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Publié : 12 septembre 2005

L’émergence des idéologies au XIXème siècle

Conférence de Mr Jacques-Olivier Boudon, Professeur à l’Université Paris IV.

   

 
L’ÉMERGENCE DES IDÉOLOGIES AU XIXème siècle

par
Jacques-Olivier Boudon


Compte-rendu de la conférence prononcée
à l’IUFM de Mont-Saint Aignan
le 19 mars 2003

Le
1er XIX° voit l’ensemble de ces nouvelles idéologies
marquées par la révolution
<span
style='text-transform:uppercase'>f
rançaise. Le développement de la révolution
industrielle facilite l’émergence de ces principes (liberté individuelle,
liberté d’entreprendre)

 

<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>1-<span style='font:7.0pt "Times New Roman"'>  <span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>id<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>É<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>ologie contre rÉvolutionnaire ou le traditionalisme

<span
style='font-family:"Microsoft Sans Serif"'>Ce courant peut être à la fois placé
dans un contexte français mais aussi européen. Les traditionalistes
veulent éradiquer le passé révolutionnaire, dénoncent la philosophie
des <span
style='text-transform:uppercase'>lumières et condamnent le rationalisme
et le volontarisme.

La pensée traditionaliste va par la suite proposer un modèle de société, cf. <span style='text-transform:uppercase'>louis de Bonald : Théorie du pouvoir politique et religieux de la société civile en 1796 et Jules de Maistre : des considérations sur la France en 1796. Ils envisagent la construction d’une contre société à partir d’une vision traditionaliste de l’histoire. La Réforme représente alors le début de la décadence qui continue au XVIII°. Pour les traditionalistes, dieu est à l’origine des Etats, une bonne monarchie doit donc être théocratique. Cette idéologie a un grand succès en France, particulièrement au début de la Restauration.
Le courant traditionaliste voit ensuite l’émergence d’un courant catholique social qui n’est pas exclusivement traditionaliste. Ce catholicisme social veut combattre les effets de la révolution Industrielle et voit son apogée dans les années 1870.
On assiste à une résurgence de ces courants à la fin du XIX° avec le mouvement Action Française qui se structure pendant l’affaire Dreyfus. L’Action <span style='text-transform:uppercase'>française voit dans la <span style='text-transform:uppercase'>république le fruit de la révolution française et dans le XIX° une période de décadence.

Ce
courant reste minoritaire, mais perdure jusque dans l’entre deux
guerre..

 

<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>2-<span style='font:7.0pt "Times New Roman"'>  <span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>le libÉralisme

<span
style='font-family:"Microsoft Sans Serif"'>Le XIX° est l’âge d’or du libéralisme.
Ce courant n’est pas propre à la France, mais le libéralisme français
est un libéralisme plus politique qu’économique. (Mise en avant
des conquêtes des libertés et de l’avènement constitutionnel)

Les libéraux français analysent la révolution et en tirent des leçons (primauté de la liberté individuelle sur la liberté politique..), ils défendent le bicamérisme et introduisent, avec B. Constant, l’idée d’un 4° pouvoir - pouvoir régulateur ou neutre donné à un monarque arbitre.
Guizot et les doctrinaires partagent une réprobation de la souveraineté populaire et estiment que la nation doit être représentée par ceux qui ont un bien à défendre. Les révolutions (1789 et 1830) sont perçues comme un mal nécessaire. Pour Tocqueville, la révolution a achevé le mouvement de démocratisation de la société (fin des privilèges), mais la démocratie politique n’est pas installée durablement. Les <span style='text-transform:uppercase'>états-unis sont un modèle de société démocratique car cette démocratie y est à la fois sociale et politique. Il craint la dérive de la démocratie vers le despotisme - confirmée par le coup d’Etat du 2 décembre 1851.
Sous le 2d empire, l’Académie française devient un foyer du libéralisme
Prévost-<span style='text-transform:uppercase'>paradol se présente comme l’opposant libéral au 2d empire, il part du principe qu’une société démocratique ne peut être à terme régie par un gouvernement démocratique (crainte de la terreur). Il souhaite un suffrage universel pour les hommes sachant lire et écrire.
Les idées libérales sont reprises à la fin des années 1860 avec une volonté de décentralisation et de bicamérisme.

Sous
la III° république,
on souligne l’importance d’hommes politiques tels que le duc de
Broglie, A Thiers et Laboulaye et la définition des bases d’un
régime parlementaire constitutionnel avec deux assemblées et un
pouvoir exécutif limité.

 

<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>3-<span style='font:7.0pt "Times New Roman"'>  <span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>Émergence du nationalisme

<span
style='font-family:"Microsoft Sans Serif"'>On assiste à la naissance de ce mouvement
avec la révolution
<span
style='text-transform:uppercase'>française. La uppercase'>révolution se fait au nom de la nation (entendu comme Tiers
Etat), le principe national est exporté aux "peuples opprimés".
L’adhésion des français à la Nation est symbolisée par l’événement
de la fête de la fédération.
Durant tout le XIX°, le courant nationaliste va s’incarner dans
les familles politiques républicaines et bonapartistes. C’est
un courant enraciné à gauche, un nationalisme revanchard qui veut
la disparition des traités de 1815, un nationalisme qui n’est
pas pacifique. Les nationalistes vont se retourner après 1870-71.

Les républicains abandonnent l’idée de revanche au profit d’une définition de la nation autour de l’exaltation des grands héros de l’histoire de France.

Des
nationalistes se retrouvent autour du gal
Boulanger, on voit alors la fusion du culte de l’ uppercase'>état nation et d’un nationalisme belliciste. Le nationalisme
bascule alors à droite.

 

<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>4-<span style='font:7.0pt "Times New Roman"'>  <span style='font-family:"Microsoft Sans Serif";text-transform:uppercase'>le socialisme

<span
style='font-family:"Microsoft Sans Serif"'>Le socialisme a un lien avec la <span
style='text-transform:uppercase'>révolution uppercase'>française autour des réflexions de Babeuf. Le 1er
tiers du XIX° voit la naissance d’un socialisme utopique.

<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif"'>A la fin des années 1830, se forme un socialisme à la française (idées de Marx connues en France à partir des années 1880).
Deux courants apparaissent :
<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif"'>-  Un courant blanquiste (ou socialisme révolutionnaire)
Ce courant se rattache au courant républicain par la fidélité à la <span style='text-transform:uppercase'>révolution française, il est marqué par un fort anticléricalisme. Ce courant prône la révolution par l’insurrection et envisage une nouvelle société sans classe dans laquelle le salariat aurait disparu, un monde nouveau sur les bases de la justice et de l’égalité. Le stade ultime en est le communisme avec la gestion en commun des terres et de l’industrie.
<span style='font-family:"Microsoft Sans Serif"'>-  Le courant de Proudhon
Proudhon envisage la socialisation des biens et remet en cause le rôle de l’<span style='text-transform:uppercase'>état dans la société. Il définit des principes fédératifs : une société fondée sur l’individu - l’ouvrier uni au sein de l’entreprise, unie quant à elle au sein d’une commune, base de cette nouvelle société. L’état central doit avoir uniquement un rôle d’impulsion du pays vers le progrès. Il souhaite une organisation de la société dans un cadre national et international.
A la fin du XIX°, émerge le marxisme.
Jules Guesde l’introduit en France, il crée le POF, qui critique le régime républicain et fait de la propagande révolutionnaire. Jaurès défend plutôt un socialisme réformiste (1905 : SFIO).

 

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