui est une chrétienne
 ». Elle a porté plainte contre l’AFP, mais, à
ce jour, cette photo circule toujours librement.

Compte rendu : Caroline Tambareau, membre du pôle
histoire-géographie de l’Académie de Rouen.

 

 
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