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Publié : 12 septembre 2005

L’eau, entre abondance et rareté : le cas de l’Asie des hautes densités

Conférence de Mr Durand-Dastès

 

 

L’EAU, ENTRE ABONDANCE ET RARETÉ : LE CAS DE L’ASIE DES HAUTES DENSITÉS

Compte-rendu
de la conférence de M. 
Durand-Dastès

Introduction

L’eau
est un solvant universel et une composante majeure de la matière vivante,
d’où son caractère indispensable. Elle fait partie d’un cycle, le cycle
de l’eau : évaporation à partir des océans, transport par les courants
aériens, retour à l’océan par précipitation directe, ou par écoulement
après précipitation sur les continents.

L’action
de l’Homme dans son utilisation, la « consommation » de l’eau,
ne la détruit pas ; elle revient à :

Raccourcir
le cycle, donc priver d’apports des espaces qui en profitent « normalement ».
(Par ex. l’eau évaporée ou transpirée dans les champs irrigués n’est plus
disponible pour l’écoulement.)


Modifier la qualité de l’eau par un usage qui la rend inutilisable pour
d’autres usages : phénomènes de « pollution ».


Ces processus créent des raretés, qui confèrent de plus en plus à l’eau
une valeur marchande.

Distribution
d’un schéma sur les usages de l’eau.

 

1. 
Le domaine de l’analyse

Espace s’étendant
des portes de l’Asie Centrale à la Chine et au Japon. Ce territoire
regroupe deux grandes masses : le monde indien et le monde sino-japonais ;
soit ½ de la population mondiale sur 14 % des terres émergées.

2. 
Une coïncidence entre climat et densité ?

L’absence de précipitations
permet de comprendre les vides mais guère les pleins de la carte de
la population. On peut noter un axe « vide » s’étendant
depuis le Sahara jusqu’à la Sibérie correspondant à une diagonale
sèche. Mais les régions de forte pluviosité sont très inégalement
peuplées. On peut donc dire que l’existence d’un climat ni trop chaud,
ni trop froid, ni trop sec, est une condition nécessaire mais non
suffisante de l’apparition de fortes densités sur de grandes étendues.

Région avec beaucoup
de villes géantes et de forte présence musulmane (Indonésie, Pakistan..).

3. 
L’avance régionale

Les analyses montrent
(Biraben) une forte avance de cette région sur le plan des densités
locales, plus fortes qu’ailleurs ; présence ici d’une situation
extraordinaire qui pose problèmes d’où la proposition d’une hypothèse
de la « boucle asiatique »

   
Forte production du sol
   
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Riziculture sous l’eau controlée
      Forte densité de population
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Force de travail importante
   

Parmi les systèmes 
traditonnels de production agricole , la riziculture reste celui qui
procure la plus forte productivité du sol et permet les plus fortes
densités agricoles et rurales. Mais ce système de cultures n’est possible
que par une « suraccumulation de travail humain ». Il est
donc à la fois cause et conséquence des fortes densités de population.

D’après certains
auteurs, on peut envisager une seconde boucle complémentaire de la
précédente. On a pu voir un lien entre la présence de la riziculture
et le contrôle territorial ; une certaine fréquence des Etats
organisés dans l’histoire de la région ; à son tour, cette place
de l’Etat pourrait être un facteur favorable aux fortes densités.

Cette explication
est difficile à asseoir sur des preuves certaines. Mais elle n’est
pas non plus réfutable. Elle offre l’avantage de fournir une explication
qui est, du point du vue spatial et temporel, à l’echelle du phénomène
à expliquer.

4. 
Une région qui surmonte le risque de famine

Bien des auteurs
des années soixante étaient particulièrement pessimistes, prévoyant
des risques de famines en Asie, considérée comme incapable de nourrir
une population déjà très dense et croissante - on parlait de « surpeuplement ».
Or ces prévisions ne se sont pas réalisées, grâce aux progrès de la
production agricole, eux-mêmes dus en partie au développement de l’irrigation.

La carte de l’irrigation,
fondée à la fois sur les superficies irriguées totales et sur les
pourcentages de la superficie cultivée qui sont irrigués, montre l’importance
de cette technique en Asie du sud et de l’est. Compte tenu de la taille
de ces pays, ceci peut représenter des superficies considérables :
59 M ha en Chine > superficie de la France.

L’irrigation dépend
aussi des conditions climatiques et en particulier de la Mousson,
phénomène complexe à échelle mondiale. Les conséquences sont nombreuses,
notamment dans la répartition de l’eau entre un usage urbain et un
usage agricole

5. 
Plusieurs modes de cultures irrigués en Asie.

Il convient de
situer les différents modes d’utilisation de l’eau dans les champs
les uns par rapport aux autres.

Agriculture
sous pluie (dite parfois « culture sèche » ) possible
si les pluies sont abondantes (une rizière est possible avec 1500/1600
mm de pluie/an) et bien distribuées dans l’année. L’eau est utilisée
là où et au moment où elle est apportée par les pluies.

Submersion,
dirigée ou non. Aux apports d’eau par les précipitations, on ajoute
l’eau apportée par les cours d’eau (hautes eaux), souvent en intervenant
pour contrôler les apports (digues, canaux, systèmes de levage).

Irrigation au
sens strict : soit un ensemble de techniques qui, par des moyens
artificiels, déplacent l’eau dans le temps et/ou dans l’espace par
rapport à la répartition découlant du jeu des processus naturels (pluies
et écoulements fluviaux).

Tous ces modes
expliquent un déplacement de l’eau de manière artificielle. La plaine
alluviale (Gange) présente un cas intéressant de transport de l’eau
en fonction de l’inondation annuelle. Plusieurs niveaux de terrasses
permettent de canaliser l’eau en fonction des besoins. Si ces plaines
sont fertiles, ce sont aussi des terres à risques.

On peut noter
plusieurs systèmes d’irrigation en Asie

a. 
Par barrages de dérivation

b. 
Par tanks

c. 
Par puits tubés ou non

d. 
Par barrages réservoirs

Pour chacun de
ces types d’irrigation, on peut définir un degré de « correction »
des répartitions de l’eau dans le temps et dans l’espace par les processus
naturels. Par ex. les puits réalisent une bonne correction temporelle,
mais une correction spatiale médiocre. La correction est moyenne des
deux points de vue pour les réservoirs d’irrigation villageois (« tanks ») ;
elle est maximale pour le grands barrages réservoirs.

L’utilisation
de l’irrigation a permis de mettre au point des calendriers agricoles
complexes. Elle permet d’augmenter de fait la superficie cultivée
grâce à la double culture, qui intéresse par ex. 40% de la superficie
cultivée en Chine, ce qui permet de multiplier par 1,4 la superficie
cultivée brute. Ceci est particulièrement important dans un domaine
où les superficies disponibles par individu sont faibles. Elle permet
d’autre part de substituer des cultures plus valorisées mais plus
gourmandes en eau (riz, canne à sucre, par ex) à des cultures plus
rustiques comme les millets.

 

Conclusion

De grands débats
existent sur le développement de l’irrigation, et plus particulièrement
sur la construction des grands barrages réservoirs. Ils semblent indispensables
pour assurer l’approvisionnement des pays, malgré leurs inconvénients

et leurs coûts.

 

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